lundi 30 janvier 2017

Passe d’armes entre Mezri Haddad et Yadh Ben Achour

« Le Professeur » Yadh Ben Achour, président de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution … n’a pas été capable de fixer noir sur blanc la date limite pour la constituante, ce qui a permis à Ghannouchi de la prolonger au-delà d’un an, promesse que lui avait faite oralement ce dernier; et dont il s’était contentée … comptant sur l’honnêteté de cet homme « religieux » !
Pour un juriste et un professeur qui plus est, c’est léger !!

R.B


C’est en lisant, il y a plus d’une semaine, l’excellente critique de Mohamed Ammar publiée dans Leaders[1] que j’ai découvert mon nom péjorativement cité dans le dernier ouvrage de Yadh Ben Achour, Tunisie, une révolution en pays d’islam. Nonobstant la phrase de Mohamed Ammar –« Yadh Ben Achour stigmatise le livre de Mezri Haddad qualifié d’anecdotique »-, je me suis abstenu d’y répondre avant de recevoir le livre en question et de l’avoir lu dans son intégralité et non guère dans les quelques pages dont m’a gratifié l’illustre professeur de droit…et de moraline.

En achevant la lecture de ce traité de printologie, j’ai failli basculer de la réaction au progressisme, du déni de la sacro-sainte révolution bouazizienne à la foi absolue qu’elle a bel et bien eu lieu au pays du jasmin et de l’islamisme « modéré », devenu depuis premier pays exportateur de main d’œuvre islamo-terroriste. J’ai failli par la même occasion présenter mes excuses au peuple que j’aurais « insulté » en janvier 2011 et dont je n’avais pas vu à l’époque la vertu révolutionnaire et le haut degré de « civisme » et de « maturité politique ». Une seule raison m’en a empêché : me trouver en contradiction, pas seulement avec mon propre livre[2], mais avec les centaines d’études académiques et d’ouvrages publiés depuis[3] et qui confirment tous que les services américains et leurs satellites (ONG, réseaux sociaux, Freedom House, Open Society, OTPOR, Al-Jazeera) ont joué un rôle crucial dans cette révolte sociale déguisée en révolution politique.

Comme il l’écrit lui-même dans son livre, « Ce ne fut pas une révolution nationaliste, ni une révolution bourgeoise, ni une révolution prolétarienne, ni une révolution religieuse » (p. 24). Effectivement, ce fut une révolution inclassable, une révolution de troisième dimension, charriée dans une brouette au réacteur supersonique américain. Je ne m’attarderai pas plus longtemps sur le fond d’un livre dont on peut deviner les motivations populistes et les objectifs intrinsèques. Je me contente seulement de renvoyer les lecteurs à la réplique hautement intellectuelle et politique de Mohammed Ammar.    

Je ne débattrai donc pas ici de ses généralités et vérités devenues élémentaires tout aussi bien pour l’élite que pour le bon peuple, premier perdant de cette hystérie collective. Même si elle est toujours écrite par les vainqueurs, l’histoire se chargera de ce moment décisif que la Tunisie a vécu et subi en janvier 2011. Mon affaire ici est de répondre ponctuellement à Yadh Ben Achour, et plus exactement aux propos qu’il a tenus à mon égard.

Je ne pourrai pas mettre entre guillemets votre titre de professeur comme vous l’avez fait (p.26) pour mon titre de philosophe. Incontestablement, vous avez été toute votre vie professeur à l’université tunisienne, aussi bien sous la « dictature » de Bourguiba que celle de Ben Ali. Malgré mes multiples diplômes, je n’ai pas eu ce privilège lorsque, deux ans après mon retour d’un exil de 11 ans, en avril 2000, j’ai déposé mon dossier de candidature au ministère de l’Enseignement supérieur. On pourrait demander à Sadok Chaabane, titulaire de ce portefeuille à l’époque, à son successeur Lazhar Bououni (2004-2010), et à Abdelwahab Abdallah pourquoi donc n’ai-je pas eu le droit d’enseigner en Tunisie ? Peut-être que mes idées n’étaient pas dans l’orthodoxie ambiante et largement partagée par les universitaires tunisiens et que mes écrits antérieurs avaient laissé des traces indélébiles pour que Ben Ali ne commette pas l’erreur de me laisser subvertir la jeunesse tunisienne et notamment les étudiants.

Mettre entre guillemets mon titre de philosophe, c’est s’octroyer le droit de jeter la suspicion sur les qualités intellectuelles ou les titres académiques de quelqu’un. Cela dénote d’une suffisance démesurée et d’un mépris d’autrui indigne d’un professeur. A moins que celui-ci considère que le savoir (indissociable du pouvoir) soit un monopole ou un héritage de famille, que la reproduction des élites doit par conséquent se faire à l’intérieur des castes « nobélisées » par la monarchie beylicale et certifiées par le protectorat français.

Ne vous en déplaise monsieur le professeur, après l’indépendance et même avant, bien des Tunisiens de classes sociales « inférieures » à la vôtre ont pu accéder au savoir et arracher des titres universitaires par leur propre labeur, par leur mérite et par leur volonté nietzschéenne. Et la plupart de ces intellectuels dont je vous épargnerai ici la liste, n’étaient pas des beldis mais des prolétaires du Sahel, du Nord et du Sud. Après l’indépendance, Bourguiba que vous détestez car il a marginalisé la nomenclature tunisoise en supprimant ses privilèges féodaux et en la privant du monopole de l’autorité religieuse, a fait de l’éducation pour tous le pilier central de son régime réformiste et le vecteur principal de la mobilité sociale. C’est en cela qu’il a été et reste le seul Révolutionnaire ayant marqué de son empreinte et de son génie politique l’histoire moderne de ce pays.

