vendredi 28 mars 2014

J’arrive où je suis étranger


Louis Aragon

Rien n’est précaire comme vivre

Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière
D’où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu’importe et qu’importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l’enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C’est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne
Mais l’enfant qu’est-il devenu
Je me regarde et je m’étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d’antan
Tomber la poussière du temps
C’est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C’est comme une eau froide qui monte
C’est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu’on corroie
C’est long d’être un homme une chose
C’est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux
O mer amère ô mer profonde
Quelle est l’heure de tes marées
Combien faut-il d’années-secondes
A l’homme pour l’homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées
Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger

mercredi 26 mars 2014

Hymen national, malaise dans l’Islam

Ou quand les hommes placent leur honneur dans ... une membrane vaginale !

Vu hier au cinoche "La Clef" dans le cadre du " Maghreb des films ", un documentaire sur un problème sociétal : la virginité des filles.
Après la projection, il y a eu un débat animé par Jamel Mokni, le réalisateur du film et par Wassyla Tamzali. 
Jamel Mokni dit avoir eu l'idée du film le jour où un ami lui avait demandé un service comptant sur sa discrétion totale : aider une jeune tunisienne à reconstituer sa "virginité".
Il découvre à cette occasion à la fois une pratique archaïque en Tunisie mais surtout le tabou qui l'entoure !
Il travaillera sur cette question plus de trois ans le temps pour lui de trouver les personnes qui voudraient bien apporter leur témoignage. 
Quand au titre de son documentaire, il le changera le jour où il a lu dans un opuscule du ministère de la femme et de l'enfant en Tunisie : hymen national au lieu d'hymne national !
Fatale erreur qui va donner plus de poids à son sujet dans lequel il voulait dénoncer l'hypocrisie générale autour de la virginité des filles, puisque "hymen" correspond phonétiquement au mot arabe " ايمان ", qui veut dire "foi" !

L'hymen étant devenu le symbole de l'honneur d'une famille voir de tout un village, il va être sacralisé par les hommes au point qu'ils se laisseront duper par l'hyménoplastie qui redonne une seconde virginité aux filles de plus en plus nombreuses à y recourir.

Si Jamel Mokni refuse de voir dans ce problème une cause pour féministe, persuadé qu'il s'agit d'un problème propre aux hommes qui traduit leur peur des femmes, leur doute sur leur propre sexualité; Wassyla Tamzali y voit plutôt un problème politique maintenu en l'état par un pouvoir qui veut opprimer les hommes car que mieux pour lui que de contrôler leur sexualité pour mieux les tenir !
Ce que je disais du wahabisme, qui fonde tous les islamismes actifs de nos jours et qui instrumentalise aussi la sexualité !

Autrement qu'est-ce qui empêche les gouvernants d'éduquer les peuples et d'instaurer l'éducation sexuelle aux enfants pour rompre avec des croyances qui frisent l'hystérie collective ! Ils rompraient ainsi avec des pratiques archaïques et barbares, sources de tant de souffrance et d'humiliation pour les femmes mais aussi pour les hommes.

Le pire, c'est que les femmes intériorisent ces pratiques et les transmettent à leur tour à leurs enfants, bien qu'elles ont du en souffrir; puisqu'elles finissent par admettre que leur corps appartient à l'homme et que leur virginité appartient à tout le groupe voir à tout le village quand les parents de la mariée exhibent tel un étendard de leur honneur "sauf", le drap nuptial ou la robe blanche immaculée de leur fille, entachés du sang de sa "virginité" lors du viol pendant sa nuit de noce (" eddakhla " / pénétration ) ... et gare à celles dont le sang n'aura pas coulé, car sur le champ elles seront répudiées et la honte rejaillira sur sa famille et sur son clan ... se terminant des fois par une guerre que ne manquera pas de déclencher le clan du mari bafoué !! 

Et bien que les femmes gardent un souvenir traumatisant de leur nuit de noce, lors de laquelle le couple est mis à rudes épreuves; lui, devant prouver sa virilité et elle sa virginité, sous contrôle de tout le clan voir de tout le village; et malgré cela, elles perpétuent cette tradition en donnant tous les droits à leur fils, qui se doit de prouver sa virilité en multipliant les conquêtes, mais interdisant tout à leur fille qui doit veiller à rester vierge car l'honneur de sa famille est dans son hymen ! 

Pourtant, quand les hommes politiques veulent, ils peuvent ! 
Faut-il rappeler que Bourguiba avait mis fin à la polygamie, à la répudiation, au mariage coutumier ("Orfi"), et à tant d'autres pratiques archaïques que des oulémas ont accumulées en 14 siècles, exprimant souvent leurs fantasmes les plus fous, pour mieux dominer la femme ... et que des salafistes obscurantistes ont sacralisées sous prétexte qu'elles sont le prolongement de la parole divine; puisqu'elles sont l' "interprétation" humaine de la volonté d'Allah ! 

Pratiques qui ont maintenu les peuples dits "arabo-musulmans" dans un retard civilisationnel les rendant colonisables, comme disait Bourguiba !

A propos de la nuit de noce telle que pratiquée dans les couches populaires, Bourguiba en dénonçait la violence dans un de ses discours "pédagogiques" ("tawjihat errais" / les directives du président) en comparant le marié à un taureau qui saute avec violence sa femelle ... insistant bien par cette image, sur le manque de délicatesse du marié et son manque de respect pour la mariée !

Comme quoi, il reste d'autres révolutions à faire ... pour changer les mentalités des tunisiens !

