lundi 31 août 2015

Témoignage d'une ex-musulmane

Une musulmane quitte une religion qui la renie en tant que femme.
R.B

Lu sur FB :

Je suis l'aînée d'une famille marocaine, première à être née sur le sol français et malgré l'analphabétisme de mes parents, ils m'ont inculqué ce qu'ils pensaient être le mieux, c'est à dire l'islam, celui qu'ils ont toujours connu : ne pas manger de porc, ne pas boire d'alcool et faire le ramadan. 

Mon père à bien essayé de nous apprendre à faire la prière mais avec son travail et nous avec l'école et nos devoirs, cela devenait compliqué; puis nous avons grandi. 

L'enseignement oral que mes parents ont "subi", ce ne sont que des détails sur l'enfer et la litanie des actes interdits qui y conduisent. C'est ce qu'ils nous ont également appris. 
J'ai donc grandit avec la peur de Dieu, avec la peur de mes propres pensées. 

En France certains de nos voisins musulmans ayant lu le coran, foutaient un complexe d'infériorité à mes parents qui les écoutaient respectueusement. 

Petit à petit de nouveaux interdits se sont installés chez nous.
C'est là que j'ai commencé à me poser des questions sur cette religion bizarre faite que d'interdits pour les filles.

Des années plus tard, pour la fête des mères j'ai offert à ma mère un bel agrandissement des photos de ses enfants. Elle était tellement contente d'avoir ce cadre avec ses quatre enfants dans le salon. 
Un jour alors que j'étais de passage chez mes parents, plus de cadre, plus aucune photos ! 

Mon père m'explique que le voisin lui a dit que c'était haram (interdit) parce que le sheitan (diable) pouvait s'emparer de nos âmes en pénétrant nos regards ! Je me suis énervée car moi aussi je sais lire et je leur ai demandé de me ramener ce voisin en question avec le verset où il avait lu une telle connerie. Bien sur mes parents ne l'on jamais fait. Cette religion leur a appris à respecter ceux qui ont lu le coran ou ceux qui prétendent l'avoir lu. 

Progressivement j'ai douté de l'islam, puis une année je n'ai pas fais le ramadan.
Waaaww ! J'étais vraiment pas bien du tout, je croyais tous les jours que j'allais mourir. Tiraillée entre deux feux, j'ai fait une dépression qui a duré 3 ans. 

Puis je me suis mise à lire le coran : quelle surprise, je cherche encore le paradis pour les femmes. Autant tout est prévu pour récompenser les hommes pieux qui trouveront dans le paradis un véritable bordel avec des houris, des éphèbes et de l'alcool qui coule à flot, autant rien n'est prévu pour les femmes pieuses ! Rien !! Bah !!! Wallou !!!! 
A moins que les vierges ce soient nous les femmes, enfin celles qui méritent le paradis pour avoir été forcées, violées et réduites en esclavage même au paradis ! 

Le pire, c'est la biographie du prophète, à la sexualité débridée et indécente que des théologiens doctement s'évertuent à nous justifier !
Édifiant tout simplement ! 

J'ai décidé de quitter totalement l'islam même si l'islam me poursuit, car même à plus de 35 ans, mes parents me font des rappels de temps en temps mais je ne peux pas leur avouer que je ne crois en rien, ils seraient tellement tristes d'autant qu'on leur a dit que si leurs enfants n'étaient pas de bons musulmans, malgré tous leurs efforts, ils iraient en enfer. 
Ils ont accepté l'homme de ma vie qui n'est pas musulman parce que je leur ai dit qu'il allait le devenir. Cela fais 10 ans que je leur mens et je sais que jamais je ne leur dirais la vérité.
Mes parents ont peur de l'enfer, ils vivent de l'islam au quotidien  : 5 prières par jours, disent incha'allah pour tout, bismillah avant de manger, hamdoullah pour glorifier Dieu, récitent la chahada avant de dormir, ma mère porte le voile depuis qu'elle est à la retraite et ils économisent pour faire le pèlerinage à la Mecque. Ils pensent même revoir leur parents au ciel... 

Je respecte mes parents mais je sais d'avance que je suis impuissante face à leur croyance car elle est encrée en eux depuis leur naissance. Je n'oublie pas non plus qu'en tant qu'apostât je suis condamnée à la mort et à l'enfer, selon leur croyance. 

La peur qu'on nous enseigne et qui prospère inconsciemment dans nos cerveaux depuis l'enfance, fait qu'on n'ose même pas penser que ceci est bidon. Même nos mauvaises pensées sont le fruits du sheitan

J'ai la chance de savoir lire et j'ai lu ! J'ai découvert que cette religion est faite uniquement pour les hommes. C'est pourquoi je ne comprendrais jamais ces femmes qui savent lire et qui ne comprennent pas cela, pour continuer à défendre l'islam et éduquer leurs enfants selon ce dogme misogyne.
Malheureusement je ne peux vivre mon athéisme au grand jour, je ne veux pas heurter ma famille : c'est aussi comme ça que j'ai été élevée. 
Je vis de mensonges mais me sens libérée malgré tout. 

De temps à autre je me dis que c'est peux être l'oeuvre du sheitan et que je risque l'enfer éternel puisque Dieu n'est pas si miséricordieux que ça, pour enfin me reprendre. 

Je vous remercie de parler et d'assumer, cela permet à ceux qui ne peuvent pas assumer de ne pas se sentir seul. 
Je n'ai pas le courage d'assumer mais je garde l'espoir de pouvoir le faire un jour. 

Merci pour les soutien que vous apportez. 
Merci à monsieur Waleed Al-Husseini *

Une athée qui souhaite garder l'anonymat même si au fond j'aimerai le crier au monde entier.

*  Conseil des Ex Musulmans de France - CEMF

Ecouter aussi Dr Wafa Soltane : 

LEÇON MAGISTRALE AUX BARBUS DE TOUS POILS : ICI UN FRÈRE MUSULMAN  !
Elle interpelle un barbu qui s'obstine à vouloir justifier toutes les turpitudes du prophète !
Elle dénonce les salafistes qui sacralisent les "salafs" (les compagnons du prophète et les premiers califes) plus que le prophète lui même et sacralisent leurs paroles plus que le coran lui même !

https://www.youtube.com/watch?v=8C3GzNdpHas&feature=youtu.be

https://www.youtube.com/watch?v=39j1f2HfHsg

https://www.youtube.com/watch?t=139&v=7VkZQ-citco

mardi 25 août 2015

A quand le réveil européen contre l'islamisme ?