Mon titre de docteur en philosophie morale et politique, comme mes licences en histoire et en sociologie, ou mes diplômes en théologie comparée, je ne les dois pas à l’université tunisienne dont vous étiez l’un des patriciens dans le sens romain du terme, mais à la Sorbonne. Je n’aime pas du tout la jactance et la fanfaronnade, mais je me trouve obligé de vous rappeler qu’en dépit du décalage de génération entre nous, mes publications scientifiques, politiques ou journalistiques dépassent l’ensemble de vos travaux. Quant à la carrière universitaire qui m’a été interdite dans mon propre pays, j’ai pu en réaliser une partie à Paris IV Sorbonne (philosophie des sciences), à Paris II Assas (philosophie du droit) et à Paris 7 (histoire du monde arabe).

Toujours avec le même mépris légendaire qui ne fait pas de vous un homme respectable mais un être profondément méprisable, vous avez taxé mon livre « d’anecdotique ». Je vous cite : « Dans un ouvrage anecdotique dans lequel se mêlent autobiographie et autojustification, Mezri Haddad a présenté la Révolution sous les traits d’un événement programmé et forcé, dont les acteurs cyberdissidents apatrides, confortablement installés derrière leurs claviers, envoyaient les jeunes et pauvres déshérités pavlovisés, réduits à des moutons de Panurge ou des idiots utiles, se faire tuer par la police, pour faire tomber le régime. Ces cyberdissidents étaient eux-mêmes manipulés par des forces externes, néoconservatrices, agissant dans le cadre du plan stratégique de Grand Moyen-Orient, par l’intermédiaire des réseaux sociaux et centres de formation américains plus ou moins contrôlés par la CIA et par le média qatari, Al-Jazeera… »    

Mon livre, rédigé en quatre mois dans la solitude, la souffrance et l’angoisse existentielle du philosophe, n’était pas « anecdotique » mais tragique. C’était mon auto-thérapie pour rester debout, résister aux calomnies de la racaille facebookarde, en même temps que mon ultime message pour dévoiler l’imposture pseudo-révolutionnaire et annoncer à mes compatriotes l’avenir qui les attendait. Je me limiterai à ces deux phrases puisque j’ai annoncé plus haut que je ne me laisserai pas entrainer dans un débat ou une polémique sur l’authenticité ou la spontanéité de la « révolution du jasmin ». Sur le projet de Grand Moyen-Orient, sur le rôle moteur des cyberdissidents formatés par des services occidentaux, sur le « printemps arabe » en général que j’ai appelé Sykes-Picot 2…, des livres d’auteurs Européens et Arabes existent et, maintenant que Barack Hussein Obama est parti sans regret, d’autres témoignages de protagonistes Américains ne vont pas tarder à faire surface. C’est plutôt de vous et de votre légende « d’opposant » et de « révolutionnaire » que je vais donc parler à présent.

Il est bien curieux et c’est un grand paradoxe que l’exilé de 11 ans que je fus, et que le fils d’ouvrier que je reste, se trouve aujourd’hui dans la position du « réactionnaire » et de l’anti-prolétaire, et que l’intellectuel organique et bourgeois que vous êtes soit dans la posture du révolutionnaire. Ce n’est pas inédit dans l’histoire des hommes et des sociétés que les derniers soient les premiers, pour paraphraser les Evangiles. Un tel renversement des rôles et des parcours me rappelle ce que disait très justement Tocqueville sur les juristes qui, « lorsqu’ils ne sont pas au pouvoir, sont les plus révolutionnaires, et lorsqu’ils sont au pouvoir, ce sont les plus réactionnaires ». Une formule qui pèche par sa généralité mais qui vous sied à la perfection.

Du pouvoir, parlons-en. Le 7 novembre 1987, j’étais en France. Cela faisait trois ans que j’avais quitté la Tunisie à la suite de la « révolte du pain », qui avait fait deux fois plus de morts qu’en janvier 2011. Je n’avais plus d’avenir dans un pays qui tire sur l’avenir, à savoir sa jeunesse. Immédiatement après le 7 novembre 1987, vous avez été nommé par Ben Ali président du Conseil économique et social. Le 25 juillet 1990, Ben Ali vous a fait Commandeur de l’Ordre de la République, puis Chevalier de l'Ordre national du mérite éducatif en juillet 1991. Le proche du régime que j’étais à partir de 2002 n’a pas eu droit à de telles décorations, pas même au Mérite culturel ! De 1989 à 1992, vous étiez membre du Conseil constitutionnel et vous avez participé à la réforme très démocratique de la constitution bénalienne. Vous n’avez quitté cette instance qu’à la fin de votre mandat en 1992, et non point par démission comme l’affirme Wikipédia. Entre 1993 et 1999, vous avez été Doyen de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis. Belle carrière qu’une simple allusion à la dictature, ou une allusive dénonciation de la corruption, ou encore une vague défense des droits de l’homme aurait pu compromettre.    

Avec un tel background, on devine justement pourquoi vous n’avez jamais signé la moindre pétition dénonçant les exactions du régime, particulièrement entre 1990 et 1995, ni publié le moindre article appelant à la démocratie « en pays d’islam ». Ce n’était pas l’envie, je le suppose, qui vous manquait mais le courage, contrairement à Mohamed Charfi qui fut pourtant ministre de l’Education nationale de 1989 à 1994.

Mon parcours est aux antipodes du vôtre. De 1988 à 1992, éditorialistes dans Réalités, j’étais l’un des rares à dénoncer le culte de la personnalité et, déjà, la dérive autoritaire du régime. Contraint de démissionner, j’ai continué mon combat, de 1992 à 2000, dans la presse française, principalement dans Libération. Je n’étais pas un « intellectuel organique » (Gramsci), ni un « intellectuel spécifique » (Faoucault) désintéressé de la chose politique et réfugié dans sa discipline universitaire, mais un « clerc actif » (Benda) parfaitement conscient de sa vocation de penseur et de son devoir de résistant.     

Si j’évoque à bon escient Mohamed Charfi, comme je pourrais évoquer Dali Jazy, c’est pour montrer la différence politique autant qu’éthique entre vous et ces deux illustres penseurs et ardents patriotes. Intellectuels engagés dans la lutte pour la démocratie et le respect des droits de l’homme, notamment au sein de la LTDH, ils ont cru, non sans raison, pouvoir changer de l’intérieur et par des réformes graduelles la nature du pouvoir. Alors qu’ils étaient juristes comme vous et autant que vous, et qu’ils appartenaient à la même génération que la vôtre, ils ont osé là où vous avez failli, ils ont pris position là où vous avez brillé par votre silence assourdissant 23 ans durant. Et pour cause : ils n’étaient pas des Bourgeois et ne souffraient point du syndrome de la belditude qui est indissociablement associé au complexe du colonisé !