Rachid Barnat
   

Jamel Mokni et Wassyla Tamzali

Réalisateur(s) : Jamel Mokni 
Pays de production : Tunisie
Scénario : Jamel Mokni, 
Né en 1964, nord de la Tunisie. Il intègre la faculté de sciences de Tunis, où il crée un cinéclub. 
En 1990 il part étudier le cinéma en Belgique. Il réalise des publicités, des magazines, des clips et plusieurs courts métrages.
En 1999 il crée sa société de production À Bout de Souffle Production
Synopsis : C’est un réquisitoire impitoyable contre le mythe de la virginité dans la société tunisienne et, plus généralement, dans l’Islam.
L’auteur a été incarcéré deux fois pendant le tournage. Les sbires de Ben Ali n’en voulaient pas.
Le film a été censuré par le pouvoir tunisien. C’était une autre époque.
Le film deviendra-t-il un emblème de la nouvelle Tunisie ? Et d’ailleurs où va la Tunisie ? Et s’il y avait danger pour la laïcité ?

Interview du réalisateur par Jeune Afrique
Jeuneafrique.com : Quel est le message de votre film ?
Jamel Mokni  : Qu’une fille qui a perdu sa virginité ne doit pas avoir honte parce que c’est un acte normal, ordinaire. Pourtant, quand une fille a perdu sa virginité, elle a tout perdu : on la traite de pute, et tout le monde veut coucher avec elle ! J’ai fait le film pour dénoncer l’omerta, le black-out, le silence. Pour changer la mentalité, le regard des gens. D’autant qu’en Tunisie la moyenne d’âge du mariage des filles est d’environ 28 ans. Alors de leur puberté, vers 14 ans, à 28 ans, qu’est-ce qu’elles vont faire ? Le problème se pose réellement car une fille en bonne santé va avoir des envies, et donc des relations sexuelles.

Vous donnez la parole aux partisans et aux opposants de la virginité mais vous avez clairement un parti pris…
Jamel Mokni  : Pour moi, un documentaire doit avoir un point de vue documenté. Je connais très bien le sujet, j’ai rencontré pratiquement tout le monde mais, oui, j’ai mon point de vue, clair et net. On voit la souffrance de ces filles… Ce film est un film de droits de l’homme. Je défends les droits de la femme à avoir une relation sexuelle avant le mariage.

Il y a une hypocrisie sociale sur la virginité…
Jamel Mokni  : Les hommes veulent avoir des relations avec les filles qui ont perdu leur virginité, mais après ils veulent se marier avec des filles vierges ! Mais si le vrai problème est dans la tête des hommes, il l’est aussi dans la tête des femmes : elles ont intériorisé qu’une fille doit être vierge le jour du mariage. Du coup, elles essaient de transmettre cette idée à leurs filles et à leurs garçons.

Votre film a été bien reçu lors de la projection-débat, mais vous avez des détracteurs. 
Que vous reprochent-ils ?
Jamel Mokni  : Comme la production a été financée par la Belgique, quelques conservateurs pensent que le film est une tentative des pays occidentaux de nuire à la réputation de la Tunisie ou de régler leurs comptes avec le pays à travers ses ressortissants. Mais ce n’est pas vrai !

Votre film est dédié à Tahar Haddad. Qui est-il ?
Jamel Mokni  : En 1930, ce syndicaliste tunisien très actif a écrit le livre Notre femme dans la charia et la société. Il explique d’une façon très scientifique qu’il est contre la polygamie, la répudiation… et tout ce que Bourguiba [l’ancien président tunisien Habib] a dénoncé par la suite. Tahar Haddad a été empêché de terminer ses études de droit, il a dû s’exiler. Et il est mort à 36 ans d’une crise cardiaque, suite à une tuberculose. À son enterrement, il n’y avait que cinq personnes parce qu’il représentait la honte : “Il a défendu la femme ? Comment ça se faisait qu’il la défende ?” À l’époque, c’était inadmissible.

****
Le Figaro.fr/madame : Quel est le regard porté par les femmes sur la notion de virginité aujourd’hui ?
Yvonne Knibiehler : Autrefois, l’un des arguments qui donnait le plus de valeur à la virginité était celui de la
grossesse. Lorsque l’acte sexuel était principalement associé à un acte de procréation, se préserver pour le mariage permettait de maîtriser sa descendance, sa lignée. Cette justification a été écartée par la démocratisation des moyens de contraception, et son caractère symbolique avec. Mais la virginité revêt une importance encore très forte pour les hommes. Déflorer une fille, c’est en faire une femme, c’est une façon de déployer sa force masculine, d’exercer une forme de domination. La gent féminine s’empare aujourd’hui de cette virginité fantasmée par les hommes pour servir sa propre cause. Alors que la peur et l’inquiétude physique de la première fois ne sont souvent plus primordiales, les femmes ont bien compris qu’elles pouvaient encore s’en servir pour manipuler « le sexe fort ». Derrière ces ventes aux enchères, se cachent la désacralisation de la virginité, la prise de conscience du pouvoir sexuel de la femme mais également une question de moralité, propre à chacune. C’est aussi une manière, qui peut être maladroite, de dire « Je fais ce que je veux de mon corps ». 

JACQUES A REJOINT MIMI

Notre ami Jacques Maréchal a rejoint sa chère Mini Cazendres hier, suite à une longue maladie.
Tant que Mimi était là, elle l'aidait à tenir bon pour lutter contre sa maladie.
Elle était maternelle avec lui et à chacune de ses hospitalisions elle lui consacrait de manière assidue toutes ses après midi pour lui tenir compagnie jusqu'à la fin réglementaire des visites. C'était touchant de la voir en prendre soin comme d'un enfant. 
Ceux qui ont connu le couple, savent que leur rencontre à la faculté de droit où Mimi assurait le secrétariat, s'est faite sous le signe de l'amour maternel; puisque la maman de Jacques inquiète de l'abandonner dans la grande ville, l'avait recommandé à Mimi, qui tombée sous le charme du grand garçon brun aux yeux bleus, l'avait mis sous son aile maternelle et ne l'avait plus quitté depuis.  