Les occidentaux commenceraient-ils à se réveiller ? L'islamisme avec lequel jouent leurs dirigeants, commence à les inquiéter maintenant qu'il les vise eux aussi !
Les journalistes et les intellectuels en tiendront-ils compte pour cesser de plaider l'islamisme "modéré" qu'ils vendent aux tunisiens ?
R.B

Après l'attaque terroriste contrée du Thalys, la philosophe et historienne Alexandra Laignel-Lavastine pousse un coup de gueule. Elle estime que les autorités d'Europe ne prennent pas les mesures adéquates pour enrayer le phénomène jihadiste.

Ayoub El Khazzani, le sinistre individu qui a bien failli provoquer un bain de sang dans le Thalys Amsterdam-Paris ce vendredi 21 août — n'eût été le courage de trois jeunes Américains, dont deux militaires chevronnés —, fêtera ses 26 ans le 3 septembre. Encore «un enfant perdu du jihad» victime du racisme, de l'exclusion et de l'islamophobie ?
Probable. D'ici quelques jours, il est à parier que nous verrons fleurir quelques fines «analyses» de ce genre. Dans l'effrayant climat de déni bien-pensant qui continue d'entourer l'ampleur du danger islamiste en Europe — car c'est un fait, l'ennemi est désormais intérieur autant qu'extérieur —, rappelons en effet que la plupart de nos journaux se complaisaient, il y a encore un an, à reprendre en chœur cet euphémisme rassurant. Pieuse sidération. Un «enfant perdu», c'est mignon, cela suscite la bienveillance et la compassion. Et l'endormissement des consciences au passage, de quoi prolonger l'interminable sieste européenne. Du reste, un grand quotidien a choisi de traiter ce «fait divers» (?) en «société» et non dans ses pages internationales. Comme si nous n'avions pas affaire à un fléau désormais planétaire ; comme si Ayoub El Khazzani ne revenait pas de Syrie ; comme si quelque 10 000 jeunes musulmans d'Europe n'étaient pas désormais concernés par le jihadisme ; et comme si leurs mentors leur conseillaient à leur retour d'aller à la plage (encore que depuis la tuerie de Sousse…), au lieu de commettre des attentats contre un Occident honni et mécréant — aurait-on déjà oublié le décapité de l'Isère de la fin juin ?




dimanche 23 août 2015

BIZERTE DU TEMPS DE L'INSOUCIANCE ...

Bizerte et l'immeuble original du quartier de la plage ... 
Bizerte début du XX éme s
Un immeuble situé au carrefour de 3 rues, dont l'ex avenue de France et l'actuelle rue de Tunis. 
Marquant la limite entre le quartier "Latin" (français, italien, maltais) et le quartier "arabe" (andalous), celui de la médina et de son port de pêche.
Il est de style italianisant avec une très belle terrasse avec vue panoramique sur 360 ° !!
Il est entrain de tomber en ruine faute de budget d'entretien de la part de ses occupants et de celui de ses propriétaires !

Le rez de chaussée fut durant quelques années le siège et la salle d'entraînement de l’équipe du "Club Africain" de Bizerte aux couleurs jaune et noir.

Juste en face il y avait une fabrique de "Boga Cidre" ... une boisson au goût unique !

Dommage qu'un si beau patrimoine, que ce soit à Bizerte ou à Tunis comme dans d'autres villes de Tunisie, tombe en ruine et disparaisse dans l'indifférence générale et plus particulièrement celle de l'Etat !
"Le club des sport nautiques" de Bizerte ... et sa piscine d'eau de mer, où se déroulaient les matchs de water-polo, le long du chenal qui mène au chantier naval de Ferry-ville, l'actuel Menzel Bourguiba.

Rachid Barnat

Histoire de La Kasbah, centre du pouvoir de la Tunisie

M.A.B.A.
Directeur de recherches archéologiques
et historiques à l’Institut national du patrimoine

Pris dans la vertigineuse actualité qui caractérise la Tunisie depuis décembre 2010, les Tunisiens n’auront peut-être pas remarqué que les événements majeurs et les décisions cruciales d’aujourd’hui ont eu et continue d’avoir pour théâtre deux monuments emblématiques  de l’ancienneté de l’Etat dans notre pays : le Bardo et Dar el Bey.
Le premier fut, depuis l’émirat hafside (XIIIe-XVIes.), tour à tour résidence royale, siège officiel de la dynastie deux fois centenaire des beys et premier musée national ; siège de la première Assemblée constituante (1956), de l’Assemblée nationale, de la Chambre des députés puis, en 2011, de la deuxième Assemblée constituante et, depuis novembre 2014, de l’Assemblée des représentants du peuple.
Quant à Dar el Bey (connu aussi, jadis, sous le nom officiel de Sarayet el mamlaka, ou plus rarement de Dar Hammouda pacha et Dar- al Kasbah), il n’est pas en reste, puisque dès le XVIIe siècle, il n’a cessé d’incarner dans la médina de Tunis la présence du pouvoir central. D’abord comme résidence des beys mouradites (XVIIe siècle) puis, malgré leur préférence pour Le Bardo, comme symbole de la présence des beys husseïnites (1705-1957) dans leur capitale. En 1882, Dar el Bey devient le siège du premier ministère, fonction qu’il continue de remplir aujourd’hui.
 Voyage au cœur du Dar el Bey Palais du gouvernement, la Kasbah Tunis
Les origines

La fondation du palais est attribuée à Hammouda Pacha (1631-1663), le plus illustre des beys de la dynastie mouradite. Il n’est cependant pas exclu que celui-ci ait ordonné l’agrandissement et l’embellissement d’une résidence déjà existante. En effet, son contemporain et un de ses grands prédécesseurs à la tête du pays, Youssef Dey (1611-1637), avait entrepris un vaste programme d’aménagement urbain à proximité des souks et de la citadelle (connue sous le nom de Kasbah) dont sortirent de nouveaux souks, sa belle mosquée, sa médersa (lieu d’enseignement et d’hébergement pour étudiants). Il paraît donc difficile qu’il n’ait pas songé à utiliser ou à réaménager le vaste périmètre sur lequel est bâti aujourd’hui le palais du gouvernement. Toujours est-il que Dar el Bey est associé au bey Hammouda le Mouradite. Quant à l’extension du palais et l’édification de l’étage, elle est l’œuvre de son homonyme et lointain successeur Hammouda pacha le Husseïnite (1782-1814). Plus tard, des travaux de restauration, d’embellissement, d’agrandissement furent entrepris sous les règnes des beys Ahmed et Sadok au XIXe siècle.