Dieu a voulu qu’ils ne soient plus de ce monde en janvier 2011. Ils vous auraient probablement empêché de vous ériger en Robespierre –un avocat de plus !- en usurpant la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution… Cette sinistre instance à l’appellation interminable qui est à l’origine de tous les maux politiques, sociaux, économiques, sécuritaires et culturels qui rongent aujourd’hui le pays. Et malgré le travail remarquable que vous avez effectué à la tête de cette chose inqualifiable, ainsi que votre inoubliable appel à « instaurer des potences pour les destouriens », ni Béji Caïd Essebsi que vous avez servi avant de le dénigrer dans votre émouvant et tardif « Patriotes, réveillez-vous ! »[4] , ni Rached Ghannouchi à qui vous avez décerné le doctorat de « musulman démocrate » pour en critiquer par la suite l’idéologie totalitaire et théocratique, ni Moncef Marzouki aux pieds duquel vous vous êtes rabaissé en vous déguisant en journaliste, n’ont tenu compte de vos états de service hyper-révolutionnaires, encore moins de vos titres de noblesse. Dans la destruction programmatique de l’Etat, vous êtes plus coupable que ces trois protagonistes réunis qu’un caprice de l’histoire à mis au devant de la scène politique. Précisément parce que vous êtes un homme de loi, censé savoir faire la distinction entre légalité et légitimité, entre l’autorité et le pouvoir, entre normativité et anomie, entre la violence légitime de l’Etat et la violence des casseurs ou des terroristes…  

On ne peut pas être et avoir été. Je le dis autant pour vous que pour moi. Assumez votre passé comme j’assume sans la moindre culpabilité ou regret le mien : j’ai défendu l’Irak de 1991 à 2013, j’ai eu l’honneur de saluer Saddam Hussein et de devenir l’ami de Tarek Aziz, j’ai soutenu la Syrie dès 2011 et admiré la résistance héroïque de son Président Bachar Al-Assad, j’ai défendu, dès 2002, les acquis (socio-économiques) de l’Etat tunisien sous la présidence de Ben Ali, dans l’espoir de relever avec lui les défis (politiques). Réformiste, je déteste les révolutions, de la plus flamboyante (1789) à la plus égalitariste (1917). A plus forte raison la « révolution » de la brouette (2011)! Platonicien et Khaldunien, j’ai toujours pensé que les révolutions détruisent plus qu’elles ne construisent, que derrière leur passage elles ne laissent bien souvent que ruine et désolation. Je n’appartiens pas à l’ancien régime, je suis chevillé corps et âme à l’ancien peuple !   

Nous n’avons ni le même âge, ni la même origine sociale, ni la même culture, ni le même parcours politique, ni la même conception du patriotisme, ni le même attachement au nationalisme arabe. Qui plus est, vous êtes de la Marsa, je suis de Monastir. Et si j’insiste là-dessus, ce n’est pas par démangeaison régionaliste, mes nombreux amis, y compris tunisois, savent que j’abhorre le régionalisme. J’y insiste parce que c’est là où gît et se nourrie précisément votre psychologie profonde : dans la suffisance, le narcissisme et le dédain bourgeois. La fameuse haine de classe chère à Karl Marx et dont la belditude n’est que la forme inférieure, le dérivée tribal et clanique.   



[1] « De la Fidélité du Messager. Réflexion sur une révolution en pays d’islam », Leaders du 20 janvier 2017.
[2] « La Face cachée de la révolution tunisienne. Islamisme et Occident : une alliance à haut risque », éd. Arabesques, Tunis, 2011, et éd.Apopsix, Paris, 2011.
[3] Comme la liste est longue, je me contente de renvoyer aux livres de mes amis Ahmed Bensaada (Arabesques Américaines), Michel Raimbaud, Ambassadeur de France (Tempête sur le Grand Moyen-Orient ) et Eric Denécé (La face cachée des révolutions arabes), Richard Labevière (Les dollars de la terreur).
[4] Article publié dans Leaders du 1er décembre 2015.


*Mezri Haddad, Philosophe et ancien Ambassadeur à l’UNESCO.


Gloire à toi Pénélope Fillon !

François Morel 


François Morel rend aujourd'hui dans sa chronique un hommage à Pénélope Fillon... Il scande sa chronique au rythme d'un "Gloire à toi, Pénélope Fillon !". Un hommage, vraiment ? Rassurez-vous, rapidement, il se teinte d'acide et tourne au pamphlet…
Il commence avec finesse :


« Ce qu'il faut d'humilité pour ne jamais chercher à se mettre en avant pour jouer les mères au foyer, les épouses modèles, les grillons du foyer, celles qui n'ont point d’accrocs dans leur robe de mariée, celles qui sont toujours dans l'ombre, dans la pénombre, dans l'anonymat, jamais mises en avant, mais toujours aux aguets, jamais valorisées, mais sachant se rendre indispensables. 