Du jour où Mimi est décédée suite à un accident de la route, Jacques semble avoir perdu ses repaires et ne souhaitait plus lutter contre sa maladie; refusant des fois de s'alimenter et renonçant même aux visites médicales de contrôle du spécialiste qui le suivait.

Jacques nous disait avoir tenu bon et essayé de faire bonne figure, juste pour faire plaisir à Mimi et l'aider elle-même à tenir malgré ses souffrances chroniques. A quoi bon tenter de lui survivre, nous disait-il !

Malgré son très grand chagrin, il a reçu sa mort comme une délivrance pour elle mais aussi pour lui pour en finir avec ses propres souffrances, se sentant libéré de l'engagement moral envers elle et s'autorisant d'en finir.

Deux êtres magnifiques que la mort va réunir à nouveau comme la vie les avait unis pendant plus de 60 ans.

Jacques était un esthète sensible à la beauté aussi bien des choses que des sentiments.

Quand il nous parlait d'un film, d'un livre, d’un opéra, d'une pièce de théâtre ... il essayait de trouver les mots justes pour traduire ce qu'il ressentait ... ce qui exaspérait parfois Janine qu'il ne fut pas bref. 
C'est devenu même un jeu entre eux, pour ceux qui les connaissent, nécessitant parfois l'arbitrage affectueux de Mimi pour mettre fin à leur gentille chamaillerie !

Ce départ sera le deuxième en si peu de temps pour leur complice Janine qui n'a pas fini de faire son deuil de la disparition de sa grande sœur.
Jacques lui manquera certainement, lui qui fut leur meilleur ami à elle et à sa sœur. 

Encore un ami qui nous quitte.

Reposez en paix Jacques.

Rachid Barnat


mardi 25 mars 2014

QUE RETENIR DE L'INTERVIEW DE Béji CAID ESSEBSI SUR NESSMA TV ?

Article paru dans : Kapitalis

A la question du journaliste de savoir si l'ANC est légitime ou non et si tartour est légitime ... Béji Caïd Essebsi rappelle que l'ANC a été constituée pour une durée de 1 an, avec pour unique mission la rédaction d'une constitution !

Il confirme dès lors, que tous les constituants n'ont plus de légitimité, dont tartour que Ghannouchi a sorti de leur rang pour le nommer président provisoire de la Tunisie. Et ce depuis le 23 octobre 2012 !

Alors l'opposition et vous même, auriez fait une faute politique de proroger leur légitimité, demande le journaliste ?

Et Béji Caïd Essebsi de nous expliquer que personne de l'opposition ne voulait de la violence à laquelle l'acculait Ghannouchi dont les hommes se maintenaient au pouvoir par la menace de la force, de la violence et du terrorisme !
Ce qui l'a conduite à transiger et chercher le consensus ...

Veut-il dire par là que Ghannouchi a fait un putsch ?

Cependant, il doit être clair pour les tunisiens que le renoncement, la modération n'aboutissent jamais à rien car le problème n'est pas réglé et se reposera tôt ou tard, l'ANC devenant une source de problèmes comme le reconnaît Béji Caïd Essebsi lui même !

La seule voie pour une opposition qui serait responsable, c'est d'asseoir sa position sur des valeurs et de ne pas transiger. Il faut que le religieux soit exclu de la vie politique ! Sans cela rien de bon ne peut arriver et la crise persistera. 
Ce que Bourguiba avait compris avant tout le monde en interdisant tous partis politiques qui instrumentaliseraient la religion (article 8 de la constitution de 1959) ! Ce que les égyptiens viennent d'admettre plus de 60 ans après Bourguiba en déclarant en plus, les le parti des "Frères musulmans", organisation terroriste !
Si cela ne se fait pas maintenant, il est clair que tout pouvoir aura une vive opposition dans les mosquées et qu'il sera amené à sévir. Ne serait-il pas mieux et plus clair que les choses soient dites avant ?

Il est clair, par exemple, que Bourguiba avait une vision politique fondée sur des valeurs même s'il savait louvoyer !

Quelles sont les valeurs de l'opposition ? Ou bien n'est-ce qu'un jeu pour conquérir et exercer le pouvoir sans projet et sans exigence ?

Le peuple, lui est clair dans ses valeurs qu'il n'a cessées de défendre tout au long de la gouvernance par la troïka dominée par Ghannouchi ... mais seul, puisque l'opposition ne l'a jamais suivi dans ses choix ni dans sa lutte; bien au contraire, elle l'a toujours contrecarré dans son action jusqu'à lui mettre les bâtons dans les roues !!
Allant jusqu'à prolonger leur légitimité à des constituants et ce contre la volonté du peuple, et brosser dans le sens du poil Ghannouchi et ses hommes nous les présentant comme indispensables à la vie politique en Tunisie et incontournables ... jusqu'à vouloir pactiser avec eux !!!

Que Ghannouchi tente de nier son appartenance et celle de son parti à la confrérie des "Frères musulmans" peut se comprendre depuis qu'elle est aux abois et inscrite sur la liste des mouvements terroristes en Egypte et en Arabie !

Mais que Béji Caïd Essebsi lui apporte de l'eau à son moulin en affirmant avec aplomb qu'Ennahdha ne fait pas partie de cette confrérie, c'est se tirer une balle dans le pied. 

Peut-on nous expliquer dans ces conditions, quelle différence y a-t-il entre Béji Caïd Essebsi et Néjib Chabbi ? 