Architecture et décor   

Dar el Bey est conçu selon le modèle traditionnel des demeures tunisoises dont les éléments essentiels sont la driba, les vestibules en chicane, le (ou les patios selon l’importance de l’édifice) et les salles de plan cruciforme. Le décor était, à l’origine, conforme au style en vigueur dans la Tunisie des XVIIe et XVIIIe siècles, c’est-à-dire élégant et sobre : emploi de matériaux locaux comme le calcaire (notamment dans le superbe patio à double portique à colonnes en kadhel) et de céramique fabriquée par les artisans potiers de Tunis (Qallaline), plafonds sculptés conformément aux canons de l’art islamique classique tels que les motifs à dominante géométrique connus en Andalousie sous le nom d’artesonados, la sculpture sur plâtre (naqsh hdida) ou encore les incrustations de céramique ou de pierre couvrant les murs.

Plus tard, à l’initiative des beys Hussein II, Ahmed et Sadok, une décoration plus riche et davantage marquée par les influences européennes fut réalisée à l’intérieur du palais comme l’attestent les plafonds peints à décor floral et végétal, ou bien encore les carreaux de céramique de facture italienne ou espagnole, par exemple. Ces modifications correspondaient à une évolution du goût de l’aristocratie tunisienne du XIXe siècle, séduite, comme à Istanbul, par le modèle italien. La même évolution toucha le mobilier de Dar el Bey, tout comme celui du Bardo et des résidences de Tunis et de ses environs.

Dar el Bey, constitue, de ce fait, un bel exemple de synthèse réussie entre deux styles et deux cultures, l’orientale et l’occidentale. Ce mélange harmonieux a été malheureusement gâté en divers endroits du palais à cause des extensions architecturalement médiocres, opérées dans l’urgence sous le protectorat puis dans les premières années de l’Indépendance.
Comme toutes les grandes demeures, Dar el Bey comportait, bien sûr, des dépendances et de communs (cuisines, logements annexes, écuries). En outre, des magasins situés dans le corps même du palais, ou bien en face, dans le souk el bey, étaient loués à des commerçants et leurs revenus reversés à une fondation habous ou wakf, créée, comme c’était l’usage, dans le but d’assurer l’entretien de l’édifice.

Affectations de Dar el Bey

Symbole architectural du pouvoir des beys dans la médina, Dar el Bey n’était cependant pas occupé à temps plein par les souverains. Les beys mouradites et surtout leurs successeurs husseïnites préférèrent ostensiblement le séjour au Bardo. Non pas pour prendre leurs distances par rapport à la population comme on a pu le croire, mais principalement pour se distinguer (et se protéger) des autorités politico-militaires comme le dey ou le Divan (Conseil de commandement) des janissaires qui résidaient  dans la Kasbah (Cette citadelle construite au XIIIe siècle par les émirs hafsides puis transformée en caserne française sous le protectorat a été démolie — à l’exception de la mosquée et de certaines parties des remparts — sur décision du gouvernement tunisien à la fin des années 1950. Elle occupait le quadrilatère de l’esplanade de l’Hôtel de Ville et alentours).

Aussi, Dar el Bey, en dépit de l’existence d’une salle du trône, n’accueillait-il les chefs du pays qu’en de rares circonstances. Le palais accueillait ainsi — quoique de manière irrégulière — la cérémonie bihebdomadaire du sceau, durant laquelle, les lundis et jeudis, le premier ministre soumettait à l’approbation du monarque les projets de décrets. Il arrivait cependant que cette cérémonie se tînt plus commodément dans le lieu de résidence du souverain, à La Marsa, par exemple, ou encore Hammam-Lif ou Carthage.

A partir du règne d’Ahmed pacha (1837-1855), Dar el Bey s’animait lors de la célébration du Mouled (anniversaire du prophéte) et de la Nuit du  27 ramadhan, lorsque le monarque, à l’occasion d’une visite solennelle à la grande mosquée de la Zitouna, se rendait à son palais de Tunis y organisait un banquet et y passait la nuit.
Les deux autres moments forts étaient constitués par la réception des deux Aïds lorsque le bey — après les trois jours de cérémonies officielles au Bardo — se rendait à Tunis pour y recevoir, à Dar el Bey, les vœux de la population.

Souvent disponible, Dar el Bey servait, de ce fait, à l’accueil des visiteurs de marque. C’est ainsi qu’en 1816, Caroline de Brunswick, épouse du roi d’Angleterre George IV, et en 1845, le duc de Montpensier, fils du roi Louis-Philippe, puis, plus tard, ses frères, le prince de Joinville et le duc d’Aumale y furent tour à tour logés. En 1860-61, le prince Napoléon (cousin de l’empereur Napoléon III), le prince de Galles, le prince héritier d’Allemagne Frédéric, et Humbert, futur roi d’Italie, séjournèrent à Dar el Bey. Des hauts dignitaires ottomans, envoyés spéciaux du sultan, y furent également accueillis. Tous ces grands personnages jouissaient dans ce palais du confort et de l’apparat conformes à leur rang et à l’hospitalité tunisienne.

La première décision relative à l’affectation du palais beylical de Tunis à des institutions de l’Etat remonte à l’ère des réformes du Pacte fondamental de1857 et de la Constitution de 1861 lorsqu’une salle du palais fut réservée au Majliss al akbar ou Grand Conseil, sorte de haute assemblée consultative. C’est de cette époque, plus précisément sous le règne de Sadok Bey (1859-1882), que date l’installation d’un trône beylical dans ce palais.

A ce propos, il convient de signaler qu’auparavant, la municipalité de Tunis fut installée temporairement dans une partie du Dar el Bey, après qu’elle eut quitté Dar Husseïn où elle s’était initialement établie, à sa création en 1858.

Dans un tout autre registre, Dar el Bey rendit encore d’éminents services à un Etat beylical soucieux d’introduire des réformes dans différents domaines. Ainsi, en 1875, lorsque le collège Sadikii premier établissement d’enseignement moderne, fut créé à l’initiative du ministre réformateur Khérédine, on décida que les examens se tiendraient à Dar el Bey. Plus tard, on fit de même, pendant quelques temps pour l’examen final de l’enseignement de la grande mosquée Zitouna. La présence des plus hautes autorités universitaires et du Premier ministre lui-même ajoutait à la solennité de l’événement, ce qui ne devait pas manquer d’impressionner les jeunes élèves !

Le siège du gouvernement

A partir de 1882, le Premier ministère et l’administration centrale et régionale (dont le principal département était la «Section d’Etat» - al Qism al awwal - qui, jusque-là étaient au Bardo, furent installés à Dar el Bey. La chancellerie beylicale dirigée par le bash-kateb, wazir al qalam (ministre de la Plume) fut également transférée dans ce palais. L’inauguration des nouveaux services fut faite par Ali Bey en mars 1883. Plus tard, au cours du XXe siècle, certains ministères nouvellement créés vinrent augmenter le nombre de services administratifs à Dar el bey, comme le ministère du Travail, l’éphémère ministère des habous, ou, temporairement, le ministère des Affaires sociales.

