samedi 31 octobre 2015

Les sukuk islamiques ou Le génie du Cheikh Al Mâzarî, dévoyé par Ghannouchi !

Une fois de plus, Ghannouchi reprend une idée d'un théologien éclairé pour la dénaturer et induire les musulmans en erreur leur présentant la finance islamique comme la panacée halal (licite) de l'économie mondiale. 
Ce qui  constitue la plus grande escroquerie intellectuelle de Ghannouchi qui applique à lettre le programme des Frères musulmans que fonde le wahhabisme, adepte du capitalisme sauvage, qui plaît tant aux conservateurs américains qui les soutiennent.
R.B 
la photo de profil de Mohamed Hafayedh

Al-MÂZARÎ a vécu à Tunis au 11ème siècle, il était le père des lumières musulmanes et européennes et le père des sukuk islamiques ainsi que du système des opérations bancaires de payement et de crédit.

Les lumières du tunisien AL-MÂZARÎ

Derrière le génie d'Averroès (Ibn Rochd), d'Ibn Khaldoun et des lumières musulmanes, chrétiennes et juives (Maïmonide), il y a  un cheikh d'Ifrîqia, l'actuelle Tunisie, le dénommé Al-MÂZARÎ qui a vécu à Tunis entre 1061-1141 (453-536 de l'hégire)

Il était le maître à penser de Tunis, une référence et le passage obligé des étudiants de l’Empire arabo-berbèro-musulman sur leur route pour l’Orient; venant de Cordoue ou de Marrakech et allant vers Bagdad ou Damas; ou lors de leur retour d’Orient, pour valider leurs titres et diplômes obtenus en Orient ou en Occident.

Il est significatif pour sa renommée, que les biographies Averroès mentionnent l’illustre Maître de Tunis, comme ayant accordé la licence d’enseigner (ijâza) les œuvres du grand juriste mâlikite d’Ifrîqia, Al-MÂZARÎ, même si l’affirmation est un peu étonnante car Ibn Rochd n’avait que 13 ans à la mort du Maître tunisien. Ce qui est certain c'est que le cheikh Iyâd avait servi d’intermédiaire puisque il fût l’élève d’Al-MÂZARÎ et le maître d’Averroès.

L’influence de sa pensée fut déterminante sur les fondateurs spirituels (Ibn Tûmart) et philosophiques (Ibn Tufayl et ibn Rochd) de la dynastie Almohade; notamment sur la pensée d’Ibn Tûmart et son livre A’azzu mâ yutlab, affirmant solennellement une lecture maghrébine philosophique du Coran et du message du prophète Muhammad : « C’est par la raison que l’homme connaît l’existence du Créateur », « La méthode du tawhid (théorie de l’unicité de dieu) est la raison (âql), et de même le tanzih (doctrine des attributs divins), et il n’y a pas moyen dans l’un ou l’autre d’user de la transmission de traditions (tawâtur) ».

Ainsi que l'œuvre célèbre d'Averroès (Ibn Rochd) : le Discours décisif (Fâsl Al Maqâl), une réponse de la raison à la tradition, à l'adresse de l’islam oriental sous l’emprise intellectuelle de Abou Hamed Al-Ghazâli, un pur ashârite; contre qui Al-MÂZARÎ, leur maître, depuis Tunis, un demi-siècle plus tôt, s’était distingué par son opposition à la diffusion des livres de Ghazâlî dans l’Occident musulman, allant jusqu’à réfuter le grand ouvrage de Ghazâlî, la Revivification des sciences religieuses.

le Tunisien Al-MÂZARÎ contestait la propension du docteur oriental Ghazâlî à l’amalgame, amalgame aujourd’hui repris par les wahhabites qui viennent semer le désordre dans la tradition rationaliste de la Tunisie malékite.
La pensée du tunisien de Al-MÂZARÎ est devenue la référence de la pensée des lumières arabes et européennes à travers ses élèves; dont le plus célèbre, Averroès.

Le génie des Sukuks bancaires du tunisien Al-MÂZARÎ

Les développements des échanges économiques au 11 siècle ont mis en évidence le contraste existant entre les règles dictaient par le Coran et les diverses façons dont les musulmans avaient tenté de les appliquer dans la pratique des opérations commerciales transnationales nécessitant un régime juridique mieux adapté.
A l’origine se trouve l’interdiction coranique du prêt avec intérêt, assimilé à l’usure.
Or si on interdit l’usure, on interdit du même coup la banque, sauf à supposer que le banquier bénévole, ce qui n’est guère envisageable.
Le problème posé au docteurs de la loi islamique : Comment conserver une activité économique qui permette l’échange à distance, qui évite les grands transports de fonds, qui soit susceptible d’affronter des situations où une forte capitalisation doit être rapidement effectuée ?

Les jurisconsultes énoncent des règles générales pour maintenir la pratique du chèque, SIKKA (monnaie en arabe, à l'origine du "chèque" - dont le pluriel est : sukuk), laquelle satisfait à toutes ces conditions et qui se révèle donc absolument nécessaires à une économie active.
Malgré la réticence de certains théologiens et sous la pression de la société et de ses pratiques économiques, le fikh (l’exégèse) était contraint de s’aligner sur la coutume, le urf.

Pour contourner l’interdiction coranique du prêt à intérêt, on jouait sur le change entre les monnaies d’or, et celles d’argent (les dirhams et les dinars) : les sommes en dirhams étaient inscrites en dinars, les commerçants étant censés « vendre » leurs dirhams au banquier qui, au-dessous du cours normal de change, leur ouvrirait des comptes courants en dinars.

Cette « ruse juridique » du dixième siècle qui avait interpellé les penseurs dans tout l’empire arabo-musulman, avait été soumise pour consultation à notre illustre Al-MÂZARÎ, qui avait répondu par écrit, un texte remarquable, fondateur des opérations bancaires du crédit et du paiement du capitalisme moderne; dans lequel il examine les divers aspects pratiques de la question : Le chèque est-il approvisionné ? Les fonds du banquier sont-ils uniquement composés par des dépôts, sans être augmenté des intérêts perçus ? Etc.

Il arrive à la conclusion : si toutes les règles étaient respectées, le système s’effondrerait car il supposerait que le banquier agisse à titre gratuit ! Mais, Al-MÂZARÎ réussit à le sauver en déplaçant le problème, en se fondant sur le concept juridique suivant : Que le taux d’échange soit à « l’avantage des musulmans » en se basant sur le critère mâlikite de l’utilité publique.

Le pragmatisme d’Al-MÂZARÎ lui a permis de poser clairement les termes du problème, de façon concrète et rationnelle. Cette approche éthique et pragmatique de l’ordre juridique musulman est restée sans suite au niveau des travaux d’approfondissement de la doctrine islamique des opérations de crédit bancaire.

Ce seront ses disciples européens qui redécouvriront les soubassements éthiques d’un système bancaires harmonieux qui avait tant bien que mal fonctionné jusqu’à l’avènement du système néolibéral actuel.

Le néolibéralisme a, depuis «le coup de 1979», fait un forcing rendant possible la constitution d'énormes déficits publics, ouvrant la porte à l'économie de la dette en augmentant les taux nominaux de 9% à 20%, créant ainsi de toute pièce des endettements cumulatifs des Etats et des collectivités publiques.

Cette vilaine dette est fabriquée par la technique de la « titrisation » où le capitaliste néolibéral transforme sa créance en titre changeable sur les marchés financiers. En fabricant du papier (la planche à billet), les classes les plus aisées s'approprient ainsi le travail et les richesses de la population devenue débitrice. La relation créancier-débiteur se superposant aux relations capital-travail, le salarié fier de soin travail devient un débiteur coupable et condamné à rembourser.