Rien donc ne vaut la clarté qui tranche et dissipe les ambiguïtés où niche souvent le «diable» islamiste.


Rachid Barnat



A quoi joue Mehdi Jomaa ?


Par Nizar BAHLOUL

Mehdi Jomâa a du mal à arracher les clous rouillés


Cela fait près de deux mois que le nouveau gouvernement de Mehdi Jomâa a pris ses fonctions et les premiers signes annonciateurs de flottement sont là. Il y a des flottements dont il n’est pas responsable, comme la situation économique dramatique dans laquelle se morfond encore le pays. Et il y a les flottements qui relèvent directement de ses responsabilités et celles de ses ministres. 
Lors de sa désignation par le Quartet, le chef du gouvernement avait une mission bien définie. Dans ce qu’on appelle feuille de route, on ne lui a pas demandé de résorber définitivement le chômage, ni de construire des autoroutes et des zones industrielles. Encore moins de dresser un plan de relance sur cinq ans. Ce que le Quartet a demandé à Mehdi Jomâa se résume en quelques points essentiels dont la prise de mesures urgentes en faveur du redressement économique, rétablissement du climat sécuritaire et l’organisation dans des délais raisonnables d’élections selon les normes démocratiques ordinaires. 

Pour pouvoir atteindre ces objectifs, le gouvernement n’a pas beaucoup de chemins à prendre et se doit, inévitablement, de réviser les nominations partisanes dans l’administration. Il est utopique que ce gouvernement puisse travailler, alors que les cabinets de ses ministres sont infiltrés par des membres qui ne doivent leur poste qu'à une proximité idéologique ou familiale ou amicale avec la troïka déchue. Il est impossible de relancer la machine économique avec des « clous rouillés » dans l’administration. Il est inimaginable que l’on puisse séduire des investisseurs étrangers et convaincre nos partenaires dans les pays amis avec des incompétents dans nos ambassades. Il ne faut pas se voiler la face, il y a des centaines de hauts responsables qui occupent aujourd’hui indument leurs postes et qui continuent à tirer le pays vers le bas. Quelle que soit la bonne volonté et la compétence de Mehdi Jomâa et ses ministres, ils ne pourront rien faire si leurs ordres sont exécutés par des bons à rien. 

Concrètement, et deux mois après l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement, on constate hélas que l’entourage de Mehdi Jomâa est encore composé de quelques fidèles à Ali Laârayedh, Noureddine Bhiri et Hamadi Jebali. C’est le même cas pour plusieurs autres ministères parmi lesquels on peut citer la Femme ou le Transport. Leurs responsables de communication continuent à boycotter les médias dits hostiles à la troïka et ne semblent pas du tout se rendre compte que leur ministre n’est plus un CPR ou un Nahdhaoui. Leur mentalité demeure encore partisane et ils oublient qu’ils sont là au service de l’Etat et non d’un ministre.
Idem dans les ambassades. Que faut-il attendre de bon de personnes comme Adel Fekih, Abderrazak Kilani, Khaled Ben Mbarek ou Karim Azzouz ? 
Mehdi Jomâa et son ministre des Affaires étrangères, Mongi Hamdi, gagneraient peut-être à discuter en off avec quelques diplomates établis à Tunis pour prendre leur avis sur nos ambassadeurs dans leurs pays. Ils entendront des vertes et des pas mûres. Deux exemples pour illustrer ces propos. Dans une discussion de salon (100% off), un diplomate français révèle que notre ambassadeur à Paris aurait déclaré à ses collègues du Quai d’Orsay que la Tunisie ne s’intéresse plus à la France préférant donner la priorité à d’autres marchés du Golfe et de l’Asie notamment. Faut-il encore présenter Khaled Ben Mbarek dont le seul mur Facebook et son apparat dénotent de son incompétence totale en matière de diplomatie ? 
Les chancelleries chancellent et ce n’est certainement pas avec ces gens-là que la Tunisie va pouvoir redorer son image dans le monde. Mehdi Jomâa n’a pas des bras cassés dans les ambassades, c’est pire. Il a des gens qui lui et nous mettent des bâtons dans les roues. Si ce n’est de mauvaise foi, c’est au moins par incompétence notoire. Dis-moi qui t’a nommé, je te dirai qui tu es. 

Autre dossier non-traité par le gouvernement Mehdi Jomâa, celui de la Justice. Alors que la dissolution des LPR figurait parmi ses priorités, on constate avec regret que ces bandes organisées continuent encore à sévir. Jusqu’à ce week-end, leurs membres manifestaient dans les rues. 
Les anciens ministres trainant des casseroles avérées ne sont nullement inquiétés par le procureur ou le juge d’instruction. Deux exemples, Sihem Badi et Rafik Abdessalem. Personne ne parle des auto-nominations et auto-gratifications d’anciens ministres, tels Moncef Ben Salem et Abdellatif Mekki. 
Les députés, élus pour un an et dont le mandat est achevé depuis octobre 2012, continuent à mépriser totalement la justice en faisant valoir une immunité totalement et légalement illégitime. Ils sont au dessus de la loi et procureurs et juges d’instruction ne trouvent rien à redire. Idem pour le scandale du Livre noir. Où en est-on dans les convocations de Mohamed Henid (dont le nom est cité pour une ambassade) et Adnène Mansar ? 
Et puis, il y a les financements occultes des différentes associations nées comme des champignons ces deux dernières années. Certaines d’entre elles ont bénéficié de l’argent public sans que l’on sache trop comment. 