Institution typique du protectorat, le Secrétariat général du gouvernement, créé en 1883 et dirigé par un haut fonctionnaire français, eut également ses bureaux au Dar el Bey. D’autres services administratifs furent installés au cours du XXe siècle dans ce palais devenu ainsi le centre de décision de l’Etat tunisien et de contrôle de cet Etat par les autorités coloniales : on y trouvait la Direction de la sûreté qui y resterait jusqu’à l’édification, à la fin des années 1950, du bâtiment de l’avenue Jules-Ferry (aujourd’hui ministère de l’Intérieur, avenue Habib-Bourguiba). Citons aussi les Archives générales du gouvernement tunisien (AGGT) dont la salle de lecture fut curieusement installée, longtemps, au beau milieu du splendide tombeau familial du dey Ahmed Khodja (XVIIes.), incorporé au palais, sans doute à la suite de travaux d’extension. L’imprimerie officielle, créée en 1860 et logée elle aussi à Dar el Bey, fut, pour sa part, installée dans les anciennes écuries du palais.

A l’indépendance, en 1956, Habib Bourguiba, nommé, en avril de la même année, par Lamine Bey, Premier ministre et président du conseil, perpétua la tradition et même lorsqu’il devint président de la République en 1957, il continua de travailler au Dar el Bey, jusqu’à 1963, date à laquelle il installa ses bureaux au palais de Carthage. De sorte que les grandes décisions historiques telles que l’abolition des habous, la réforme de la justice, le Code du statut personnel furent prises au Dar el Bey.

Siège du Premier ministère, Dar el Bey abrita également le ministère des Affaires étrangères. On y trouvait aussi le ministère de l’Intérieur (on disait alors secrétariat d’Etat à l’Intérieur) qui y resta jusqu’en 1965, date à laquelle il emménagea dans le bâtiment actuel situé à l’avenue Bourguiba.

A l’heure actuelle, Dar el Bey abrite toujours le Premier ministère, ainsi que certaines administrations qui relèvent de son autorité directe comme le Mufti de la République et la Fonction publique. Outre, l’usage — déjà ancien — de la réunion des conseils interministériels se tient aussi, de nouveau depuis le protectorat et les premières années de la République tunisienne, dans ce palais presque quatre fois centenaire, le Conseil des ministres.