Le système de Sukuk islamique imposé par GHANNOUCHI comme instrument de crédit financier, dit « halal » (licite), est une sorte de produit financier “entre les obligations, le crédit-bail et le portage”, qui n’a rien avoir avec le concept du Cheikh Al-MÂZARÎ qui est fondé sur une lecture éthique du message coranique au moyen d’un effort de rationalisation de la moralité du commerce de façon juridique.

Les sukuk GHANNOUCHI sont créés dans le seul but de dilapider les biens de la Tunisie, contrairement aux prescriptions du Coran qui interdit de nuire et de porter préjudice à sa famille, à ses voisins et ses compatriotes, au profit des milliardaires du golfe.

On raconte qu'un milliardaire saoudien n'autorisait pas une seule acquisition de sukuk avant de connaître le LIBOR (le taux de changes sur la place de Londres) du jour, qui correspond exactement au taux de l’usure, le fameux Ribâ, proscrite par le Coran. Et il n'est pas le seul. Ce qui démontre l'hypocrisie des adeptes de la banque islamique chez les wahhabites.

Il est donc faux de penser que l'émission de sukuk sera moins onéreuse que ce qui se fait actuellement sur le marché international. Bien au contraire, les sukuks mettront la Tunisie à la merci de ses créanciers et perdra de ce fait sa souveraineté. Car la Tunisie ne produisant plus de richesse, s’endettera pour payer les salaires de ses fonctionnaires. A échéance, elle sera forcée de livrer aux créanciers les biens publics abusus; ouvrant la porte à un nouveau colonialisme !
Ce pour quoi œuvrent les Frères musulmans nahdhaouis depuis leur retour d'exil pour VENDRE la Tunisie à leur bienfaiteur l'émir du Qatar et ses amis pétromonarques !

Cette finance islamique est la plus grande escroquerie intellectuelle de Ghannouchi. Les Frères musulmans vendent aux naïfs une finance qui serait honnête et halal; alors qu'elle est comme toute finance, un système pour faire fructifier l'argent. 

Les conseillers néolibéraux et néoconservateurs de Ghannouchi n’ont rien à apprendre aux tunisiens. Nos ancêtres fondateurs de la modernité tunisienne, Al-MÂZARÎ, Ibn KHALDOUN, Tahar HADDAD ... sont toujours dans nos esprits et dans nos cœurs. Ne les oublions pas ! Grâce à ce qu'ils nous ont transmis, la Tunisie résistera aux marchands du temple, les néo-conservateurs, adeptes du capitalisme sauvage dont l'unique but est de la soumettre à leurs maîtres.

Nidaa Tounes : ce qui devait arriver, arriva !

Les Tunisiens se sont mobilisés massivement pour dégager les Frères musulmans d'Ennahdha; en plébiscitant à trois reprises Béji Caïd Essebsi et son parti Nidaa Tounes. Un an après, leur déception est immense de les voir dominés plus que jamais par Ennahdha ... tout comme l'étaient le CPR et Ettakatol qui formaient la troïka provisoire !
R.B
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Bataille de clans à Nidaa Tounes

Démissions, accusations, rumeurs : le parti au pouvoir vit des heures orageuses et la lutte s'étale dans les médias à deux mois du Congrès national. Décryptage.

Faut-il un dialogue national pour réconcilier les poids lourds de Nidaa Tounes ? Alors que le quartet, lauréat du Nobel de la paix, s'affiche à l'Élysée à l'invitation de François Hollande, un nouveau front s'est ouvert sur le champ de bataille du pouvoir tunisien. Au point que le chef de l'État a dû se saisir du dossier, mercredi soir au palais de Carthage. Autour de lui : Mohsen Marzouk, secrétaire général du parti, Hafedh Caïd Essebsi, son fils et tête de file d'un courant, Mohamed Ennaceur, président de l'Assemblée nationale… Deux des plus hautes autorités du pays se sont donc penchées sur le berceau du dernier-né (2012) de la politique tunisienne. En cause : la remise en question du leadership de Mohsen Marzouk, l'alliance avec les anciens ennemis jurés d'Ennahdha, la volonté de plusieurs députés de « changer le mode de fonctionnement du parti », une contestation de l'action du Premier ministre Habib Essid... Les plateaux de télévision et les émissions de radio fourmillent d'interviews d'élus, de caciques, qui oscillent entre la langue de bois et l'allusion perfide. Une crise qui s'explique par le plus vieux carburant politique : la course pour le pouvoir.

Un millefeuille d'alliances contradictoires

Le péché originel est lié à la construction de Nidaa Tounes. Une coquille conçue pour donner les moyens de ses ambitions à Béji Caïd Essebsi, c'est-à-dire remporter les élections législatives et présidentielle. Les fondations de la bâtisse NT se dérouleront sous la houlette de l'homme d'affaires Nabil Karoui, propriétaire de la chaîne Nessma TV. Puisque Béji Caïd Essebsi attire sur son nom des sensibilités diverses : gauche, centriste, anciens du RCD (le parti du dictateur Ben Ali). Un seul mot d'ordre : TSE, Tout sauf Ennahdha. Nidaa Tounes atteindra ses objectifs : 86 députés à l'ARP (sur 217) et victoire de Béji Caïd Essebsi au second tour de la présidentielle. Mais le régime parlementaire mis en place par la nouvelle Constitution exige une majorité de 109 sièges pour pouvoir gouverner, légiférer. Malgré une campagne de six mois d'invectives à l'égard des islamistes, un accord est scellé entre Essebsi et Rached Ghannouchi, le leader des islamistes. Depuis, les deux partis dominent la vie parlementaire avec 155 élus. Une colossale majorité qui stabilise le Parlement tout en mécontentant à peu près tout le monde. Les grandes lois qui doivent modifier en profondeur l'organisation du pays sont remises à plus tard : la décentralisation notamment. La loi de réconciliation économique, projet qui vise « à tourner la page du passé », selon les mots du président, n'a toujours pas été soumise au vote malgré la certitude mathématique d'être votée. Nidaa Tounes qui reposait sur le leitmotiv « Tout sauf Ennahdha » a détruit son socle fondateur.

Trois clans s'affrontent

Presque un an après sa victoire aux législatives, Nidaa Tounes se divise désormais en trois clans. L'un mené par Hafedh Caïd Essebsi, le fils du président de la République ; le deuxième par Nabil Karoui qui se rêve un destin politique ; le troisième par le SG du mouvement. Sans parler de fronde, on peut constater chez certains parlementaires une lassitude. Au pouvoir depuis un an, ils ont dû accepter le deal avec les islamistes, première couleuvre, et observent que la situation économique ne s'améliore pas. Certes, Béji Caïd Essebsi avait expliqué dès son arrivée au pouvoir qu'il « faudrait au moins deux ans avant d'inverser la tendance ». L'absence de grandes réformes au calendrier de l'ARP et l'attente du plan quinquennal en 2016 promis par le Premier ministre Habib Essid donnent l'impression d'un temps mort politique. La démission du ministre chargé des Relations avec le Parlement a servi de détonateur. Sa lettre, destinée au Premier ministre, a été publiée in extenso dans certains médias. Lazhar Akremi y explique notamment qu'il « ne peut plus faire partie d'un gouvernement qui n'a pas la volonté politique de faire face à la corruption ». L'homme, originaire de Gafsa, est un membre fondateur du parti.