Sans révision des nominations, sans justice aveugle, sans enquêtes sérieuses suivies d’effets concrets sur les financements des associations et des médias proches de la troïka, il ne saurait y avoir des élections transparentes et démocratiques. Les dés seront pipés et l’expérience de transition démocratique sera vouée à l’échec. 
Il est bien clair que Mehdi Jomâa et ses ministres ont trouvé une situation dramatique et pire que ce qui a été annoncé par leurs prédécesseurs. Il est indéniable qu’ils font face à des chantiers titanesques et qu’on leur demande des prouesses herculéennes. Mais il est évident qu’ils sont dans l’obligation de prendre le taureau par les cornes. Ce que l’on constate, c’est que près de deux mois après leur arrivée, ils sont encore en train de brandir la muleta (le drap rouge du matador) en maintenant une distance de sécurité face à leurs adversaires. Il est grand temps de passer aux choses sérieuses. Dans la corrida, si vous ne prenez pas les devants, le taureau n’hésite pas à vous faire la peau.

lundi 24 mars 2014

ZAIM BOURGUIBA INTERPRÉTÉ PAR Raja FARHAT

Article paru dans : Kapitalis

Raja Farhat rend hommage à Habib Bourguiba en le faisant revivre parmi nous, en nous replongeant dans l'esprit du grand homme.
L’Association "Tun Art Day", a produit au théâtre Gymnase Marie Bell à Paris, la pièce "Le Zaim Bourguiba" de Raja Farhat. 
J’y ai assisté dimanche soir avec de nombreux spectateurs conquis, comme moi, par la performance de l’acteur pendant près de deux heures.

Nous sommes à Monastir. Bourguiba déposé par Ben Ali, après le coup d’Etat médical de novembre 1987, est retenu prisonnier dans un Palais. Il se livre à un long monologue avec une femme médecin chargée de s’occuper de sa santé déclinante.

L’acteur réussit une belle performance car nous voyons Bourguiba avec sa façon de marcher, due à la fois à l'âge et à la maladie, avec sa gestuelle, le mouvement de ses bras et de ses mains, son ton parfois ironique, nous reconnaissons sa voix. Les tunisiens qui l'ont connu, reconnaissent sans peine leur Président, et les jeunes découvrent le grand homme qu'a perdu la Tunisie.

Il  nous raconte appuyé sur le bras de son médecin toute sa vie ... et c’est passionnant.

Cela commence par un bel hommage à sa mère et surtout à sa grand mère qui l'avait élevé étant le dernier d'une nombreuse fratrie. "Le paradis est au pied des mères", citation du prophète Mohamed lui rappelle l'importance de la femme dans l'islam, et lui fait prendre conscience de l'immense injustice faite aux femmes; ce qui lui inspirera le statut de la femme. 

Son enfance, sa jeunesse étudiante et notamment son séjour étudiant à Paris où il fera la connaissance de sa première femme Mathilde qui a voulu être enterrée dans le mausolée de Monastir où il a commencé à militer politiquement, avec très vite un projet de redonner au pays sa souveraineté, se démarquant ainsi de l’ancien parti Destour qui se contentait dans ses réunions autour d’un thé au pignon de vouloir quelques réformes.
Et là il nous précise, ce qui sera sa marque, que s’il combat la France coloniale, il admire les valeurs de la France des Lumières : "Liberté, Egalité, Fraternité", qui lui ont été apprises par Pierrot son instituteur de Monastir, devenu son ami et qui l’a aidé à Paris en le recommandant à Mathilde. 

La France des communards a envoyé comme instituteurs, nous dit-il, dans ses colonies les « agités, les révoltés » qui étaient des gens merveilleux porteurs des vrais valeurs de la France. C’est la plus grave erreur des colonisateurs !

Nous écoutons le récit de ses combats, de ses emprisonnements, de ses condamnations; avec des moments jubilatoires comme ses réponses à un Procureur qui lui signifiait les charges retenues contre lui.
Il évoque aussi avec passion le refus qu’il opposa de s’allier aux puissances de l’axe, alors que beaucoup de tunisiens étaient prêts à le faire. La victoire, leur disait-il, sera du côté des alliés, prenez le bon chemin pour l’avenir.

Le voilà ensuite Président évoquant le travail de Tahahr Haddad sur le Coran et la place des femmes, les cheikhs de la Zitouna pour qui toute innovation est hérésie. Il rappellera avec délectation comment Ahmed Mestiri chargé de rédiger le statut de la femme, se heurtera aux religieux de la Zitouna qui ne voulaient rien lâcher.  
Ces oulémas à qui il montrait que le Coran lui-même interdit la polygamie et à qui il demandait de lui proposer un texte, ils lui proposèrent un texte alambiqué. Mon peuple veut des textes clairs, leur dira-t-il, qu’il puisse comprendre. Puisque le Coran lui même incite à la monogamie, l'homme étant par nature incapable d'équité entre plusieurs épouses, il faut en conclure que "La polygamie est interdite" point c'est tout ! La salle s’esclaffe ! Ce que les spectateurs applaudissent, c'est le talent de l'acteur, mais aussi le génie de l'homme politique.

De belles chose aussi sur l’enseignement des enfants qui est une de ses réussites majeures, sur sa politique étrangère où il se révéla visionnaire et réaliste, rejetant les vielles lunes du pan arabisme et de l’islamisme avec une position en pointe sur le problème palestinien, instrumentalisé honteusement à ses yeux par les pays arabes et qui, aujourd’hui encore fait regretter aux palestiniens de ne l'avoir pas écouté. 
D'ailleurs il a fait le choix de se détourner des "arabes" ne croyant nullement à la pseudo fratrie des peuples "arabes" dont se gargarisent leur chefs. Par sa parfaite connaissance de l'histoire, il savait que la Tunisie a vocation à faire partie du monde occidental du fait de sa position géographique dans le bassin méditerranéen !