samedi 22 août 2015

La leçon grecque

La Grèce de Sypras : Une occasion perdue pour l'UE pour une dialectique retrouvée entre l’Etat et son peuple !
Malheureusement ce sera l'Europe des banques avant l'Europe des peuples ... et les banquiers continueront à mener le monde.
R.B
En juillet, au lendemain du non au référendum grec, le philosophe Alain Badiou espérait, dans «Libération» qu’une nouvelle séquence s’ouvrirait. Quelques heures avant la démission d’Aléxis Tsípras, il déplorait que cette occasion politique «unique» ait été manquée par le Premier ministre grec et ses conseillers.
1 - On avait cru comprendre que Syriza, vainqueur des élections en Grèce, avait pour mot d’ordre un vigoureux «non» à l’austérité ; qu’il allait donc refuser catégoriquement toutes les conditions antisociales, régressives, portant atteinte aux principes les plus élémentaires de l’aspiration à l’égalité et à une vie populaire acceptable, dont les autorités financières diverses et leur couverture européenne faisaient la condition de leurs prêts. Beaucoup se réjouissaient alors de la possibilité qu’émerge, en Europe, une orientation politique enfin absolument différente du consensus réactionnaire dans lequel tous les Etats, depuis trente ans, maintiennent leurs opinions publiques, de gré ou de force.
2 - Bien entendu, on pouvait déjà trouver bien des arguments pour modérer cette espérance. Ne serait-ce que ce mot très malheureux, «austérité», qui laissait entendre qu’on pourrait avoir son contraire (qui est quoi ? le «bien-être» ?) sans changer grand-chose. Alors que tout semblait indiquer que les adversaires, les gens au pouvoir et leurs commanditaires de l’économie sauvage mondialisée, n’avaient pas la moindre intention de changer quoi que ce soit, et entendaient même consolider et aggraver la tendance dominante dont ils sont les gestionnaires et les profiteurs. On remarquait aussi le péril que représentait l’acceptation, pour parvenir au pouvoir, de règles immuables : élections, majorités incertaines, peu de contrôle sur l’appareil d’Etat, encore moins sur les puissances financières, tentation organisée du compromis corrupteur, bref, une marge de manœuvre très étroite. Et enfin on voyait que Syriza n’entretenait pas vraiment, avec la masse des gens, des liens politiques étroits et organisés : son succès était un succès d’opinion, versatile par définition, et surtout incontrôlé, sans garantie contre l’assaut, interne comme externe, des opportunismes pour lesquels parvenir au pouvoir et y rester est la seule règle. Pour toutes ces raisons, j’appartenais au camp des sceptiques.
3 - Je dois avouer qu’autant les cinq mois de «négociations», sans que le gouvernement Tsípras prenne quelque initiative spectaculaire que ce soit, étaient décourageants et donnaient raison à mon pessimisme argumenté, autant la décision de recourir au référendum et plus encore son excellent résultat (un «non» franc et massif aux créanciers) pouvaient être interprétés comme ce qui allait ouvrir, enfin, une séquence politique absolument nouvelle. Il semblait qu’une véritable aventure soit à l’ordre du jour, dans une dialectique retrouvée entre l’Etat et son peuple. J’ai témoigné dans ces colonnes de cette espérance (1).
4 - Nous pouvons dire qu’il n’en était rien, et que notre jugement a été trompé.
5 - Qu’imaginait-on, semble-t-il à tort, qu’il puisse se passer ? Eh bien, tout simplement, que le gouvernement grec et qu’Aléxis Tsípras définissent une nouvelle étape de leur politique, en décidant de tirer les conséquences du référendum et de lui seul. Ce qui revenait à dire : il y a désormais un mandat populaire impératif pour refuser, catégoriquement - et conformément du reste au noyau dur du programme de Syriza - les mesures demandées par les créanciers. Et cela devait être dit, non seulement sans déclarer que la Grèce quittait l’Europe, mais, tout au contraire, en déclarant explicitement et fortement qu’elle restait dans l’Europe - comme le veulent la majorité des Grecs. Et que les décisions grecques à venir, prises par l’Etat sous l’autorité et la surveillance d’un peuple mobilisé, donneraient, à tous les peuples et à tous les gouvernements, l’exemple d’une nouvelle et libre manière d’être dans l’Europe.
6 - Il était, dans la foulée du référendum, possible de renvoyer la balle dans le camp des eurocrates, en ces termes : nous sommes dans l’Europe et dans l’euro, mais nous sommes mandatés par notre peuple pour un refus catégorique de vos conditions. Il faut reprendre la négociation sans répéter la grave erreur de ces conditions, lesquelles, le référendum le montre, travaillent contre l’Europe des peuples et non pour elle. Cela devait faire l’objet d’une déclaration solennelle le soir du référendum, en soulignant avec force les trois points : aucun refus de l’Europe, aucune acceptation des conditions posées pour payer des dettes économiquement injustifiées et impayables, un nouveau chemin ouvert à tous pour une Europe des peuples et non des banques.
7 - Une politique n’existe que si on substitue, au problème posé par l’adversaire, un problème différent. L’adversaire dit : ou bien vous m’obéissez, ou bien vous quittez l’Europe. C’est lui et lui seul qui constitue et brandit le Grexit. Le gouvernement grec ne doit aucunement répondre en jouant la même pièce de théâtre que celle des Européens, avec la méchante maman allemande, le gentil mais timide papa français et le mauvais petit gamin grec, pièce de théâtre dans laquelle, hélas, il semble que Tsípras se soit en définitive installé. Pourquoi ne pas répondre inlassablement : «le Grexit n’est pas dans notre horizon. Il n’en est pas question. Notre problème est : ou vous changez vos conditions après négociation, ou nous inaugurons, dans l’Europe, dont vous n’avez aucun moyen de nous exclure, et en assumant toutes les conséquences, une autre façon de traiter la crise, autre façon à laquelle nous proposons que se rallient tous les gouvernements s’il y en a qui en sont capables, et toutes les forces politiques disponibles dans l’Europe tout entière» ?
8 - Autrement dit ; il n’y avait peut-être pas, quant à la question monétaire, de plan B immédiatement praticable (et encore, ce n’est pas du tout certain), mais il y avait, et il fallait le porter sans faiblir, un problème politique B, irréductible au problème «vous acceptez, ou c’est le Grexit !». Telle n’a pas été l’attitude de Tsípras et du groupe qui le conseille et le soutient. Ils ont accepté de jouer le rôle de l’élève capricieux, mais qui fera des progrès, dans la pièce de théâtre montée par le sérail capitaliste européen. Ils se sont, lentement mais sûrement, installés dans les termes du problème adverse, et ils continuent jour après jour à le faire, uniquement pour faire croire qu’il est bon qu’ils soient au pouvoir plutôt que les autres partis grecs (autres partis avec lesquels ils vont gouverner bientôt !). En réalité, si les choses sont comme ils disent eux-mêmes qu’elles sont, partir serait plus digne, et préparerait infiniment mieux l’avenir. Ce genre de capitulation est pire que la complaisance molle et abjecte des gouvernements antérieurs, parce qu’elle affaiblit un peu plus l’idée, déjà très malade en Europe, d’une véritable indépendance politique, et cela pour des gains insignifiants, voire même au prix d’une sensible aggravation de la situation populaire.
9 - Dans toute cette affaire, le référendum, et lui seul, créait une situation que je dirais pré-événementielle. Le gouvernement en appelait au peuple. Le peuple répondait positivement, et attendait que le gouvernement réponde à sa réponse dans le registre de l’acte. C’était un moment unique. Aléxis Tsípras a «répondu» en disant… qu’il continuait à faire comme avant. Il a refusé toute pertinence, dans le registre de la décision politique, à cela même qu’il avait organisé. Ce qu’on peut dire d’une telle attitude n’est pas même une question de droite ou de gauche : Tsípras et ses conseillers se sont montrés incapables de faire ce qu’ont pu faire, je ne parle même pas des grands révolutionnaires, mais des conservateurs comme de Gaulle ou Churchill. Ils n’ont pas voulu ou pu prendre - ce qui est rare, c’est vrai - une décision politique véritable : celle qui crée une possibilité neuve, dont il va falloir explorer les conséquences, en mobilisant pour ce faire, bien au-delà des seules autorités politiques, tous ceux qui sont saisis par l’urgence de l’acte. Ils n’ont pas adopté envers les bureaucrates européens le style de Mirabeau et des députés du tiers état en 1789, sommés par le roi de se disperser : «Nous sommes comme vous dans l’Europe et l’euro. Contrairement à vous, nous sommes porteurs, par la volonté du peuple, d’une autre vision et de l’Europe et de l’euro. Si vous voulez le Grexit, dites-le clairement, et essayez donc de nous l’infliger par la force !».
10 - Bref : la faute, à mes yeux, de Tsípras et de son groupe est, tout simplement, de n’avoir pas fait de politique quand, miraculeusement, et peut-être pendant quelques heures (le soir du référendum ?) il dépendait d’eux d’en faire. Après ce manquement, je crains que nous retournions au micmac ordinaire : la Grèce ne signifiera plus rien pour personne, elle paiera ce qu’elle peut, les gens seront un peu plus démoralisés et misérables, et on oubliera tout cet épisode dans le grand chambardement du capital planétaire.
11 - S’il y a un enseignement des grands moments de l’histoire, c’est que l’occasion politique est rare, et qu’elle ne revient pas. Depuis le XIXe siècle, on peut dire que la social-démocratie se définit ainsi : ne jamais saisir en acte l’occasion rare de faire exister une possibilité politique neuve. Mais au contraire, travailler avec acharnement à faire comme si cette occasion n’avait jamais existé. Aléxis Tsípras et son équipe gouvernementale sont-ils les nouveaux sociaux-démocrates, dont le capitalo-parlementarisme a grand besoin, vu la vilenie constante et fatiguée des anciens ? Si c’est le cas, si c’est tout simplement, pour l’ordre établi et pour sa garde à gauche, l’heure parlementaire de la relève, n’en parlons plus. Si de nouvelles péripéties, incluant la structuration et la montée en puissance de la fraction de Syriza opposée au cours actuel des choses, montrent que la recherche d’une nouvelle voie politique à échelle de l’Europe, voire du monde, est encore vivante en Grèce, nous nous en réjouirons sans arrière-pensées.


Laïcité pour moi, islamisme pour mon pays ! Telle semble être la devise des islamistes

L'islamisme se répand en Algérie avec la complicité du pouvoir en place ... tout comme en Tunisie !
R.B

Comme dans une jungle ! J’ai peur pour mon pays. 
La sédition el-fitna, il n’y a pas d’autre mot, pointe son nez. 
J’ai peur pour les enfants d’Algérie. 
Le monstre montre ses crocs, et j’ai peur pour mon pays. 

Petit à petit, en douceur, par la ruse, face au silence de l’État de droit et dans l’absence de rigueur de l’État de droit, les islamistes salafistes, les islamistes aventuriers, les islamistes violents, les islamistes extrémistes, toutes les couleurs confondues, gagnent de l’espace. 