Régler les luttes avant la tenue du Congrès national

Les militants de Nidaa Tounes ne sont pour l'instant pas consultés. Mohsen Marzouk est le secrétaire général d'un parti qui détient, même si Béji Caïd Essebsi en a démissionné sitôt élu, le palais de Carthage et 86 fauteuils à l'ARP. Rançon du succès : les ambitieux sont légion. Cette agitation prouve que les barons et leurs vassaux souhaitent l'emporter avant le Congrès national prévu fin décembre. Pendant ce temps, chez Ennahdha, on observe. Et on ne bouge pas un sourcil. Les élections municipales, prévues au mieux fin 2016, seront le premier test politique après les scrutins de 2014.  « Une contre-réunion d'une partie de Nidaa Tounes se tiendra à Djerba ce week-end. Sous la houlette de Hafedh Caïd Essebsi. Réunion contestée ce matin dans un palace de Gammarth par des ténors du parti réunis en bureau exécutif sous la houlette de Mohamed Ennaceur, président de l'ARP, et de Mohsen Marzouk, le secrétaire général de Nidaa Tounes ». Ambiance.


vendredi 30 octobre 2015

Le prix Sakarov remis à Raef Badawi, le Blogger d'Arabie

La laïcité bafouée en son berceau, la France, fait pourtant rêver tout ceux dont les libertés sont bafouées par les régimes théocratiques. 
Le Parlement européen en décernant le prix Sakharov 2015 à Raif Badawi, rappelle aux Ibn Saoud qui président l'organisation des droits de l'hommes à l'ONU, le b.a.-ba de la liberté d'expression !
R.B


Jean-Marcel Bouguereau
Jean-Marcel Bouguereau

"Laïcité, j’écris ton nom"... en Arabie Saoudite

RAEF BADAWI
Raef Badawi

Dans le livre qui rassemble des écrits pour lesquels il a été condamné pour blasphème à 10 ans de prison et 1 000 coups de fouets, le Saoudien Raef Badawi, à qui le Parlement européen a décerné hier le prestigieux prix Sakharov, raconte cette anecdote : un jour où il entrait dans les immondes toilettes de sa cellule surpeuplée, au milieu des "centaines de graffitis inscrits sur les murs poisseux", son regard tombe sur la phrase ‘La laïcité est la solution’. "Stupéfait, je me frotte les yeux pour m’assurer que je vois bien ce que je vois.". Au moment où, en France, on peut entendre les défenseurs de cette même laïcité se faire traiter de "laïcard" ou de voir des islamistes, dans un salon de la femme musulmane à Pontoise, défendre des messages obscurantistes et l’oppression de la femme, un homme, dans une cellule saoudienne, se bat pour cette même laïcité.
Raef Badawi fut l’animateur du site internet "Liberal Saudi Network", un blog qui va très vite déranger. Mais dans cette théocratie c’est trop. En 2012, il est arrêté. La justice saoudienne est considérée comme l’une des plus féroces au monde. "L’Arabie saoudite est dans le top 5 des pays qui recourent le plus à la peine de mort. En 2013, 87 personnes ont été tuées, soit un être humain tous les 4 jours", raconte Mireille Elchacar, membre d’Amnesty International. Le cauchemar devient réel lorsque Raef reçoit les 50 premiers coups de fouet devant une foule de fidèles, après la prière hebdomadaire. Personne n’a bougé pour l’aider. Pas un mot n’a échappé des centaines de personnes venues voir le terrible spectacle.
Car dans ce pays, où la barbarie a force de loi, le pays au monde à ne pas avoir signé la déclaration universelle des droits de l’homme, on ne bouge pas: les opposants risquent en effet la mort, les femmes sont traitées en mineures incapables, même de conduire. Les bonnes philippines y sont battues et violées par leur patron. Les immigrés y construisent des gratte-ciel dans des conditions d’esclavage moderne.
Le site de Badawi avait appelé à une "journée du libéralisme" et à la fin de l’influence de la religion sur la vie publique. Sa condamnation à 1000 coups de fouet avait été qualifiée de punition "médiévale" par la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallstromm.

C’est une bonne chose que le prix Sakharov 2015, l’équivalent européen du prix Nobel de la Paix, ait été attribué à Raef Badawi, point de départ d’une campagne pour sa libération, alors que le régime saoudien connaît ses premiers craquements, avec la baisse du brut, celle des réserves de pétrole, la concurrence de l’Iran : les réserves de la trésorerie de l’Arabie saoudite sont en chute libre et le pays pourrait tenir maximum 5 ans à ce rythme.

POUR CEUX QUI S’ÉMEUVENT POUR LA CAUSE DES SÉPARATISTES !

Et voudraient qu'ils aient un pays !
Ce que certains voudraient bien voir se faire pour les Kurdes, aux dépens de la Syrie dans la tourmente actuellement.

Puisqu'il est fort probable selon le plan Yinon, que ce pays soit à nouveau amputé d'une partie de son territoire; comme le fut "la grande Syrie" (Bilad Escham) de l'époque coloniale, que les empires coloniaux franco-anglais avaient amputée de la Palestine et du Liban ! 

Si on commence à toucher aux frontières actuelles de la Syrie, on ouvre la boîte de Pandore ... car des minorité séparatistes, le monde n'en manque pas et des mécontents des actuels tracés frontaliers, non plus.

Pour rappel, la Tunisie s'étendait jusqu'à Tripoli et Constantine ... avant que ses frontières ne soient "redessinées" par la France à son bénéfice du côté algérien et au bénéfice de l'Italie du côté libyen. 
Ce qui aurait fait de la Tunisie un pays riche en gaz et en pétrole !

Si on admet les revendications des Kurdes, alors il faut admettre les revendications de toutes les minorités ethniques ou religieuses : les Basques, les Corses, les Bretons, les Kabyles, les Touareg ...
Pourquoi s'arrêter aux Kurdes ?

Autrement, qui se soucie des musulmans Rohingyas persécutés en Birmanie ? 
Il est vrai que la Birmanie ne regorge pas de pétrole et ne se trouve pas dans le Moyen Orient que les américains envisagent de redessiner

Nous savons très bien que les américains instrumentalisent les minorités à des fins purement stratégiques ... comme ce fut le cas au Soudan divisé en 2 Etats pour satisfaire la minorité chrétienne, alors qu'il s'agit tout simplement de contrôler l'or noir et autres richesses minières de cette région. 

De même qu'ils ont tenté de jouer de la haine des chiites envers les sunnites d'Irak, que persécutait Saddam. Toujours pour mieux contrôler l'or noir de l'Irak et nullement pour défendre les droits de l'homme qu'ils instrumentalisent et dont ils se fichent totalement. Il suffit de voir le sort qu'ils ont réservé aux indiens d'Amérique devenus une minorité chez eux !

Ce qu'ils tentent de faire avec les Kurdes, auxquels ils promettent un pays, dont ils contrôleront les ressources tout en affaiblissant les pays limitrophes : Syrie, Turquie, Irak ...en pratiquant la devise : " diviser pour régner ".

Quand aux minorités "secourues" par les puissances coloniales de l'époque, auxquelles elles avaient accordé un pays en amputant d'autres : sont-elles sorties pour autant de leurs problème ethnico-religieux ? Non ! Cela a même empiré.
C'est le cas du Liban "création" française et du Pakistan, "création" anglaise.

Et que dire de la partition de la Palestine pour satisfaire les juifs persécutés d'Europe, dont lâchement les anglais s'en sont remis au vote de l'ONU, où les pays dits "arabes" étaient absents pour cause de colonisation ... pour créer l'Etat d’Israël !

Il est tout de même étonnant que l'Occident s'émeuve du sort des Kurdes pour admettre leur désir de disposer d'un pays : le Kurdistan; alors que ce même Occident, bien qu'il se soit ému du sort des arméniens dans l'empire Ottoman, et avait admis leur revendication à disposer d'un pays l'Arménie, que le traité de Sèvres prévoyait en 1919 lors de la liquidation de l'empire ottoman ... mais qu'hypocritement il n'aura rien fait pour sa concrétisation, laissant les mains libres à Mustapha Kamel Atatürk de liquider la résistance arménienne ... de peur que les arméniens ne s'allient aux russes chrétiens orthodoxes comme eux !!
Ce qui démontre bien que l'Occident instrumentalise ou se contrefiche des minorités selon ses intérêts : c'est çà la realpolitik ! 

Il faut s'indigner de tout mauvais traitement envers les minorités. 
Mais faut-il pour autant diviser encore et encore les pays pour les satisfaire ?