« Ce qu'il faut de tempérance pour se présenter comme une simple maman quand on est une muse, une égérie, une directrice de conscience, une manageuse, une dirigeante. 
Gloire à toi Pénélope Fillon ! »

« Ce qu'il faut de discrétion pour être attachée parlementaire sans jamais  s’exhiber   dans les allées du pouvoir, toujours rester à l’écart, les bottes terreuses, les mains dans l’évier, jouant les ménagères quant on est gouverneur et gouvernante.
Gloire à toi Pénélope Fillon ! »

« Ce qu'il faut de courage pour mener de front une carrière politique tout en assurant la bonne marche de son foyer.
Gloire à toi Pénélope Fillon ! » 

« Ce qu’il faut d’abnégation pour travailler à la revue des Deux Mondes sans que personne n’en sache rien, pas même les employés, pas même les journalistes, pas même le rédacteur en chef.
Gloire à toi Pénélope Fillon ! » 

« Ce qu’il faut de sens du sacrifice pour ne jamais rien signer quand tant d’autres scribouillards à la manque réclament la reconnaissance éternelle aussitôt qu’ils ont rédigé le moindre entrefilet rendu compte du plus dégénéré des chiens écrasés.
Gloire à toi Pénélope Fillon ! » 

Puis l'humoriste fait allusion, mi-figue mi-raisin, à la prétendue fonction d'attachée parlementaire de Me Fillon, "sans jamais s'exhiber dans les allées du pouvoir", ainsi qu'à son travail pour la revue des Deux Mondes ("sans que personne n'en sache rien, pas même les employés, pas même les journalistes, pas même le rédacteur en chef !")
Et déjà, le chroniqueur commence à perdre sa mesure et son langage châtié :

« Ce qu'il faut de pugnacité, de combativité, de féminisme assumé, pour se faire payer cent mille patates pour trois notes de lecture. 
Gloire à toi Pénélope Fillon ! »

« Ce qu'il faut d’autodérision pour, dans la presse régionale, se faire passer pour une paysanne, ne pas se revendiquer militante quand on gère, conseille, réfléchit, constamment sur la brèche; et cependant invisible comme une chimère.
Gloire à toi Pénélope Fillon ! » 

François Morel s'étonne aussi du fait qu'elle semblait avoir choisi de garder ce travail dans l'ombre jusqu'à ce que paraissent les révélations explosives du Canard Enchaîné en début de semaine :

« Ce qu'il faut d'aplomb pour ne jamais accepter de reconnaître, pendant des années, ce travail souterrain, puis, tout d'un coup, le revendiquer, quand le Canard Enchaîné diffuse scandaleusement des indiscrétions déplacées. 
Gloire à toi Pénélope Fillon ! »

« Ce qu'il faut de petitesse, de médiocrité, de misogynie pour écrire fielleusement des articles aussi bas, aussi salissant, aussi dégradant, aussi maschiste, reléguant une femme aussi entreprenante à ses participations en tant que juré dans les concours de tartes aux poires et de poneys Chetlands, comme jadis elle-même mettait en avant ses activités. 
Honte à toi plumitif insolent ! » 

« Ce qu'il faut de mauvais esprit pour faire le parallèle entre cette révélation du journal satirique et la politique prudente, sensée raisonnable, qui consiste à demander les efforts toujours aux mêmes, à accuser systématiquement les plus modestes d’être des profiteurs, à prôner l’abstinence, la fin des avantages sociaux pour les autres. On peut être à la fois à la tête d’un état en faillite et d’une famille prospère. 
Rendez vous dimanche prochain à l’Abbaye de Solesmes pour prier et chercher ensemble l’apaisement et le silence. »

Le journal se fait d'ailleurs surnommer pour l'occasion d'un, presque tendre, "plumitif insolent" - "insolent" car il faut bien du "mauvais esprit pour faire le parallèle entre cette révélation du journal satirique et la politique prudente, sensée, raisonnable qui consiste à demander les efforts toujours aux mêmes, à accuser systématiquement les plus modestes d'être des profiteurs, à prôner l'abstinence, la fin des avantages sociaux pour les autres. On peut être, à la fois, à la tête d'un état en faillite et d'une famille prospère."
Et, fort logiquement, l'humoriste conclut :

« Les pires escrocs sont peut-être ceux qui n'ont pas des têtes d'escrocs. 
Gloire à vous, Monsieur et Madame Fillon ! »

A écouter : Bande sonore par François Morel

PS : Texte transcrit par Hamida Barnat, pour la partie manquante.

Aucun texte alternatif disponible.

vendredi 27 janvier 2017

Pourquoi les gauches courtisent-elles les islamistes

L'impérialisme anglais a instrumentalisé le wahhabisme pour en finir avec l'empire Ottoman et dessiner le monde "arabe". L'impérialisme américain a instrumentalisé le wahhabisme pour faire barrage au communisme et redessiner le monde "arabe". Les européens dans leur suivisme aveugle derriére les américains, n'ont pas réalisé que le wahhabisme s'est installé chez eux. Les gens de gauche en Europe et en France en particulier, se disputent le wahhabisme et tentent à leur tour de l'instrumentaliser pour récupérer un électorat prolétaire de confession musulmane. Si une partie s'en sert dans un but électoraliste, l'autre partie pense naïvement en venir à bout en espérant que les prolétaires de confession musulmane s'émancipent de la religion !
R.B
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Clément Pétreault 


Vis-à-vis de l'islam, la nouvelle guerre des gauches
L'islam politique met le feu aussi à l'extrême gauche. Faut-il lutter contre cet "opium du peuple" ou y voir une revendication d'opprimés ?