Les rongeurs prennent les ailes ! Rongent la vie quotidienne des algériens. Rongent les rues des villes. Rongent les plages. Rongent les mosquées. Rongent l’espace politique. Rongent l’espace médiatique. Rongent la géographie. Rongent la langue. Rongent le rêve. 
Vident la vie de son souffle humain. Vident les visages de tout sourire. 
Ils s’imposent, s’installent sur tous les fronts. Partout ! Nous sommes comme dans l’avant-guerre. La presque-guerre. L’heure psychique annonciatrice de la tempête. Pour ne pas dire le déluge ! 

Après l’appel à l’exécution d’un écrivain, après l’insulte d’un film, après l’appel à la destruction du tableau "Les femmes d’Alger" de Picasso ! ... des imams réclament une police des mœurs. 

Un État religieux dans un autre républicain ! C’est la fitna, il n’y a pas d’autre mot, qui frappe à nos portes ! On prie sur les plages, prière collective et mixte ! Comme un exercice pour prouver leur force ! J’ai peur pour mon pays ! La honte pour les martyrs ! 

Il y a de cela quelques jours à Mostaganem, selon la presse algérienne, des anciens éléments de l’AIS (l’armée islamique du salut) ont organisé leur «université d’été» 2015 selon le calendrier grégorien, 1436 selon le calendrier de l’Hégire ! Ils ont osé, les barbus ! 
Les loups sont de retour dans la forêt ! La forêt est de retour dans la ville ! Comme dans une jungle ! Après Jijel, l’année dernière, les fantômes ont débarqué, cet été, à Mostaganem, ville mémoire du théâtre amateur ! 

Et j’entends les voix des fils de cette belle ville tirant la sonnette d’alarme. 
Les Mostaganémois, les poètes, les paroliers, les musiciens, les peintres, les cinéastes, les spirituels, et ils sont nombreux : Mohamed Khadda, Abdallah Benanteur (peintres), Sidi Lakhdar Benkhlouf et Cheikh Abdelkader Bentobdji auteur du poème Abdelkader Ya Boualem (poètes), Ould Abderrahmane Kaki, Si El Djilali Benabdelhalim, Djamel Bensaber (dramaturges). Cheikh Djilali Aïn Tadlès, Bouguirat, Maazouz Bouadjadj (musiciens), Kamel Daoud, Habib Tengour et Mansour Benchehida (écrivains), cheikh Bentounès (religieux), le réalisateur Mohamed Chouikh… 

La pollution idéologique, cet été, a touché son plafond, à Mostaganem ! 
Et j’ai peur pour mon pays. 

Parce que nous sommes une société construite dans l’hypocrisie. Tous les genres d’hypocrisie : politique, religieuse, culturelle, linguistique, sentimentale, conjugale, cérébrale, commerciale. 

Les islamistes du Maghreb comme ceux du Machreq appellent à la création d’un État islamique dans leurs pays fatigués par les corruptions, les fraudes, les mensonges, les maladies et en contrepartie rêvent de vivre dans un pays laïc et occidental !

L’histoire nous a appris que, dès que les islamistes sanguinaires sont chassés de leurs pays, au nom des droits de l’Homme, trouveront refuge dans les pays laïcs ! Chez l’Occident athée ! Ils trouveront du pain chez les mangeurs de cochon ! Les plus durs des fanatiques, les plus durs des salafistes, les plus durs des chefs islamistes appellent à l’application de la charia islamique dans leurs pays et rêvent de vivre, eux et leurs enfants, dans un pays laïc. 

Et même dans ces pays laïcs d’accueil, profitant de la liberté d’expression et de la démocratie des pays occidentaux, ces fanatiques sans respect pour les valeurs de la démocratie, sèment le désordre et la peur universelle. 

J’ai peur pour mon pays ! 
J’ai peur pour l’humanité aussi !!


vendredi 21 août 2015

RÉCONCILIATION NATIONALE ou AMNISTIE GÉNÉRALE ?

Article paru dans : Kapitalis

Certains invoquent la réconciliation en Afrique du Sud, en Allemagne ... pour admettre celle que leur proposent Béji Caïd Essebsi & Nidaa Tounes, à travers un projet de loi qui va être examiné par l'assemblée nationale :

Or il ne faut pas confondre :
- La réconciliation entre deux "races" que l’apartheid a séparées; comme celle voulue par Nelson Mandela pour l'Afrique du Sud;
- La réconciliation politique allemande d'un peuple que le communisme avait divisé !
- Alors qu'en Tunisie, il s'agirait plutôt d'une "réconciliation" entre mafieux : ceux d'avant 2011 avec ceux de la troïka arrivée au pouvoir depuis ... et qui seront absouts de tous leurs abus et vols des biens publics !!

On ne peut parler de réconciliation que dans un pays où de graves divisions idéologiques menacent de conduire à une guerre civile et de mettre le pays à feu et à sang. Cela n'a pas été le cas de la Tunisie. Dans ce pays il y a eu seulement des personnes qui se sont enrichies par la corruption, par les malversations, par l'instrumentalisation des services de l'Etat. Ce fut le cas du clan de Ben Ali, de sa belle famille Trabelsi et de leurs proches qui, a des degrés divers, ont profité de la pourriture à la tête de l'Etat. Mais aussi celui du clan des revanchards sortis de leur tanière après le 14 janvier 2011 pour faire payer aux tunisiens un militantisme qu'ils ne leur ont pas demandé, et qui considèrent la Tunisie comme leur butin de guerre ... une guerre qu'ils tentent de déclencher artificiellement en essayant de diviser un peuple uni ! 

Par ailleurs qui peut croire à une réconciliation entre deux conceptions de la société diamétralement opposée ? Une telle "réconciliation " consisterait en un ensemble de demi-mesures et sûrement en une régression pour le pays.

Y a-t-il eu "réconciliation" entre le communisme et le capitalisme ? Non, car le communisme a disparu.
Pouvait-il y avoir "réconciliation" entre le nazisme, le fascisme et la liberté ? Non plus, car le nazisme et le fascisme ont disparu.

Alors que cache ce  mot de réconciliation dont se gargarisent certains de nos hommes politiques au pouvoir et que reprennent en chœur les frères musulmans et leurs amis pan islamistes et pan arabistes ?
Si cette loi de réconciliation nationale rencontre, pour une fois, l'adhésion des Frères musulmans nahdhaouis; ce n'est pas un hasard ! Ils jouent la grandiloquence de ce concept qui n'est pour eux qu'une amnistie pour leur malversation quand ils étaient au pouvoir.