En réalité ce jeu profite uniquement aux grandes puissances : 
- ce fut le cas pour les puissances coloniales anglaise & française; et 
- de nos jours cela profite aux EU, grande puissance actuellement.

Rachid Barnat






mercredi 28 octobre 2015

Lettre ouverte au nouvel Ambassadeur des USA en Tunisie

Une lettre d'un tunisien, exprimant l'opinion de million de tunisiens, qui regrette que les EU bafouent la démocratie ! Mais que peut-on attendre du nouvel ambassadeur ?
N'est-il pas là pour poursuivre le programme américano-sioniste dans la "région" ?
R.B
Seuls sauvent leur pays de l'hégémonie des puissants, 
les peuples qui refusent l’aliénation. 
Et comme dit le poète tunisien Abou El Kacem Echabbi : 
" Si un peuple veut vivre libre, 
il trouvera en lui la force pour accomplir son destin " !
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À l’aimable attention de Son Excellence M. Daniel H. Rubinstein, nouvel ambassadeur des États Unis d’Amérique auprès de la République Tunisienne.

Excellence, nous, citoyens de Tunisie, avons le plaisir de vous présenter dans cette lettre, l’autre versant du discours tenu par nos officiels qui n’ont tenu aucune de leurs promesses électorales et qui, de ce fait, ne nous représentent plus que très peu.

Ici, Excellence, vous découvrirez que les citoyens de ce pays ont bien d’autres choses à vous exprimer, à vous et au peuple américain, que les simples formules diplomatiques d’usage marquant « l’amitié entre nos deux peuples » et « nos intérêts communs ».

Nous vous souhaitons d’abord la bienvenue dans ce pays qui, après deux mille ans d’occupation, 250 ans de monarchie et 60 ans de République, a arraché avec vigueur et doigté sa liberté. Mais en quelques phrases, permettez-moi de vous présenter l’âme de ce pays où est née, il y a 40 000 ans, du côté d’El Guettar, près de Gafsa, la foi*.

Ce pays dont l’histoire écrite a commencé, en contrebas de votre résidence, sur la plage d’Hamilcar où a débarqué l’intelligente et belle Elyssa qui a fondé, au 9e siècle avant J.C., la grande Carthage. Le système de gouvernement qu’elle a institué, excluant toute tyrannie, allait, quelques siècles plus tard, aboutir à la République. « L’une des meilleures du monde » commente Aristote dans son traité sur les Constitutions ; « très probablement la première république de l’histoire », ajoutent certains de nos fiables historiens. 
Ensuite, Excellence, si Carthage est devenue la plus prestigieuse république du monde et si son histoire a brillé de mille feux, c’est parce qu’elle avait pour principe de s’enrichir, tout en enrichissant les autres. Carthage, là où elle s’installait, le faisait avec l’assentiment des peuples et elle apportait avec elle son savoir agricole, industriel, culturel et même institutionnel, pour aider les communautés à s’ériger en Etats modernes, pour élever les peuples à un niveau supérieur de civilisation. 
Cette politique a entraîné Carthage à répandre, sur tout le monde méditerranéen, le modèle fédéral, et c’est en défendant ce modèle, basé sur la liberté des peuples, qu’elle a été confrontée à Rome qui, elle, défendait un autre modèle, basé sur l’impérialisme.

Carthage a fini par perdre. Non parce qu’elle était moins intelligente ou moins puissante. Loin de là. Elle a perdu parce que ses dirigeants, corrompus, ont oublié l’intérêt supérieur de leur nation. C’est ainsi que Carthage et son fabuleux modèle défenseur des peuples, ont disparu et que le monde est tombé, durant deux millénaires – et ce n’est pas fini – sous la coupe de l’impérialisme destructeur des peuples et des identités.

Mais venons-en maintenant à ce qui nous importe : votre mission diplomatique en Tunisie.
Excellence, nous avons vécu dans ce pays un événement exceptionnel qui a enflammé le monde arabe dans un mouvement libérateur des peuples soumis, depuis toujours sinon depuis des siècles, à des pouvoirs dictatoriaux. Ce mouvement, éminemment progressiste et libéral, a été récupéré par une obscure nébuleuse pour le dompter à coup de milliards de pétrodollars et l’adapter à d’autres objectifs géostratégiques. N’entrons pas dans des détails que vous maîtrisez autant que nous.

Nous Tunisiens, dans notre idéalisme révolutionnaire de janvier 2011, pensions naïvement que l’Amérique allait soutenir la Tunisie et aussi l’Egypte, – fers de lance de « l’Hiver arabe » – pour initier enfin dans ce monde arabe un nouvel ordre basé sur les principes que nous venions de faire triompher au prix du sang, principes que l’Amérique déclare défendre, et qui sont inscrits aux premières lignes de votre Constitution.

Mais quelle a été notre déception quand votre gouvernement a fait exactement le contraire. Quand il a préféré conforter dans leur brutalité les monarchies du Golfe en lançant avec eux une contre-révolution, et en finançant, dans les pays qui venaient d’être libérés, pour prendre le pouvoir, la confrérie des Frères Musulmans, que l’Amérique soutient depuis des années, croyant, au mieux, qu’ils sont aptes à opérer une transition démocratique, au pire, à la servir. 

Je ne reviendrais pas là dessus, vous avez très bien vu leur incapacité à gérer un Etat ni à assurer une quelconque étape politique; puisque c’est la Société Civile tunisienne qui s’est chargée d’assurer la transition démocratique alors que les Frères musulmans se sont enlisés dans le mensonge, la corruption, la compromission et le terrorisme, sinon dans la pure trahison, ce qui a d’ailleurs poussé les nationalistes égyptiens à repousser l’horizon démocratique pour sauver leur nation en proie à la secte .
L’attaque de votre ambassade, le 14 septembre 2012, et dont vous connaissez parfaitement les tenants et les aboutissants, aurait dû finir par convaincre votre gouvernement de la nocivité de cette secte, mais le fait est que vous aviez besoin de leurs basses œuvres.

Le message que nous tenons à vous transmettre, Excellence, c’est que nous sommes profondément déçus de votre politique inamicale envers nous. Nous sommes déçus du fait que le gouvernement américain a continué, malgré leur forfaiture, à soutenir les Frères musulmans pour profiter de leur unique qualité, celle de recruteurs de terroristes, et remplir ainsi les rangs des légions d’assassins (8000 rien que pour la Tunisie !) que vous lancez contre les Etats qui refusent de se soumettre à votre ordre. Vous avez recours à ces assassins parce que vous savez que personne, en Amérique, n’est prêt à se battre pour des guerres aussi sales.

Mais ce n’est pas tout, Excellence, car en fin de compte, votre compromission avec cette secte, à quoi vous aura-t-elle servi ? L’essentiel de vos objectifs stratégiques se sont retournés contre vous et aujourd’hui le résultat est là : la Russie est revenue au premier plan de la géopolitique mondiale et l’axe chiite est encore plus fort qu’il ne l’était avant vos interventions en Irak. 
A quoi ça vous a servi d'ignore le mouvement démocratique et de vous coltiner les Frères musulmans et de continuer à protéger les pétromonarchies moyenâgeuses ? A détruire définitivement l’image des USA. A montrer que votre action au Moyen Orient n’était qu’une mascarade, à prouver que les forces russes sont 1000 fois plus efficaces que les vôtres. A faire en sorte que les gens, aujourd’hui, prient sincèrement pour la réussite de la Russie
Quel piètre bilan !