Si Marx était encore de ce monde, il exhorterait les camarades musulmans à se libérer de l'oppression religieuse plutôt que les aider à s'y maintenir... C'est la thèse – un rien résumée – défendue dans le dernier numéro du mensuel Lutte de classe. Le magazine édité par Lutte ouvrière (LO) a publié ce 15 janvier un long plaidoyer pour dénoncer « le piège de la lutte contre l'islamophobie », qualifié de « tribune pour des organisations islamistes et communautaristes ».
Benoît Hamon et Manuel Valls s'affrontent avec virulence sur la question de la laïcité, s'accusant réciproquement de défendre une « version dévoyée de la laïcité ». L'extrême gauche aussi se déchire autour des relations qu'il faudrait entretenir – ou non – avec les religieux. Attac, EELV, les anarchistes libertaires, les antifas et le NPA ont placé la lutte contre l'islamophobie au cœur de leurs programmes. Seule Lutte ouvrière se distingue du lot et préfère s'en remettre aux textes fondateurs du marxisme avec cet article très détaillé.
La laïcité, ce concept « bourgeois »
Que l'on ne s'y trompe pas : la position défendue par LO aboutit, certes, aux mêmes conclusions que Manuel Valls (il n'existe pas d'accommodement possible avec les islamistes), mais le cheminement intellectuel qui mène à ce constat n'est vraiment pas le même. Les trotskystes, rappelle Lutte de classe, ne seront jamais des « laïcards, du nom de ce courant de bourgeois radicaux au tournant des XIXe et XXe siècles qui considéraient que la lutte contre la religion était plus importante que la lutte des classes ».
Il n'est pas question ici de débattre d'une laïcité « intransigeante » ou « inclusive », mais bien d'inciter les masses à se sevrer de l'opium du peuple. « Nous sommes communistes, marxistes, matérialistes… À ce titre, nous militons contre tous les obscurantismes religieux et tous les intégrismes », explique un des porte-parole du mouvement. « Ce texte ne fait qu'énoncer nos idées fondatrices : la division de la société n'est pas entre athées et croyants, ou Français et émigrés ; elle est entre exploiteurs et exploités. L'émancipation des travailleurs commence d'abord dans les crânes », confirme-t-il.
Cette lecture (rigoriste ?) du marxisme ne fait pas l'unanimité à l'extrême gauche, loin s'en faut. Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) héberge des militants qui défendent un rapprochement avec les religieux musulmans, y compris les plus rigoristes. Un communiqué du NPA en date du 16 octobre appelle à faire de la lutte contre l'islamophobie « une véritable priorité », ce que les militants de LO décrivent comme une basse tentative électoraliste pour « attirer les jeunes de banlieue ».
« Certains militants du NPA considèrent que, puisque les masses arabes sont tentées par l'islamisme, il convient de se rapprocher des religieux les plus sociaux comme les Frères musulmans », explique Christophe Bourseiller, spécialiste de l'extrême gauche et professeur à Sciences Po, avant de poursuivre : « Pour certains militants, la France est un pays fasciste et colonial, qui interdit le burkini sur fond de sionisme international. » Ce courant qui a érigé la lutte contre l'islamophobie au rang de combat prioritaire est apparu au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Le mouvement trotskyste anglais a alors organisé un rassemblement de femmes voilées en présence de Tariq Ramadan, sous la protection des militants de la quatrième internationale. Pour l'internationale socialiste, le combat contre l'impérialisme américain venait de prendre un nouveau visage.
LO comme le NPA voient dans les émigrés musulmans un nouveau prolétariat qu'il convient de défendre. C'est sur la méthode qu'ils se distinguent. « Que l'islam soit en France une religion majoritairement pratiquée par des opprimés, c'est-à-dire des prolétaires, c'est une certitude. Mais faire ce constat doit-il mener à se montrer conciliant avec cette religion  ? Bien au contraire  ! » s'emportent les militants de Lutte ouvrière. Dressant la longue liste des griefs qu'ils tiennent à l'égard de l'islam politique (obscurantisme réactionnaire, racialisation, oppression), ils appellent à ne pas participer à ce qu'ils qualifient d'opération de « complaisance », comme partager des estrades politiques avec des représentants de l'UOIF, Tariq Ramadan, Ismahane Chouder (PSM), ou encore Marwan Muhammad, porte-parole du Comité contre l'islamophobie en France (CCIF).
Réfutant le terme d'islamophobie, les militants trotskystes établissent un lien direct entre l'islam et les attentats. « Si les musulmans sont victimes de discriminations, c'est aussi un résultat de la politique des groupes jihadistes eux-mêmes, dont le caractère aveugle des attentats vise à provoquer des réactions de rejet contre les musulmans. [...] Il s'agit d'une politique consciente des dirigeants de l'islam politique, qui raisonnent de la même façon que les dirigeants impérialistes, et sont tout autant des ennemis des opprimés. » La concurrence entre les extrêmes gauches libère la parole.

jeudi 26 janvier 2017

Benoit Hamon ou Alice au pays des merveilles

Benoît Hamon, Merlin l’enchanteur mais aussi l'idiot utile des Frères musulmans qui an nom d'une laïcité dévoyée, admet le communautarisme et le port du voile signe de liberté affirme-t-il !
R.B

Le débat d'hier soir entre Hamon et Valls, qui sont pourtant issus du même sérail, était spécialement intéressant, car les deux candidats ont eu le temps d'approfondir et d'argumenter leurs projets !

Il a surtout révélé une totale rupture idéologique, tactique et culturelle que ma génération n'a pas connue au sein du PS !
De ce point de vue, c'est la proposition de Benoit Hamon qui est intéressante : elle rompt résolument avec la Gauche du réel et la Gauche de Gouvernement pour "réenchanter" un de ces rêves idéologiques irréels propres à séduire le vieux mysticisme de la gauche intello et à construire une promesse universelle de lendemains enchanteurs.

C'est une société d'assistance généralisée et de redistribution profuse qui nous est promise sur la base d'une théorisation livresque de la fin du travail (et de la fiction de son partage sans perte de salaires).
- Demain, dès cette année, on dépensera 45 milliards d'euros pour préfigurer le revenu universel pour tous et sans condition de ressources au bénéfice de tous les jeunes de France, y compris de la jeunesse dorée et des fils de famille fortunée, pour la libérer de "l'épreuve insoutenable" des petits boulots étudiants.
- Demain, on classera le "burn out" (coup de pompe en français) dont la définition est encore des plus vagues et des plus manipulables en maladie professionnelle avec les remboursements qui vont avec ! En plus des congés maladie, les médecins trouveront la matière à fidéliser leur clientèle aux dépens de la sécu !
- Demain on remboursera l'activité physique, car si le travail rend malade, le sport le soigne et mérite donc une prise en charge je suppose ! Et puis, il y aura un " statut" des créateurs artistiques, qui devrait susciter de nombreuses vocations à défaut d'œuvres immémoriales ! Enfin, en 10 ans, on aura porté à 450 milliards (en plus des 358 milliards de dépenses socialisées actuelles dont personne ne parle mais qui entrent très directement dans le pouvoir d'achat et le modèle social des Français) le service du revenu universel, avec moins de travail et une diminution du temps de travail sans perte de rémunération, des financements publics accrus pour la transition écologique (tant mieux) ainsi que pour la défense nationale et la protection des Français...

Comment financer ce monde merveilleux ?