La logique aurait été de limiter cette amnistie à la période Ben Ali et aux personnes les moins corrompues (reste à placer le curseur de la gravité de la corruption). Or il faut bien préciser aux tunisiens que cette amnistie concerne aussi la période de la troïka. Ce qui est choquant et révoltant alors que le 14 janvier 2011 se voulait une date de rupture avec l'ancien régime et ses pratiques mafieuses ! 

Ce fait est lourd de signification car il met en évidence que pendant le pouvoir de la troïka les malversations, la corruption et le népotisme ont continué de plus belle, ce que savent d'ailleurs bien les Tunisiens. 
Que de vouloir de cette loi dite de "réconciliation nationale", est en soi un aveu extraordinaire de la part des Frères musulmans nahdhaouis; et c'est la raison pour laquelle ils la soutiennent fermement :
- Quand on sait qu'ils ont vidé les caisses de l'Etat, dilapidé (?) les crédits consentis à la troïka au pouvoir,
- Quand on sait les fortunes subites des responsables politiques des partis de la troïka, celles de leurs proches et amis,
- Quand on sait les biens immobiliers et fonciers acquis avec un argent sorti on ne sait où ... alors que tous ces pseudo militants assurent être pauvres; puisqu'ils ne pouvaient pas travailler à cause de Ben Ali, clament-ils à longueur de discours populistes !


Il ne s'agit pas de réconciliation au sens où l'envisage les instruments internationaux mais tout simplement d'une mesure pratique d'amnistie pour ne pas écarter du pouvoir ceux qui avaient volé dans les caisses de l'Etat.
L'argument selon lequel ces personnes qui ont profité d'un "système mafieux" instauré par l'Etat lui-même, peuvent être utiles au pays et à son développement économique est recevable. 

Mais cette amnistie n'est acceptable que si, dans le même temps, le pouvoir se donne les moyens de lutter énergiquement et délibérément contre la corruption d'avant le 14 janvier 2011 mais aussi contre celle de la troïka quand elle était au pouvoir. 
Sinon elle sera perçue comme une autorisation de continuer les pratiques mafieuses ! Et ce serait calamiteux !!

Enfin quelles seront les limites à cette amnistie ? Va-t-elle aussi s'appliquer aux candidats aux élections dont il est maintenant avéré que certains ont été financés par des pays étrangers ? Au passage on ne peut que s'étonner de l'attitude de la Cour des Comptes qui établit les faits de financement extérieur mais ne dit pas quels candidats s'en sont rendus coupables. Pourquoi ? Les citoyens ont le droit de savoir. Cela se saura de toute manière. 
Ce secret n'est guère un bon signal. Cette violation des règles de l'égalité en matière électorale est extrêmement grave. Elle constitue, une véritable trahison du pays car le candidat se soumet de facto au pays étranger qui l'a financé. Il s'agit d'une haute trahison passible de la cour martiale. Va-t-on aussi, dans le même mouvement passer sur cela aussi ... et embrassons-nous Folleville ? Ce serait tout simplement très choquant.

Rachid Barnat


PS : La loi d’amnistie voulue par BCE et ses failles : 

Un désaveu clair et motivé du projet "bâclé sur le plan juridique" de Béji Caïd Essebsi, par la Commission de Venise !!


Projet de loi sur la réconciliation :


        Article       1        الفصل       

يندرج هذا القانون في إطار تهيئة مناخ ملاءم يشجع على الاستثمار وينهض بالاقتصاد الوطني ويعزز الثقة بمؤسسات الدولة. ويهدف إلى إقرار تدابير خاصة بالانتهاكات المتعلقة بالفساد المالي والإعتداء على المال العام تفضي إلى غلق الملفات نهائيا وطيّ صفحة الماضي تحقيقا للمصالحة باعتبارها الغاية السامية للعدالة لانتقالية.

        Article       2        الفصل       

توقف التتبعات أو المحاكمات أو تنفيذ العقوبات في حق الموظفين العموميين وأشباههم من أجل أفعال تتعلق بالفساد المالي وبالاعتداء على المال العام باستثناء تلك المتعلقة بالرشوة وبالاستيلاء على الأموال العمومية.

 

        Article       3        الفصل       

يمكن لكل شخص حصلت له منفعة من أفعال تتعلق بالفساد المالي أو بالاعتداء على المال العام تقديم مطلب صلح إلى لجنة مصالحة تحدث برئاسة الحكومة يشار إليها فيما يلي باللجنة، وتتركب من:
– ممثل عن رئاسة الحكومة : رئيس.
– ممثل عن الوزارة المكلفة بالعدل،
– ممثل عن الوزارة المكلفة بالمالية،
– عضوان عن هيئة الحقيقة والكرامة،
– المكلف العام بنزاعات الدولة أو من يمثله.
يتم تعيين أعضاء اللجنة في أجل 10 أيام من تاريخ نشر هذا القانون بقرار من رئيس الحكومة باقتراح من الهياكل المعنية يتضمن دعوتهم للاجتماع في أجل 15 يوما. ولا يحول عدم تعيين عضو او أكثر باللجنة دون تكوينها شريطة أن لا يقل عدد أعضائها عن أربعة.
للجنة أن تستعين بأشخاص من ذوي الخبرة والاختصاص.
تجتمع اللجنة بدعوة من رئيسها ولا يكتمل النصاب إلا بحضور أغلبية أعضائها وتتخذ قراراتها بالتوافق وإن تعذر فبأغلبية الأصوات وعند التساوي يكون صوت الرئيس مرجحا .


        Article       4      الفصل       

تتعهد اللجنة بمقتضى مطلب يقدّم من المعني بالأمر في أجل أقصاه 60 يوما من تاريخ نشر قرار تعيين أعضائها. وتبت في مطالب الصلح في أجل لا يتجاوز ثلاثة (3) أشهر من تاريخ توّصلها بها يمكن التمديد فيه بقرار معلل لنفس المدّة مرة واحدة.
يتضمن المطلب وجوبا بيان الوقائع التي أدت إلى تحقيق المنفعة وقيمتها ويكون مرفوقا بالمؤيدات المثبتة لذلك.
يعتبر القيام أمام اللجنة عملا قاطعا لآجال التقادم ويتوقف نظر الهيئات القضائية في النزاعات المنشورة أمامها مع اتخاذ الإجراءات والتدابير اللازمة لضمان عدم الإفلات من العقاب طيلة فترة تنفيذ الصلح.
وعلى اللجنة أو أحرص الأطراف إعلام الجهة القضائية المتعهدة بملف القضية بتعهد اللجنة بنفس الملف.