A un moment le vieil homme fatigué, se retire et la femme médecin qui joue le rôle du Dr Saïda Doggui le médecin de fin vie de Bourguiba, reste seule en scène et nous livre dans un monologue la face cachée et un peu plus sombre de Bourguiba, ses atteintes aux libertés, l’absence de réelle démocratie … 

Réapparaissant, Bourguiba nous donne sa version : 
- Il s'étonne qu'une partie de la jeunesse tunisienne à laquelle il a tout consacré pour l'instruire et la cultiver, se soit laissée séduire par le communisme dont les ravages se comptent par millions (30 millions en URSS et 40 millions en Chine suite au plan "bond en avant" de Mao) !
- Quant à la démocratie, il rappelle que s'il avait demandé aux tunisiens leur avis sur le statut de la femme ... ils auraient voté contre à plus de 90 % ! Voulant dire par là, que les tunisiens d'alors, à peine sortis du colonialisme n'étaient pas mûrs encore pour la démocratie ... il fallait assurer d'abord leur éducation et les instruire pour qu'ils deviennent citoyens responsables, dans la jeune République qu'il construisait. 

Au total une performance remarquable, un spectacle où l’on ne s’ennuie pas une minute et qui éclaire sur la vie et l’œuvre de ce véritable chef d’Etat. Il y avait beaucoup de jeunes tunisiens dans la salle et bon nombres de français. 
Ce spectacle vaut mieux pour eux que toutes les conférences et les colloques d’historiens. Un tel spectacle devrait être diffusé à la télévision car il éduque sans ennuyer et constitue une belle leçon de politique au sens noble du terme.

On se dit en sortant de ce spectacle que la Tunisie a eu de la chance d’avoir Bourguiba et qu’elle aurait besoin aujourd’hui, dans la crise qu’elle traverse d’un homme qui, comme lui ait une vue claire et positive de son avenir.

Mille bravos à Raja Farhat pour sa belle performance. Il a fait preuve d'une grande intelligence pour avoir dépassé les griefs qui l'opposaient lui et son père Sahbi Farhat, à Bourguiba; lui reconnaissant au final, un "bilan" positif.

Rachid Barnat

dimanche 23 mars 2014

Frappé d'apostasie, Nicolas de Sarcosie est-il victime des basses oeuvres de la Stasi ?

SARKOSI PRIS EN SON PROPRE PIÈGE ! Quand les démocrates se comportent comme des mafieux, comment s'étonner d'un Poutine ou autres potentats au pouvoir !!
Dans une tribune où il s'adresse aux Français, Nicolas Sarkozy a comparé la justice française à la Stasi. Sous la plume de la marquise de Sévigné, notre contributeur Hervé Karleskind se penche sur le bien-fondé de ces accusations. 

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Bongobi

Paris, le 17 mars, 

Quel émoi ma chère et tendre! Je ne sais si vous avez lu le libelle de l'ancien roi Nicolas le Bref, qui aspire à redevenir Monsieur de Sarcosie, mais je puis vous mander qu'ici même, la stupeur est à son comble. La colère du Bref, qui couvait depuis déjà plusieurs semaines, vient d'éclater. Il se plaint d'être filé, écouté, espionné, traqué, presque emprisonné par les robins et les gens d'armes, à la manière des sbires de l'ancien roitelet de Prusse orientale, Erich de Brandebourg, dit Erich le Lugubre, qui entretenait une police politique de quelques dix mille membres, connue sous le nom de Stasi: un acronyme forgé ad hoc pour désigner la sécurité d'Etat. 
Ivre de rage, le Bref, pardon, Monsieur de Sarcosie, n'a pas craint d'en appeler à ses anciens sujets pour dénoncer les mœurs pour le moins dévoyées de nos gens de sûreté en les comparant à cette petite armée d'espions dont les exactions ont été talentueusement narrées dans la célèbre comédie La Vie des autres que le Bref cite d'ailleurs à dessein. 

Qu'en est-il au juste? Notre royaume serait-il devenu une prison aux murs infranchissables ainsi que l'était la Prusse orientale, condamnée à subir la férule de son archiduc Erich le Lugubre, installé sur le trône par le tsar de Russie à des fins de mater toute rébellion d'un peuple qui n'aspirait qu'à goûter la mie du pain et l'ivresse de la liberté? 
Dois-je vous confesser, ma mie, que le lugubre Erich de Brandebourg était un homme de bien piètre envergure, un sot, un faible, buté comme un âne corse, que personne ne pleura quand le mur d'enceinte de la prison où il confinait ses sujets fut abattu lors d'un grand soir d'automne. Sa seule originalité, dans une cour sinistre peuplée de chapeaux gris, était sans doute aucun sa femme, la reine Margot
Pardonnez mon égarement, mais vous me savez aussi étourdie que ma plume: mais il me faut vous narrer quelle personne c'était. Son époux, le Lugubre, qui la craignait comme peste, l'avait nommée ministre de l'Instruction publique, à des fins, sans doute aucun, de calmer ses ardeurs et ses fièvres amoureuses. La gorgone était, dois-je l'avouer en rosissant, insatiable au point d'accorder ses charmes à tous ceux qui l'approchaient. Elle le cocufia donc sans relâche: il y gagna un sobriquet, charmant: le dix-cors, portant pauvrement ses cinq andouillers sur chacun de ses bois. La reine Margot régnait sur les Beaux arts, accordant son imprimatur à ceux et même à celles qui avaient échoué dans son lit. Qui lui refusait ses avances, se voyait aussitôt frappé d'index et fiché par la Stasi comme individu particulièrement dangereux, à surveiller de près. 
Cette police de l'infamie et du soupçon perpétuel était alors dirigée par un maître espion, Mischa Wolf, qui mourut dans son lit, absout de ses péchés inavouables par ceux qui pensèrent à juste titre qu'il en savait trop. 
Après la mort en exil du Lugubre, son épouse Margot ne cessa de se dégorger de bile sur ses anciens sujets: elle cracha son venin dans une gazette pour mander qu'ils avaient été "stupides". 