Bref, Excellence, aujourd’hui le monde entier sait que vous financez, armez, formez et soignez les pires assassins que l’histoire de l’humanité n’ait jamais connu. Des gens qui en arrivent à détruire des œuvres archéologiques sept fois millénaires ! Ce qui veut dire qu’en 7 millénaires, jamais l’Humanité n’a vu de tels sauvages. Et ce sont vos alliés ! Vos alliés contre nos Etats ! Des Etats construits patiemment et avec sacrifices, qui éduquent leurs peuples, et tiennent à les élever à un plus haut degré de civilisation. Des Etats, certes avec des défauts. 
Mais franchement, Excellence, que sont ces défauts devant ceux de vos amis wahhabites

Ce que nous voulons enfin vous dire, Excellence, c’est que désormais le monde a changé et que tous, nous espérons sincèrement que l’Amérique comprendra qu’elle ne peut pas continuer à affecter toute sa puissance à la défense de faux intérêts, que ce soit ceux de ces monarchies d’un autre temps, ou ceux de l’Apartheid israélien qui empoisonne la vie de la planète.

L’Amérique est aujourd’hui devant un choix : soit elle s’enfonce à nouveau dans une guerre froide qui ne va servir qu’à poursuivre le pourrissement de l’humanité par une nouvelle course aux armement aussi absurde qu’inutile et indécente, soit elle décide d’avoir des rapports de dignité avec les autres et de renouer ainsi avec ses principes fondateurs et travailler sérieusement et sans hypocrisie ni partialité pour les libertés, la démocratie et la prospérité. Un peu comme le faisait Carthage, à sa grande époque. Nous, Tunisiens, y avons cru, et continuons à y croire parce qu’il y a 3000 ans une belle et intelligente princesse, fuyant la tyrannie, est venue semer à Carthage, là bas, en bas de votre Résidence, le goût de la liberté et de la civilisation. C’est la raison pour laquelle, Excellence, il n’y a pas moins de 39 villes dénommées Carthage aux USA, et il y a même une ville qui porte le nom d’Hannibal. D’ailleurs Hamlin, le véritable initiateur de la libération des esclaves et bras droit du grand Abraham Lincoln, ne portait-il pas le nom de notre héros carthaginois ?

Vous venez de fouler une terre précieuse, Excellence, une terre capable des plus grands miracles. Tentez de vous en inspirer.

Respectueusement

Abdelaziz Belkhouja
Citoyen tunisien


* L’Hermaïon d'El Guettar, exposé au Musée du Bardo, est un “édifice” marquant la plus vieille manifestation au monde d’une croyance en un au-delà.

lundi 26 octobre 2015

Lettre aux nouvelles voilées

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Étrange semaine ! Les images insoutenables d’Envoyé spécial : la lapidation de femmes iraniennes, l’arrachement de l’œil coupable…Hani Ramadan, le frère de Tarik, chantre officiel de la lapidation de la femme adultère, est invité à l’UNESCO ; les islamistes ont organisé leur deuxième défilé de mode féminin. Étrange semaine où les masques sont tombés, mais où l’on a pu mesurer la perversité du double langage auquel ont recours les islamistes pour défendre l’oppression des femmes au nom de la liberté individuelle et la barbarie religieuse au nom de la liberté culturelle.
Les nouvelles voilées organisent des manifestations pour défendre leur « droit » au voile, au voile qui, de l’Ancien Testament au Coran en passant par le Nouveau Testament est le symbole de l’oppression des femmes, le symbole qui autorise toute violence à l’endroit des femmes. Elles l’ont fait d’abord au nom de leur  « culture » , puis de leur  « choix individuel », changeant de thème sur commande, comme sous la baguette d’un invisible chef d’orchestre, et maintenant elles se drapent de tricolore, moins pour affirmer qu’elles sont françaises que pour imposer en France le projet de société des islamistes.
Le régime fasciste et islamiste de l’Iran demande à la France de retirer sa loi contre le voile. Un régime qui a exterminé plus d’un million de ses opposants, un régime qui pratique la lapidation, l’amputation des membres, qui exécute les homosexuels, les agnostiques, les athées, les apostats, parle au nom de la démocratie. C’est le monde à l’envers. La prise de position des dictatures islamiques contre cette nouvelle loi, ingérence manifeste dans les affaires intérieures françaises, prouve à ceux qui n’avaient pas encore compris le lien étroit entre la prolifération du voile et l’offensive islamiste. Dorénavant, les nouvelles voilées, en France, ne peuvent plus prétendre ignorer qu’elles sont soutenues par le gouvernement fasciste islamiste de l’Iran ; que leurs maîtres, qu’ils soient des pseudo-intellectuels, des mollahs déturbannés, égyptiens, iraniens ou maghrébins, sont des missionnaires de l’islamisme. Elles ne peuvent plus dire qu’ici et là il ne s’agit pas du même voile. La servitude n’est ni moins haïssable ni moins condamnable quand elle se dit ou se croit volontaire.

Hani Ramadan, le frère de Tarik Ramadan, qui défend officiellement la lapidation des femmes et l’exécution des homosexuels au nom de la charia, a été invité à l’UNESCO, ce dimanche 18 janvier à 14 heures, pour défendre ses idées, dans le cadre d’un colloque sur la laïcité et la démocratie ; bien entendu, il devait débattre avec quelques intellectuels français. Ainsi se trouve porté à son comble l’escroquerie intellectuelle qui consiste à débattre avec les apologistes de la torture et de l’assassinat, à banaliser l’horreur, comme si la liberté était la liberté de tout faire, comme si le fascisme et la défense de la lapidation étaient une opinion.
Je suis véhémente, j’ai la rage au cœur et je n’arrive pas à comprendre qu’on accepte de débattre  » démocratiquement  » avec les islamistes qui défendent au nom des lois d’Allah les images de la barbarie institutionnelle qu’à diffusées France 2 jeudi soir : les corps féminins enfouis dans leur linceul qui s’écroulent sous les jets de pierres, les hurlements de l’homme ligoté dont on ex-orbite l’œil coupable au scalpel, à vif, ou de celui dont une machine vient de trancher la main d’un coup sec. Non, je ne comprends pas que ces idées soient discutées au nom de la démocratie, que Hani Ramadan soit invité à l’UNESCO, dans un colloque patronné par les plus hautes autorités de l’Etat, que la famille Ramadan soit mise sur un piédestal par les médias français.
Oui, c’est insupportable qu’un ministre de la République, ici en France, débatte avec Tarik Ramadan, qui réclame, comme certains mollahs « modérés » iraniens l’ont déjà fait, un « moratoire  » pour la lapidation ; que cet imposteur déguisé en play-boy séduise tout autant les nouvelles voilées que certains altermondialistes et ceux ou celles qui se donnent le beau rôle de « tolérants ».
Il est temps de dire qu’on ne discute pas avec les représentants du totalitarisme islamiste. On le condamne et on le combat. Ceux qui ont vu sur France 2, jeudi soir, les images insoutenables des femmes lapidées, de la main voleuse amputée et de l’œil coupable arrachée ne supporteront plus jamais de devoir prêter l’oreille aux effusions verbales des frères Ramadan, à la rhétorique hallucinée de l’un et à la casuistique de l’autre. Ils auront compris ce que l’on fait au nom d’Allah. 
Il y a trop à faire dans nos banlieues, trop à faire dans le domaine de l’éducation, du travail et de l’égalité des chances, il y a eu trop de retard pris pour qu’on puisse admettre aujourd’hui que des islamistes extrêmes deviennent les porte-parole des jeunes français qui se sentent exclus. C’est notre responsabilité commune, c’est la responsabilité de la République et de ses représentants de faire en sorte que cesse cette situation perverse et absurde. 
L’immigration est une chance pour la France et la démocratie est une chance pour l’immigration. Mais il faut que les promesses soient tenues.

samedi 24 octobre 2015

La colonisation de l'Ifîqiya* par les arabes

* Ifrîqiya : ancien nom de la Tunisie qui s'étendait alors jusqu'à Tripoli à l'Est et jusqu'à Constantine à l'Ouest. Ce nom désignera par la suite tout le continent africain : Afrique.

La Tunisie de tout temps a été une terre de passage et de colonisation ... dont celle des Beni Hilal, des arabes venus d'Arabie. S'ils ont arabisé les berbères du cru, cela n'en fait pas pour autant des arabes !
Comme les français qui ont colonisé l'Afrique du Nord, devenue francophone, ne fait pas des berbères des Français !