Là, gravement, habité par un sentiment d'urgence écologique, et une commisération sélective pour les générations futures, Benoit Hamon signifie son vertigineux mépris à l'égard des questions touchant au financement de ce nouvel Eden promis à ses électeurs !

On aura compris à demi-mot, que son modelé de financement est inédit : c'est celui d'un "financement de faillite" qui aurait deux origines : la fin de la politique de compétitivité et redressement productif des Gouvernements Hollande et la mise en place de nouvelles fiscalités sur les entreprises; et d'autre part, l'aggravation des déficits publics et de la dette, que l'on ferait en sorte de ne pas payer (sur le modèle du candidat Tsipras, qui a dû finalement accepter la mise sous tutelle de son pays).

Ce projet renvoie le PS aux débats de la fin du XIXème et du début du XXème !

Benoit Hamon ne nous propose pas une société communiste, car le travail productif en constitue la valeur essentielle, mais plutôt un modèle libertaire assistanciel financé par une manne céleste !

C'est évidemment une rupture profonde avec le Parti politique auquel je suis adhèrent, et que Mitterrand a créé avec le projet très clair d'en faire un Parti de Gouvernement réaliste et responsable !

C'est un tête-à-queue complet avec la politique de redressement économique, de mise en place de nouveaux droits sociaux en fonction des mutations du travail, et de maîtrise des finances publiques et de la fiscalité de la mandature sortante !

Ce qui est stupéfiant, c'est que le projet proposé par Benoit Hamon est un projet en "éprouvette" à l'abri du monde extérieur, de ses contraintes, de ses défis, et de ses bouleversements....

En tant que militant socialiste, j'observe qu'un tel virage idéologique, qui mérite en effet un débat, n'a jamais été ouvert au sein du PS, ni fait l'objet d'un Congrès délibéré par les militants !

A moins que le PS soit mort et que la proposition de Hamon en constitue l'acte de décès, le militant socialiste que je suis ne peut se sentir engagé par un tel revirement idéologique, économique et social, même, et surtout, si les questions qu'il pose sur l'évolution de nos Sociétés ne sont pas médiocres !

Mais ce remake d' "Alice au pays des merveilles " ne vise sans doute pas à gouverner, mais à prendre le leadership de "la Gauche de la Gauche" dont le fonds de commerce est de leurrer le peuple d'illusions mirifiques et sans lendemains.

Benoit Hamon est un maître apparatchik, sympathique, brillant et organisé, et peut y réussir au prix d'une régression infantile et d'une longue débâcle électorale nationale et locale du PS.

Pour le moment, nous sommes plus dans une tactique de prise de pouvoir et de siphonage de Mélenchon et des Verts que dans un programme de Gouvernement !

Nous assistons à un magistral "détournement de Primaires " !


L'enjeu de l'élection de Dimanche dépassera les hommes en présence. Il scellera l'avenir du PS !

mercredi 25 janvier 2017

Les Frères musulmans forment leurs futurs cadres pour la France ... en France !

Les Frères musulmans s'implantent en France. l’UOIF ouvre des écoles pour distiller le poison wahhabite qui fonde l'action politique des "Frères", comme le lycée Averroès, où est sélectionnée l’élite des musulmans pour infester les domaines du droit, de la politique, des finances et des entreprises. Par ailleurs, c'est ce que recommandait Ghannouchi aux néo-salafistes, adeptes des "Frères musulmans : investir tous les rouages administratifs de la France et les partis politiques existant, plutôt que de créer un nouveau parti; appliquant la règle stratégique que les Bastilles se prennent de l'intérieur.