Je sais votre question: est-il juste de comparer le sort qui est fait à Nicolas le Bref avec celui qui fut réservé aux écrivains, peintres, dramaturges, et même gens ordinaires, qui furent jetés au cachot sans le moindre espoir d'en sortir un jour? Sur la foi d'un soupçon, d'un on-dit, d'un fagot, d'une rumeur, par charretées entières, des sujets d'Erich le Lugubre, furent enfermés en forteresse avec l'interdiction de recevoir quiconque: leurs familles furent pourchassées, ruinées, frappées de l'opprobre infamante de la trahison, victimes d'un éternel bannissement intérieur. 
Le Bref a-t-il raison de se dire persécuté, suivi, espionné, harcelé, traqué par les robins et les gens d'armes aux ordres du roi François le Flou ? Ce même Flou qui voit en lui une sorte d'ennemi intérieur qu'il lui faut réduire au silence à des fins de ruiner à jamais ses chances de remonter sur le trône. 
Mais il est si maladroit, ce pauvre Flou! Et si mal servi! Laisse-t-il la bride sur le cou de ses gens qu'ils se prennent les pieds dans le tapis, mentant comme arracheurs de dents. Le plus inspiré, le comte Valls de Catalogne, se garde bien de mander quoi que ce soit sur une affaire dont il n'a pourtant manqué aucun épisode. 
Ha! Je vous sais encore perplexe à lire que votre mère se passionne pour cet interminable feuilleton à l'heure même où nos commensaux sont appelés à choisir leurs édiles. Ou à n'en rien faire, s'ils ont décidé de bouder, par lassitude ou par dégout. 
Quel sera donc le sort de l'infortuné Bref qui voit ses soutiens fondre comme neige au soleil? Quelques derniers prétoriens, telle la mère Morano ou le fidèle Portefeux, restent à ses côtés, comme pour monter la garde. Mais Monsieur de Juppé, qui lui aussi fut pourchassé par les robins, et qui à présent se verrait bien ceindre la couronne, n'est guère bavard. Quant au comte Fillon ou à Copé de Meaux, les voici d'aiguiser leurs crocs en protestant bien timidement contre le sort de leur ancien héraut. 
Le Bref a-t-il raison d'invoquer la sinistre police secrète d'Erich le Lugubre pour tenter de briser ses chaînes? Sans guère de doute: il lui fallait sortir de la geôle où il se sentait cloîtré, et ainsi rompre ce bien pesant voeu de silence. 
Le voici donc revenu dans l'arène, tel le rétiaire du cirque, si peu vêtu, armé de son seul filet et d'un pauvre trident. De tous les gladiateurs, il est le plus méprisé, celui qui n'est jamais gracié in ultimo par l'empereur. A-t-il seulement échappé à l'épée du mirmillon, qu'il doit subir le châtiment suprême, ordonné d'un simple pouce baissé. 
Voici, ma chère et tendre, un geste que notre roi-césarin accomplirait bien volontiers et, pour une fois, sans tourner autour du pot.

mercredi 19 mars 2014

Les Ibn Saoud reprennent la main dans la guerre qui les oppose au frère ennemi qatari

Le roi Ibn Saoud en guerre contre les Frères musulmans, veut les réduire au silence !
Espérons qu'il y parviendra : car Aljazeera a fait trop de mal au monde dit "arabo musulman" ! Puisque cette arme de guerre de l'émir du Qatar est une arme de propagande par laquelle il cherche à imposer ses protégés les frères musulmans dans le monde "arabe" ... pour damer le pion à son rival saoudien qui se veut le leader (calife ?) du monde sunnite ! 
Que mieux pour Ibn Saoud que de s'attaquer à l'arme de prédilection et porte voix de l'émir ?
R.B


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L’ÉMIR DU QATAR A COMPRIS LE POUVOIR DE L'ARGENT ET DES MÉDIAS DANS LES GUERRES "MODERNES" !
C'est pourquoi son frère ennemi Ibn Saoud veut interdire Aljazeera !!
Ce sont ces deux-là qui ont foutu le bordel parmi des peuples qui se sont révoltés, en s'invitant dans leur révolution pour les avorter !!!

LireTensions diplomatiques dans les pays du Golfe: Le Qatar paye le prix de son soutien aux Frères musulmans
La chaîne d'information qatarie Al Jazeera a souvent été accusée de soutenir les Frères musulmansclassés début mars comme "organisation terroriste" par l'Arabie saoudite. En Égypte, 20 de ses journalistes (2 Britanniques, un Australien, un Néerlandais et 16 Égyptiens) ont été arrêtés. Les 4 journalistes étrangers sont accusés par le ministère public d'avoir diffusé "de fausses nouvelles". Leurs 16 confrères égyptiens sont eux accusés d'appartenance à une "organisation terroriste" et d'avoir "porté atteinte à l'unité nationale et à la paix sociale". Leur procès est encore en cours.
LireAl Jazeera en difficultés dans les pays du printemps arabe
Contrairement au Qatar qui soutenait la confrérie en Égypte (destituée par l'armée au mois de juillet 2013) l'Arabie saoudite est désormais un grand allié du nouveau pouvoir égyptien mené par les militaires.
Selon la même source citée par l'AFP, l'Arabie saoudite a également demandé la fermeture des centres de recherches qu'abrite Doha, dont le Brookings Doha Center et le Centre arabe de Recherches et d'Études politiques dirigé par l'ancien député arabe israélien Azmi Béchara.
"L'indépendance de la politique étrangère du Qatar n'est pas négociable", a déclaré le 10 mars à Paris le ministre des Affaires étrangères Khalid Bin Mohamed al Attiyah.
"Le Qatar n'imite personne et cela peut nous causer parfois des maux de tête. Notre politique est basée sur l'ouverture en direction de tous, et nous ne voulons exclure personne", a-t-il indiqué dans des propos rapportés par la chaîne Al-Jazeera.

mardi 18 mars 2014

Un lycée Voltaire version Charia * !