Au fait la Tunisie est un melting-pot de tous les peuples qui y sont passés : sicilien, sarde, maltais, crétoi, grec, espagnol, normand, turc ... arabe et français .... sans parler des esclaves venus de tous les pays d'Afrique noire et d'Europe de l'Est et plus particulièrement du Caucase dont les peuples fournissaient les janissaires des Sultans ottomans mais aussi les odalisques pour leurs harems; et qui ont fait souche en Tunisie.

Alors pourquoi certains s'obstinent-ils à se dire Arabes parcequ'arabophones ?
Le Belge et le Canadien bien que francophones, ne sont pas pour autant des Français !

Mais voilà à des fins politiques, certains hommes à l'idéologie lunatique, s'obstinent à réécrire l'Histoire pour n'en retenir que l'arrivée des arabes et de l'Islam dans leurs bagages, pour démarrer l'histoire officielle à partir de cette "colonisation bénie" : plus particulièrement les pan islamistes (les Frères musulmans, salafistes ... ) et les pan arabistes !

Or il est une chose que tous ces prétendus arabes d'Afrique du Nord ne savent pas : c'est le mépris dans lequel les tiennent les arabes d'Arabie, détendeur de la pureté de la race arabe vous assurent-ils !

R.B
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François Decret
Professeur honoraire des universités 
spécialiste de l'Afrique du Nord antique

Les invasions hilaliennes en Ifrîqiya

C'est sous ce terme d'invasion qu'on désigne l'arrivée, au milieu du XIe siècle, en Ifriqiya – transcription du nom de l'ancienne province romaine d'Africa, les actuelles Tunisie et Algérie orientale – de tribus arabes, les Banû Hilâl et les Banû Sulaym, jusqu'alors cantonnées à l'est du Nil. Cette « invasion » a souvent été présentée comme un véritable fléau pour les régions et les populations africaines.

Dans son Histoire des Berbères, compilation importante, mais peu critique, des traditions relatives en particulier à la conquête de l'Afrique du Nord, le célèbre Ibn Khaldûn écrivait lui-même, reprenant une comparaison coranique : « Semblables à une armée de sauterelles, ils détruisaient tout sur leur passage. » Il dénonce surtout l'incompatibilité d'une civilisation urbaine avec la vie de ces envahisseurs nomades : « Si les Arabes ont besoin de pierres afin de caler leurs marmites sur un foyer, ils dégradent les murs des bâtiments afin de se les procurer ; s'il leur faut du bois pour en faire des piquets ou des mâts de tentes, ils détruisent les toits des maisons. » Ces jugements catégoriques opposant les populations sédentaires aux tribus nomades ont été repris par bien des auteurs modernes, certains les ont toutefois revus et tempérés.

Les Fatimides et la venue des Hilaliens en Ifriqiya

Les Fatimides – qui tirent leur nom de Fatima, fille du Prophète et épouse d'Ali – ont répandu la doctrine du chiisme – de shi'a, le parti. Résolument « légitimistes », ils enseignent que le khalifat doit revenir à la descendance d'Ali, les « gens de la Maison », et que les trois premiers califes qui se sont succédé depuis Abû Bakr – pourtant qualifiés par la tradition de rashidûn, les « bien dirigés » – sont des usurpateurs. Usurpateurs donc également les califes des Omeyyades et des Abbassides, tous étrangers à la famille d'Ali et de Fatima.

Il n'est pas de notre propos de développer la doctrine de ces « partisans d'Ali » – scindés d'ailleurs en très nombreuses sectes. Parmi celles-ci, les Ismaéliens considéraient le septième imam comme le dernier des imams visibles, l'imam caché, Al-Mahdi, devant revenir en gloire aux derniers temps pour conduire la communauté dans la « voie droite » et la préparer au Jugement. Bien qu'occulte, une intense propagande aboutit à un véritable élan de ferveur populaire dans l'attente de ce « guide ». Il apparut enfin au début du Xe siècle en la personne d'Obayd Allah, fils d'un certain Mohammed al-Habîb. L'imam tant espéré tint son quartier général à Salamiya à l'est de l'Oronte, petite ville de Syrie, centre de la propagande ismaélienne.

Un missionnaire, ou dâ'i, du mouvement, le Yéménite Abû Abdallah, qui avait rencontré à La Mecque des pèlerins berbères de la Petite Kabylie, les Qutama, vint lui-même en Ifriqiya, s'installant à Ikjan près de Sétif, pour y développer son prosélytisme. Il s'attaqua au royaume des Aghlabides créé par Ibrahim ben al-Aghlab, investi comme émir par l'illustre calife abbasside de Bagdad Haroûn ar-Rachid. L'émir s'était installé à Kairouan en 800, et son territoire, dont la capitale fut ensuite installée à Raqqada, recouvrait l'actuel Maghreb central et oriental. Appuyé sur un autre dâ'i et par les tribus des Kutama formant une armée fanatisée, l'action du prosélyte ismaélien fut telle qu'en une quinzaine d'années (893-909), l'émirat aghlabide disparaissait.

Abû Abdallah s'empressa alors d'aller chercher le mahdi en captivité chez les kharidjites ibadites à Sijilmassa, dans le sud du Maroc. Celui-ci fit enfin une entrée solennelle à Raqqada où il revêtit son titre et celui d'amîr al-mou'minîn. Toutefois, se montrant un souverain autoritaire et intolérant, veillant à une politique fiscale rigoureuse et voulant imposer le chiisme, il se heurta à forte opposition et eut, dès l'année 911, à déjouer un complot fomenté par des chefs Qutama et dans lequel Abû Abdallah lui-même avait trempé ; les conjurés furent exécutés. Pour mieux marquer le nouveau régime mis en place et ses objectifs dirigés vers l'Orient musulman, le mahdi se donna pour capitale Mahdiya, entre Sousse et Sfax, première capitale établie par les Arabes au bord de la mer.

L'État fatimide s'était progressivement imposé à toute l'Afrique du Nord, avec le contrôle des routes caravanières et le commerce avec les régions sub-sahariennes, ainsi le Soudan et son or. Disposant d'une puissante armée et d'une flotte importante héritée des Aghlabides, le souverain dut mater une révolte en Sicile avant de lancer contre l'Égypte trois expéditions consécutives (914, 916, 919), désireux qu'il était de se hausser au plan du califat abbasside. C'était dans les cadres privilégiés de cet Orient prestigieux que les Fatimides voyaient en effet leur avenir. Parlant des Berbères, le mahdi, plein de mépris, les traitait « de racaille et de canaille ».

Après le règne du mahdi (909-934), trois autres souverains fatimides devaient lui succéder : Abû al-Qâssim al-Qâim (934-946) – qui eut à lutter difficilement contre les insurrections kharidjites, dont le foyer était installé à Tâhert (Tiaret) – ; Ismaîl al-Mansûr (946-952). Quant au dernier, Al-Mu'izz, il ne passa qu'une partie de son règne en Ifriqiya, où il avait porté sa domination jusqu'à Fès, Ceuta et Tanger. Mais lui aussi n'avait que dédain pour ces populations : « Les habitants de ce pays, disait-il, sont les plus sauvages, les plus stupides et les plus sots qui soient, et Allah les a rendus humbles par sa politique digne d'éloge ». Sans abandonner pour autant sa suzeraineté sur l'Ifriqiya, mais confiant alors à Bulukkîn ibn Zîrî – éponyme de la dynastie – le soin de gouverner la province en son nom, il lança une expédition vers cet Orient tant espéré, où il allait fonder Le Caire (973) et inaugurer la dynastie des Fatimides d'Égypte.