R.B

 « L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, la haine conduit à la violence … voilà l’équation » !
Averroès
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Collège-Lycée Averroès de l'UOIF : L'arbre qui cache le désert !
Les « Frères Musulmans » - dont je faisais partie durant une quinzaine d’années de ma vie - ne semblent pas être prêts à assumer leur part de responsabilité, dans le maintien et la consolidation de la très fragile « unité nationale », promise depuis les attentats de Paris, les 7, 8 et 9 janvier dernier. Comme d’habitude, ils préfèrent continuer à prendre en otage l’islam et les musulmans, citoyens français ou résidents.
En excellents illusionnistes de l’art de l’amalgame, ils ont réussi, jusqu’à présent, à convaincre des fidèles et autres citoyens, que toute critique, fondée, de leur idéologie islamiste anachronique, théologico-politique et expansionniste serait un dénigrement de « la » religion musulmane et une injure faite aux « musulmans ». Ainsi, il faut le reconnaître, ils ont réussi à installer dans de nombreuses têtes que l’idéologie d’Hassan Al Banna et l’islam originel prêché au temps du Prophète Mohammad seraient une même chose ; que « frère musulman » et « musulman » sont deux entités égales ; que l’entité politique UOIF et la communauté des musulmans de France se confondraient presque parfaitement. Ils ont même inventé, ou adopté, le terme « islamophobie », une arme juridique redoutable, pour faire peur et faire taire les critiques les plus justes, et les plus indispensables surtout pour le salut de toute la France. L’on peut même se poser cette question, avec Pascal Boniface en particulier : Est-il permis de critiquer l’islamisme et les « Frères Musulmans » ?
En effet, l’affaire du « Collège-Lycée Averroès », qui continue à nourrir et à passionner le débat national depuis le 6 février 2015, démontre un aspect de cette illusion grossière qu’opèrent éperdument les islamistes de l’UOIF. Aux interrogations légitimes et critiques nécessaires, exprimées par Soufiane Zitouni - ex-professeur de philosophie dans cet établissement - publiées dans une tribune dans le journal Libération, ils ont préféré à nouveau prendre en otage des élèves, des parents d’élèves, des professeurs et toute une part de la communauté et de ses lieux de culte. Même certains intellectuels respectables, par ailleurs, prêtent secours à l’UOIF et lui servent de caution morale, très utile politiquement, en ces temps où les limites entre l’intelligence et l’idiotie deviennent de plus en plus confuses.
Ces islamistes ont préféré le déni et les mensonges. Ils ont intenté des procès à l’encontre de ce professeur audacieux et ont encouragé d’autres personnes à l’attaquer, au moins, sur le terrain judiciaire. L’illusion réussit même au sein des services académiques de l’Etat qui ont presque blanchi, je ne sais sur quel critère, l’établissement des reproches justement formulés par Soufiane Zitouni. D’un plateau à l’autre, d’un microphone à l’autre, ces islamistes refusent le débat de fond et se complaisent dans leur statut préféré, de pseudo-victimes d’un supposé « complot » et d’une ambiance marquée par la montée de tous les extrémismes et les racismes. Jamais, ils ne se posent la question principale quant à leur responsabilité historique dans ce qui se passe, depuis maintenant quelques années, ici en France et partout dans le Monde. Jamais aucune remise en question de leur idéologie. Jamais aucune autocritique de ce qu’ils pensent et de ce qu’ils font. L’enfer, c’est - toujours - les autres, comme le disait Sartre ?
Témoin de cette attitude islamiste misérable ; témoin aussi de cet amalgame grossier entretenu mais illusoire ; et soucieux que la Justice de la République ne puisse condamner un innocent pour diffamation, comme l’espère l’UOIF, sans l’examen de toutes les preuves matérielles existantes, j’ai décidé de prendre ma plume et mon clavier en vue de donner de l’épaisseur et de la matière à ce que ce professeur courageux a su dénoncer, en prenant d’immenses risques.
L’UOIF d’Amar Lasfar, qui est aussi président de « l’association Averroès » s’occupant de cet établissement privé, a choisi le terrain judiciaire, entre autres, pour attaquer un homme, un professeur. L’UOIF a même imposé un calendrier pour, soi-disant, tourner rapidement la page de cet incident. Le professeur Soufiane Zitouni devra comparaître devant le Tribunal de Police de Lille le vendredi 3 avril prochain. Curieusement, cette date correspond à la date d’ouverture du 32ème congrès de l’UOIF, baptisée injustement « Rencontre Annuelle des Musulmans de France » (RAMF) à Paris-le-Bourget. Une simple coïncidence ? Peut-être.
Tout laisse à croire qu’en cas de condamnation de Soufiane Zitouni, le 3 avril, la RAMF de l’UOIF se transformerait en une fête, où l’islamisme le plus perfide s’érigerait en héros de la République après avoir su, habilement, se mettre dans la peau de la victime. Le professeur, quant à lui, sera considéré définitivement, au moins, comme un « traitre » et la suite pourrait être dramatique, car lorsque la frénésie islamiste et communautariste monte, l’on est plus à l’abri des attaques les plus folles et les plus dangereuses aussi. Le Tribunal devrait, par précaution peut-être et dans la mesure du possible, reporter ce jugement, au moins d’une ou de deux semaines, cela éviterait toute exploitation islamiste de cette affaire judiciaire : simple requête citoyenne.
Je suis conscient que ce témoignage intervient dans un contexte national marqué par l’approche des deux tours des élections départementales, les 22 et 29 mars prochain. Le risque que son propos soit instrumentalisé politiquement est plus que vraisemblable. Cependant, c’est bien l’UOIF du « Collège-Lycée Averroès » qui a choisi la procédure d’urgence et, indirectement,  fixé la date du procès au vendredi 3 avril, au lendemain des élections. Les citoyens, comme bien d’autres responsables de la chose publique, sont en droit de connaître le fond du sujet et d’examiner des éléments de preuves bien avant le procès. D’où l’impératif de le publier aujourd’hui nonobstant le contexte politique. L’UOIF assumera seule les conséquences de toute probable utilisation de son propos à toute fin électoraliste. La politique du déni systématique amène parfois vers l’imprévisible. Que serait donc la politique sans cette part de l’imprévisible ?     
Personnellement, j’aurais aimé avoir plus de temps. La date du 3 avril voulue par l’UOIF, m’a imposé un rythme de travail infernal pour rédiger ce long témoignage citoyen indispensable et rassembler et analyser ses éléments de preuves. Par conséquent, les quelques cinq cents heures de travail, sans relâche, sur ce dossier, durant quatre semaines, en se déchargeant, momentanément, de mes obligations professionnelles, ne m’ont pas suffi pour l’argumenter davantage ou pour corriger ses erreurs d’orthographe, entre autres. Il n’a été relu par personne car j’ai voulu qu’il soit le plus naturel possible. Je le sais, j’ai pris un vrai risque. La relecture, par une tierce personne, pouvait induire naturellement la disparition de certains passages ou l’adoucissement d’autres formulations. Peut-être j’aurais dû faire ce choix. Mais je ne l’ai pas fait. Je ne me suis pas autocensuré. Je le jure. C’est le propre même d’un témoignage, non ? Il s’agit, par conséquent, d’un témoignage sincère et à l’état brut. Prière d’en tenir compte et de m’en excuser, le cas échéant ! 
Par ailleurs, après avoir lu le texte « Droit de réponse du lycée Averroès », dans Libération du vendredi 13 mars 2015, j’ai constaté que les « otages » et les islamistes de l’UOIF se posent conjointement toujours en victimes, d’un côté, et de l’autre côté, en garants des valeurs de la République contre l’obscurantisme, écrivent-ils. En conclusion de cette tribune, ils ont choisi cette sagesse d’Averroès : « L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, la haine conduit à la violence … voilà l’équation » !
Ce « témoignage citoyen d’intérêt public » s’inscrit dans la droite ligne de cette sagesse du philosophe andalou. Il tente de dissiper les épaisses et obscures couches de nuages entourant l’UOIF, et favorisant l’ignorance de ce qu’est réellement et idéologiquement cette entité politico-religieuse, agissante à travers de nombreuses institutions, et s’entourant de nombreux établissements pour assurer la marche vers son cap visé, et permettre la réalisation du rêve de domination par l’idéologie d’Hassan Al-Banna demain, ici et ailleurs. Le « Collège-Lycée Averroès » n’est qu’un établissement parmi d’autres. Ses élèves ne seraient qu’une réserve en ressources humaines à éduquer et à former pour assurer la relève d’une organisation, somme toute, vieillissante.