LA FRANCE BRADE SA LAÏCITÉ AU PLUS OFFRANT !
Puisque la chariaa sera enseignée au lycée franco-qatari.
Elle admet cette entorse à ce qui fonde la République Française !
Quoi de plus étonnant dés lors, que François Hollande soutienne les Frères musulmans, les protégés de l'émir du Qatar; et pousse l'hypocrisie, jusqu'à vouloir vendre l'islamisme "modéré" de Ghannouchi aux tunisiens et leur affirmer avec culot sa compatibilité avec la démocratie !
Voilà où en sont les valeurs de la France, quand ses hommes politiques n'ont aucun principe, sinon celui de l'argent-roi !
R.B


Martine Gozlan

A Doha, le lycée Voltaire est un lycée franco-qatari. Il enseignera désormais la charia, la loi islamique, et la mixité y sera interdite. Un accord a été signé en présence de la ministre déléguée aux Français de l'étranger, Hélène Conway-Mouret dont le porte-parole nous fait savoir que les contenus religieux "ne concernent que les élèves musulmans". Le scandale ne s'arrête pas pour autant ...
 Qatar. Un lycée Voltaire version Charia! (Actualisé)
Voltaire, reviens, le Qatar les rend fous ! Hé oui, une ministresse représentante de notre République laïque théoriquement héritière des lumières voltairiennes vient de signer  à Doha un accord qui institue la séparation des sexes et entérine l'enseignement de la Charia au lycée Voltaire,  établissement franco-qatari de Doha. Le procureur général du Qatar, Ali Ben Fetis Al-Marri, qui est également président du conseil d'administration de l'école, déclare à l'Agence France presse: " Il y a trois questions importantes pour les Qataris et les Arabes qui fréquentent cette école, et ce sont l'enseignement de la charia islamique, de la langue arabe et de la séparation entre garçons et filles à partir d'un certain âge. Nos amis français se sont montrés compréhensifs car l'essentiel pour nous est d'avoir des Qataris francophones attachés à leur langue et leur religion". 

Tellement  compréhensifs que nos responsables de la pédagogie française à l'étranger se sont inclinés bien bas en disant amen aux désidératas wahhabites de leurs majestés Qatariotes. Il faut dire que le torchon brûlait entre l'ancienne direction du lycée et les autorités de la sablière enchantée, protectrice de l'islamisme international, sponsor de la coupe du monde du Foot, seigneurie médiévale qui exploite des milliers de serfs d'Asie du sud-est sur ses chantiers de la honte. 

Le proviseur de l'autre lycée français, le lycée Bonaparte, avait récemment été exfiltré par les autorités françaises, menacé d'un procès à la suite de la plainte d'une employée qui dénonçait "une attitude anti-musulmane". En réalité, à l'origine de ces différends, on retrouvait  un conflit sur le contenu des programmes enseignés, en histoire et en sciences. 
Le lycée "Voltaire", version charia, accueille un millier d'élèves: c'est dire l'enjeu âprement discuté par les obscurantistes pseudo-modernes du Qatar. Pensez: un millier d'enfants et d'adolescents qui risquaient d'échapper à la chape de bêtise et de s'engager sur la voie étroite de la merveilleuse curiosité humaine! On aurait espéré que Paris défendrait la liberté de penser, marque de fabrique de notre identité universelle. Hélas, là encore, l'infidélité à notre héritage et à notre message s'exhibe avec obscénité.

INFORMATIONS ACTUALISÉES. 
Le porte-parole de la ministre des Français à l'étranger nous a appelé pour remettre les pendules à l'heure, une heure qu'il a tenté de rendre plus rassurante, au motif que le rédacteur de la dépêche AFP " n'aurait pas compris". Malheureux confrère lointain ! 
L'accord, donc, ne concernerait nullement l'enseignement de la charia, réservé aux jeunes Qataris et obligatoire selon les lois de l'émirat. Par ailleurs, l'interdit de la mixité ne concernerait nullement l'établissement puisqu'il s'agit du primaire. 
Seulement, là où le bât blesse toujours, c'est qu'une classe de collège va s'ouvrir à la prochaine rentrée et qu'il s'agira bel et bien du secondaire. Il suffit de consulter les plannings et les statuts dudit lycée Voltaire. " 
En fait, ils sont toujours en discussion, Qataris et Français, sur le futur" confie une journaliste de l'AFP en poste au bureau de Dubaï qui supervise l'info de l'agence dans le Golfe. Evidemment, tout cela nuirait fâcheusement au devoir d'égalité garçons-filles réaffirmé à Paris... 

* Pour tous ceux qui s'intéressent au courage des esprits libres en terre d'islam (et en France), je signale la sortie de mon nouvel ouvrage qui leur rend hommage, de la Tunisie à l'Iran, en passant par les geôles du Golfe, bien entendu.
" Les rebelles d'Allah. Ils ont défié l'ordre islamiste". ( Editions l'Archipel). 
Préfacé par Jean-François Kahn, ce  livre  ne sera sans doute pas diffusé au Qatar...