        Article       5        الفصل       

تقدر اللجنة قيمة الأموال المستولى عليها أو المنفعة المتحصل عليها بعد التثبت من صحة المعطيات الواردة بمطلب الصلح ويمكنها للغرض المطالبة بالوثائق الضرورية والقيام بكل إجراء تراه مناسبا. ولا يجوز معارضتها بالسر المهني.
يتم الصلح بمقتضى قرار يمضى من رئيس اللجنة و من المعني بالأمر مقابل دفع مبلغ مالي يعادل قيمة الأموال العمومية المستولى عليها أو المنفعة المتحصل عليها تضاف إليها نسبة 5 % عن كل سنة من تاريخ حصول ذلك.
ينص قرار الصلح وجوبا على طبيعة الأضرار وقيمتها وعلى قبول الأطراف به واعتباره نهائيا غير قابل لأي وجه من أوجه الطعن أو الإبطال أو دعوى تجاوز السلطة.
لا يسري الصلح إلاّ في حدود ما تمّ التصريح به والتصالح في شأنه.


   Article       6        الفصل       

يتم خلاص المبلغ المضمن بالقرار لدى صندوق الودائع والأمانات مقابل وصل يسلم للمعني بالأمر و يودع بحساب خاص يتمّ فتحه بالصندوق الذي يتولى توظيفه في مشاريع البنية التحتية أوالتنمية الجهوية أو البيئة والتنمية المستدامة أو تدعيم المؤسسات الصغرى والمتوسطة أو أي مشاريع أخرى ذات صبغة اقتصادية بمناطق التشجيع على التنمية الجهوية. يخضع استعمال المبلغ المشار إليه أعلاه إلى رقابة دائرة المحاسبات التي ترفع تقريرا في ذلك إلى كل من : رئيس الجمهورية ورئيس مجلس نواب الشعب ورئيس الحكومة.
ويترتب عن تنفيذ بنود الصلح انقراض الدعوى العمومية أو إيقاف المحاكمة أو إيقاف تنفيذ العقوبة. ويسلم الوكلاء العامون لمحاكم الاستئناف للمعني بالأمر شهادة في ايقاف تنفيذ العقوبة بعد إدلائه بوصل الخلاص المذكور أعلاه.


      Article       7        الفصل       

يتم العفو عن مخالفات الصرف المرتكبة قبل تاريخ دخول هذا القانون حيّز التنفيذ والآتي ذكرها :
أ ـ عدم التصريح بالمكاسب بالخارج،
ب ـ عدم إعادة مداخيل ومحاصيل المكاسب المشار إليها بالفقرة « أ » أعلاه والمكاسب من العملات، إلى البلاد التونسية وعدم إحالتها كلما اقتضت التراتيب تلك الإحالة،
ج ـ مسك عملات في شكل أوراق نقدية أجنبية بالبلاد التونسية وعدم إيداعها لدى وسيط مقبول وعدم إحالة هذه العملات كلما اقتضت التراتيب تلك الإحالة.
كما يتم العفو عن المخالفات الجبائية المتعلقة بعدم التصريح بالمداخيل والأرباح المتعلقة بالمكاسب والعملات المشار إليها بالفقرات « أ » و « ب » و « ج » أعلاه، من العقوبات المنصوص عليها بالتشريع الجبائي الجاري به العمل.


        Article       8        الفصل    

للانتفاع بالعفو المنصوص عليه بالفصل 7 من هذا القانون، يتعين على الأشخاص المعنيين في أجل لا يتجاوز السنة من تاريخ نشر هذا القانون :
1 ـ إيداع تصريح لدى البنك المركزي التونسي بالمكاسب المشار إليها بالفقرة « أ » من الفصل 7 أعلاه،
2 ـ إعادة المداخيل والمحاصيل والمكاسب من العملات المشار إليها بالفقرة « ب » من الفصل 7 أعلاه إلى البلاد التونسية،
3 ـ إحالة العملات المشار إليها بالفقرتين « ب » و « ج » من الفصل 7 أعلاه أو إيداعها في حسابات خاصة بالعملة أو بالدينار القابل للتحويل. وتطبق على هذه الحسابات، بمقتضى منشور يصدره البنك المركزي التونسي، نفس شروط تسيير الحسابات الخاصة بالعملة أو بالدينار القابل للتحويل. وفي صورة عدم إيداع العملات بهذا الصنف من الحسابات، يتعين على كل هؤلاء الأشخاص إحالتها بالدينار بسوق الصرف.
4 ـ إيداع تصريح خاص بالمداخيل والأرباح موضوع العفو لدى القباضة المالية المؤهلة وفقا لأنموذج تعده الإدارة و يرفق التصريح وجوبا بوثيقة تثبت إعادة المداخيل والأرباح والعملات إلى البلاد التونسية وبوثيقة تثبت إحالة المداخيل والأرباح والعملات إلى وسيط مقبول أو إيداعها في الحسابات المشار إليها أعلاه وبنسخة من التصريح لدى البنك المركزي إذا اقتضت الحالة هذا التصريح.
5 ـ دفع مبلغ مالي يقدر بـ 5% من قيمة المكاسب في تاريخ التملك أو من المقابل بالدينار للمداخيل أو للأرباح أو للعملات التي تمت إعادتها إلى البلاد التونسية وإحالتها إلى وسيط مقبول أو إيداعها في الحسابات المشار إليها أعلاه، على أساس التصريح المنصوص عليه بالنقطة الرابعة من هذا الفصل.
ويحرّر هذا المبلغ المنتفعين بالعفو من دفع الضريبة على الدخل أو الضريبة على الشركات وخطايا التأخير المتعلقة بها والمستوجبة على المداخيل أو الأرباح والمكاسب موضوع العفو ومن أي تتبع إداري أو قضائي في مادة الصرف موضوع العفو.


        Article       9        الفصل   

لا يجوز استعمال المعلومات المصرح بها أو المتحصل عليها في إطار تطبيق هذا القانون لغير الأغراض التي سن من أجلها


       Article       10        الفصل      

لا تنال التدابير المنصوص عليها بالفصلين 2 و 3 من هذا القانون من حقوق الغير.


        Article       11        الفصل      

تنتهي مهام لجنة المصالحة بإعداد تقرير يتضمن حصيلة أعمالها في أجل أقصاه شهر من انقضاء أجل البت في المطالب المقدمة إليها. تحيل اللجنة تقريرها إلى رئيس الحكومة الذي يحيل نسخة منه إلى هيئة الحقيقة والكرامة في أجل شهر من تاريخ توصله به.


        Article       12       الفصل   

تلغى جميع الأحكام المتعلقة بالفساد المالي والاعتداء على المال العام الواردة بالقانون الأساسي عدد 53 لسنة 2013 المؤرخ في 24 ديسمبر 2013 المتعلق بإرساء العدالة الانتقالية وتنظيمها.