Enfin, j’espère que ce témoignage puisse ramener le lecteur du supposé état d’ignorance à l’état d’une relative connaissance. Dès lors, l’équation d’Averroès sera reformulée autrement au moins lors du procès du 3 avril. Je l’espère vraiment !  

dimanche 22 janvier 2017

Moi la salope ...

A l’occasion de La Marche Des Femmes, une tunisienne exprime son ras le bol du machisme et de ses archaïsmes ! Comme quoi, il reste encore une révolution à faire : celle des mentalité 

R.B
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مرحباً .. هل عرفتني ؟؟ أنا العاهرة .
ربما ستتفاجئ لكن لا بأس سأذكرك بنفسي..
انا زميلتك في الجامعة التي كان معدلها افضل منك فهمست لأصدقاءك " العاهرة شوف اش عطات للاستاذ باش نجحت " ..
أنا تلك الفتاة صاحبة التنورة القصيرة التي صادفتها في الشارع فقلت لي " شوف هكه عاهرة اش لابسه " ..
انا تلك الفتاة التي كنت امسك بيد صديقي في الحديقة فقلت لصديقك " شوف هي العاهرة هو راجل مايعيبو شي" ..
انا الفتاة التي كنت اجلس مقابلك في المطعم ادخن فقلت لصديقك " شوف هي العاهرة خاترها تتكيف " ..
انا الفتاة التي تعرضت للتحرش فقلت "خاترها عاهرة لو كان جات محترمه ميتحرشش بها " ..
انا الفتاة التي تعرضت للعنف الاسري فقلت " العاهرة طلع اش عملت باش وصلت روحها تتضرب " ..
 انا الفتاة التي اختلفت وجهة نظري معك في التعليقات على احد منشورات الفيس فوصفتني " بالعاهرة " واطلقت اوسخ الشتائم ايضاً ..
 انا الفتاة التي مررت بعلاقات كثيرة في حياتي و أنت معجب بي ولكنني رفضتك ليس لشيء لكننك لم تعجبني فقلت لي " ماك عاهرة وليت ليا انا شريفه بنت فاضل " ..
 انا المرأة التي انفصلت هي و زوجها ولكنني لم اخبرك ما سبب الانفصال فقلت " اكيد عاهرة شوف اش عملت باش طلقها هكه علاش متحبش تحكي" ..
انا حبيبتك التي قبلتها ذات يوم وفي اليوم التالي قلت " لو لم تكن عاهرة لما قبلتني " ..
انا جارتك التي اسكن وحدي لانني احب الاستقلال فقلت عني " عاهرة عايشه وحدها باش تعمل اش تحب " ..
انا صديقتك التي سافرت وحدها فقلت عنها " العاهرة مشات وحدها باش يخللها جو  " ..
هل تذكرتني !!
باختصار ... انا كل امرأة لم اعجب عقلك المريض .. انا كل امرأة لم اخضع لك ولغرورك الذكوري .. انا كل امرأة واجهت أفكارك الغبية .. صديقتي واجهي لقب عاهرة وكل الألقاب الذكورية التي يطلقونها على كل امرأة لا تعجبهم ..
 وتذكري " اذا سمعتي شخص ذكوري يقول عاهرة اعلمي انه يقف امام امرأة قوية لم تخضع لافكاره "


#مساء_التمرد
Traduction * :

Salut. 
Te souviens-tu de moi ? 
Je suis la pute !
Peut-être ne me reconnais-tu pas ?

Je vais te rappeler qui suis-je.

Je suis ta collègue à l'université qui était meilleure que toi et dont tu murmurais à tes amis : « Vas savoir ce qu’a fait la pute avec le professeur pour réussir ! ».
Je suis cette fille à la mini-jupe que tu as rencontrée dans la rue à qui tu reprochais sa tenue de pute,
Je suis la fille qui tenait la main de ton ami dans le parc et dont tu lui disais : « Tu n’es qu’un homme pour l'avoir draguée, la pute c’est elle qui s'est laissée draguer ! ».
Je suis la fille assise face à toi au restaurant, qui fumait et dont tu disais à ton ami : « Elle fume ! C’est une pute ! ». 
Je suis la fille qui a été violée dont tu disais : « Elle l’a bien cherché, la pute ! ».
Je suis la fille victime de violence familiale dont tu disais : « Vas savoir ce qu’a fait la pute pour la mériter ! » 
Je suis la fille qui ne partageait pas tes points de vue sur Facebook et que tu as copieusement insultée, la traitant de pute !
Je suis la fille qui a aimé beaucoup de garçons, sauf toi ; mais que tu enviais : pour la simple raison que tu ne me plaisais pas. De t’avoir dit non, tu m’as traité de pute !  
Je suis la femme qui a rompu avec son mari, mais je ne te l'ai pas dit. Ce qui ne t’a pas empêché de dire : « Vas savoir ce qu’elle a fait pour que son mari divorce. Si elle n’en parle pas, c’est parcequ’elle a dû le tromper en faisant la pute ».
Je suis ton amie que tu as embrassée un jour et dont tu disais le lendemain : « C’est une fille facile. Si elle s’est laissée embrassée, c’est parceque c’est une pute ».
Je suis ta voisine qui a choisi de vivre seule par goût de liberté et dont tu médisais : « Vas savoir pourquoi elle vit seule ! Sûrement pour faire la pute ».
Je suis ton amie qui aime voyager seule et dont du médisais : « Si elle voyage seule, c’est sûrement pour faire la pute ! ».

Te souviens-tu maintenant de moi ? !

Bref... Je suis toutes ces femmes que ton esprit malade condamne !
Je suis toutes ces femmes qui refusent la soumission à ton machisme !
Je suis toutes ces femmes qui résistent à ton esprit archaïque !

Mes sœurs, tenez tête à ceux qui traitent de putes et d’autres nom d’oiseaux trahissant leur machisme, toutes femmes qui ne leur plaisent pas !

Et rappelez-vous ceci : Si un machiste vous traite de pute, c’est qu’il réalise qu’il est face à une femme forte qui lui résiste !  

Rebellez-vous.

* Traduit par Rachid Barnat.