Les Sanhâja, berbères montagnards du Maghreb central ont bénéficié du départ des Fatimides. Ziride lui-même et fils de Bulukkîn, Al-Mansûr (984-996) commença à se conduire comme un prince indépendant : « J'ai hérité ce royaume de mes pères et de mes aïeux » (Ibn Idhari). Son fils, Bâdis, qui lui succéda pour un règne de vingt et un ans (996-1016) entretint de bons rapports avec Le Caire, mais il eut à souffrir de son oncle Hammad. Celui-ci fit sécession et reconnut la suzeraineté des Abbassides. Ses successeurs étendirent leur domination sur tout le Maghreb central, de Tlemcen à Constantine, et fondèrent une capitale puissamment fortifiée, la Qal'a des Banû Hammad, au nord du bassin du Hodna.

Pour les Zirides, installés d'abord à Kairouan avant de se réfugier à Mahdiya (1057), la rupture avec les Fatimides serait intervenue en 1048, à l'initiative d'Al-Mu'izz ibn Bâdis (1016-1062), qui reçut alors du calife de Bagdad, en retour de son allégeance, le titre de « commandeur des croyants au gouvernement de tout le Maghreb ». En rompant avec son suzerain fatimide, Al-Mu'izz répudiait une domination politique et inaugurait ainsi l'ère de l'émancipation berbère. Le pouvoir en Ifriqiya se trouvait aux mains d'une dynastie maghrébine que les souverains zirides allaient diriger chez eux en toute indépendance avec le soutien du peuple. Mais les Normands, déjà établis en Italie méridionale et en Sicile, avaient projeté de longue date de s'installer au-delà de la Méditerranée et, en 1156, ils prenaient Mahdiya, l'ancienne capitale fatimide, où ils devaient se maintenir une douzaine d'années. On vit alors l'Ifriqiya partagée entre les Hammadides, les derniers Zirides, les Normands de Sicile et les princes hilaliens qui arrivaient et s'imposaient à leur tour.

À l'origine de l'« invasion » des tribus Banû Hilâl et Banû Sulaym

À suivre une longue tradition, l'envoi des tribus nomades arabes en Ifriqiya aurait été la réplique des Fatimides du Caire à la décision du Ziride al-Mu'izz de rompre ses liens de vassalité. Il s'ensuivrait ainsi que l'arrivée des Hilaliens remonterait à 1048. Il n'y a certes pas unanimité à accepter cette thèse, même si elle peut parfaitement satisfaire la logique de l'histoire. Une autre chronologie fait remonter cette rupture bien avant cette date et les premières victoires des Hilaliens remonteraient alors à cette époque antérieure.

Les Banû Hilâl suivis des Banû Sulaym – on a estimé à cinquante mille le nombre des guerriers et à deux cent mille le nombre des Bédouins quand ils arrivèrent – connus pour leurs pillages et que le calife fatimide avait relégués en Haute Égypte, furent lancés sur l'Ifriqiya (1051-1052). Des actes d'investiture des régions à occuper, villes et terres de parcours pour les nomades, véritables titres de propriété, furent distribués au nom des chefs de tribus. Munis de ces dotations territoriales – iqtâ' signifiant à la fois la pièce de terre et le droit de percevoir l'impôt sur les agriculteurs – par le calife fatimide, qui se considérait toujours comme le suzerain du pays rebelle, les émirs arabes à la tête de leurs guerriers, suivis de leurs familles et de leurs troupeaux, se mirent en route vers ce pays, cette Afrique romaine riche et fertile dont on gardait le mirage.

Pour enrayer cette avancée, Al-Mu'izz décida de se lancer contre eux avec son armée. Mais il subit un désastre à Haydarân, près de Gabès. Kairouan, sa capitale, pourtant fortifiée, résista pendant cinq ans, mais finit par être occupée. Les boutiques pillées, les édifices publics abattus, les maisons saccagées, « rien de ce que les princes Sanhâja avaient laissé dans leurs palais n'échappa à l'avidité de ces brigands » (Ibn Khaldûn, Berbères, 1, 37). De toutes les cités de l'Ifriqiya, la plus cruellement éprouvée fut sans doute Kairouan. De nombreux habitants, étouffés par les exigences des Bédouins avaient pris le chemin de l'exil : l'Égypte, la Sicile, l'Espagne, Fès accueillirent des bandes de fugitifs.

Les Zirides durent se réfugier à Mahdiya, prenant alors conscience de l'intérêt du littoral et de son ouverture sur le monde maritime. Les nomades continuaient à se répandre sur le pays, emmenant femmes et enfants. Outre la Tunisie, ils tenaient la majeure partie du Constantinois, en occupant les plateaux et les plaines, mais évitant les zones montagneuses, qui servirent donc de refuge aux indigènes évincés de leurs terres. La Grande Kabylie conserva son peuplement berbère, comme aussi la Petite Kabylie, mais la plaine maritime de Annaba comme l'arrière-pays de Tabarka étaient au pouvoir des « Arabes », comme on appelait les Hilaliens.

L'Ifriqiya était livrée à l'anarchie, et les Hammadides qui avaient tenté un moment de se faire des alliés de ces tribus en furent pour leurs frais. En effet, à force d'incursions dévastatrices, les Hilaliens arrachèrent au sultan Al-Mansûr (1089-1105) la moitié de ses récoltes, ce qui l'amena à déplacer sa capitale de la Qala'a à Bejaïa (1104), dans une région montagneuse, peu accessible aux nomades et qui, grâce à ses forêts, avait aussi l'avantage de pouvoir alimenter un chantier pour la construction navale. « Il y a un chantier, écrira El-Idrîsî (XIIe siècle), où l'on construit de gros bâtiments, des navires et des galères, car les montagnes et les vallées environnantes sont très boisées et produisent de la résine et du goudron d'excellente qualité. » (Description de l'Afrique, trad. fr. p. 105.) En réalité, la vie de la Berbérie orientale, et son activité économique en particulier, ont reflué vers le nord. La vallée de la Medjerda devint la seule route fréquentée par les marchands, se poursuivant vers l'ouest sans quitter le littoral.

Pour leur part, et bien que ne bénéficiant pas des mêmes conditions favorables, les Zirides entreprirent de se créer également une puissance navale. Ibn el-Athîr relate la malheureuse expédition lancée par Al-Mu'izz répondant à l'appel des musulmans de Sicile menacés par les Normands : en 1026, une tempête d'hiver engloutit toute une importante flotte dans les parages de Pantellaria : « Le désastre fut pour Al-Mu'izz une cause d'affaiblissement et servit d'autant les affaires des Arabes qui finirent par le dépouiller de ses États. » En 1087, sous Tamîn, fils d'Al-Mu'izz, trois cents navires cinglaient vers Al-Mahdiya, et les chrétiens, Pisans et Génois, encouragés par le pape Victor III, entrèrent dans la ville et la mirent à sac. Ils ne rembarquèrent qu'après avoir perçu une lourde indemnité. Sous Yahiâ (1108-1116), fils de Tamîn, le développement de la marine semble avoir été la principale préoccupation et, écrit Ibn Khaldûn : « Par ses courses maritimes, Yahiâ s'acquit une grande renommée. » S'il n'est jamais fait mention de conflits avec la Sicile et ses maîtres normands, c'est qu'il existait entre eux un pacte d'alliance tacite : les Zirides avaient tout intérêt à développer des échanges entre leurs ports et ceux d'outre-mer, les droits de douane alimentant leur trésor.

Ayant échoué dans leur tentative de s'installer durablement en Sicile et de se tailler un royaume d'outre-mer, les Zirides s'efforcèrent pendant quatre-vingt-dix ans de récupérer du moins une partie de leur royaume pour organiser des expéditions de piraterie et chercher à s'enrichir grâce au commerce maritime. Les Africains n'étaient d'ailleurs par les seuls à s'engager activement dans la piraterie maritime.

Le Sud constantinois fut abandonné aux nomades, et une partie de la tribu des Ma'qil, les derniers arrivés, se dirigea vers le Tafilalet. Pour empêcher les Hilaliens de poursuivre leur avancée vers l'ouest, les Hammadides comptaient sur les Zanâta de l'Oranie.

Aspects négatifs et positifs de l'arrivée des Hilaliens sur le Maghreb musulman

Les historiens arabes sont unanimes à considérer que la migration hilalienne fut l'événement le plus marquant du Moyen Âge maghrébin. Si ses conséquences furent sans doute négatives sur les plans politique – l'Ifriqiya éclatée en principautés rivales – et économique, force est de reconnaître en revanche que, plus qu'aucune autre, cette période marque un temps majeur pour le Maghreb musulman. Cette « invasion » des nomades ne fut pas marquée par de grandes batailles ni par une occupation militaire des régions recouvertes, mais plutôt par une progression diffuse de familles entières. L'afflux de ces populations étrangères rompait l'équilibre traditionnel entre Zanâta nomades et sédentaires berbères.

Au plan politique, la chute de Kairouan signifiait certes l'effondrement du pouvoir central ziride. Dépouillés de leurs privilèges et de leurs profits sur le commerce dans le Maghreb central, les Zanâta s'efforcèrent de retrouver les mêmes avantages en se déplaçant plus à l'ouest et, ne pouvant plus contrôler les axes routiers et caravaniers, ils vont compenser les dommages financiers par un contrôle fiscal plus strict des villes elles-mêmes. On voit ainsi de véritables petits fiefs s'instaurer à Sfax, Gabès, Gafsa, Bizerte. Cet effritement de l'Ifriqiya, conséquence de la disparition des Zirides, plongea le pays dans l'anarchie. Les autorités locales payaient tribut aux chefs hilaliens contrôlant leurs zones. Certaines levaient des impositions pour organiser des bandes armées chargées de protéger leurs sujets. La ville de Tunis ayant fait appel à l'émir de la Qala'a des Banû Hammâd pour qu'il lui envoie un gouverneur, un officier d'origine sanhâjienne assuma cette charge. Pour éviter les pillages des Hilaliens, il leur versait une redevance annuelle et, à la satisfaction de la population, créa ainsi une principauté indépendante et fonda la dynastie des Banû Khurâsân. Mais, comme Al-Mahdiya et les autres villes d'Ifriqiya, de Sfax à Tripoli, Tunis tombera au pouvoir de l'armée du sultan almohade Abd al-Mûmin lors de son expédition qui avait appareillé du Nord marocain en 1159.

Les conséquences économiques furent tout aussi dommageables, avec toutefois des aspects positifs. Dès leur arrivée, les Hilaliens s'étaient attaqués aux vastes terres de parcours qui s'étendaient en Ifriqiya, de Tozeur et du Jérid tunisien jusqu'au Sud oranais, refoulant du même coup les Zenâta nomades vers le Tell. Quant aux agriculteurs sédentaires, ils voyaient les troupeaux des intrus dévaster leurs cultures, saccageant leurs jardins. Leurs villages pillés, ils étaient contraints d'aller chercher leur sécurité dans les cités fortifiées. Les citadins eux-mêmes devaient recourir aux « envahisseurs » pour garantir, à haut prix, leur sécurité et leur ravitaillement.

Ces vues, opposant nomades Arabes aux Berbères, ont souvent été exposées pour tenter d'expliquer « l'immense catastrophe » qui s'abattit sur l'Ifriqiya et la frappa de paralysie. E. F. Gautier, dont la thèse d'une opposition fondamentale entre sédentaires et nomades est connue, pouvait ainsi écrire : « Le grand nomade a les instincts exactement inverses [de ceux du sédentaire]. Politiquement, c'est un anarchiste, un nihiliste, il a une préférence profonde pour le désordre qui lui ouvre des perspectives. C'est le destructeur, le négateur » (Histoire et historiens de l'Algérie, p. 31). On a déjà noté que les vues de Ibn Khaldûn n'étaient pas éloignées.

En réalité, il ne faut pas ramener l'Afrique du Nord à la seule Ifriqiya. En effet, les Hilaliens furent aussi recrutés comme mercenaires par des souverains et des chefs locaux de Berbérie. « Et cantonnés sur le point le plus menacé… Leur départ sera regardé comme une déplorable perte. Pour les fixer, on leur accordera des concessions » (G. Marçais, Les Arabes en Berbérie, p. 720). Sédentaires et nomades ne sont pas nécessairement opposés et ils peuvent même se comporter en associés. Si les Hilaliens ont souvent été présentés comme des éléments perturbateurs, il convient aussi d'en rechercher l'origine dans des organismes urbains anémiés. Sans parler d'une désorganisation politique et des querelles entre souverains et prétendants au pouvoir, Zirides et Hammadides, querelles dans lesquelles les Bédouins étaient utilisés par tel ou tel parti, ces nomades devenant alors un mal nécessaire.

Les troupeaux de ces « Arabes » s'adonnant au nomadisme comptent essentiellement des chèvres, des moutons et des ânes, animaux mieux adaptés que les bovins à la médiocrité des pacages trop secs, plus capables de supporter les longs déplacements. La transhumance leur fait gagner, pendant l'été les parcours du nord jusque dans le Tell où ils trouvent un peu d'herbe. La multiplication des chameaux, ou plus exactement des dromadaires – surtout à compter des IVe et Ve siècles, à partir de la Tripolitaine – va modifier les conditions de vie des pasteurs en leur permettant de s'avancer plus au sud. En somme, en renforçant par leur arrivée la population nomade des Berbères, et particulièrement les Zanâta, les Hilaliens ont été d'un poids négligeable au plan démographique, mais déterminant au plan culturel.

Les conséquences sociales et ethniques ont en effet marqué définitivement l'histoire du Maghreb. Si quelques groupes parmi les nomades immigrants conservèrent leur cohésion originelle, la plupart se sont progressivement fondus dans la grande masse des Berbères et disparaîtront en tant que groupes ethniques individualisés. Il s'ensuivra tout naturellement un métissage de la population berbère. Comme on sait, le sultan fatimide qui les avait envoyés en Ifriqiya avait fait distribuer à leurs chefs des actes de donation de fiefs, les iqtâ' : les Bédouins arrivent donc avec un titre de propriété, comme héritiers de l'ancien pouvoir politique et ne se considèrent nullement comme des étrangers.

Certes, les Hilaliens n'ont pas introduit en Afrique du Nord des genres de vie inconnus jusque-là, mais leur arrivée a rompu un certain équilibre auquel étaient parvenus les nomades et sédentaires berbères. Par ailleurs, de vastes domaines cultivés, qui vivaient jusqu'alors en symbiose avec les agglomérations urbaines dont ils ravitaillaient les marchés, retournent à la steppe ; cet arrêt des échanges commerciaux entraînera un marasme dans l'économie locale et les royaumes du Maghreb extrême vont l'emporter sur l'Ifriqiya.

Bien avant l'arrivée des Hilaliens, et à compter de la seconde moitié du VIIe siècle – Kairouan fut fondé en 670 – la Berbérie s'était certes ouverte à l'islam, mais la langue arabe classique était demeurée l'apanage des élites citadines et des gens de cour. Il ne faut pas en effet confondre islamisation avec arabisation. Avec l'invasion hilalienne, les dialectes berbères vont, sinon céder la place à la langue arabe, du moins devenir plus ou moins marqués par l'arabisation, à commencer par ceux de l'Ifriqiya orientale. Cet arabe dialectal, populaire et marqué de termes berbères, est issu de la langue des Bédouins Hilaliens, car ce sont eux, en effet, qui ont véritablement arabisé une grande partie des Berbères, à commencer par les Zanâta, à l'exception de ceux qui étaient fixés dans les zones montagneuses, comme l'Ouarsenis ou dans les oasis du Sahara septentrional, ainsi la pentapole du Mzab. Et ce ne fut pas le moindre apport de ces tribus envoyées par le calife fatimide d'Égypte.