dimanche 17 mars 2013

ISLAM et ISLAMISME !

Dans l'opposition, le slogan phare des islamistes était : "L'islam est la solution" !

Depuis leur accession au pouvoir on ne peut que constater que c'est “L'Islamisme qui est le problème” !!

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La connerie aussi peut se transmettre de père en fils !

Qu'on pose la question aux Nahdahouis : 
- qu'est-ce que l'islamisme politique et 
- qu'est-ce qu'un islamiste aujourd'hui, 
- mais qu'on prenne le soin de les empêcher de s'autoproclamer gardiens du temple de l'identité musulmane ...
et on s'apercevra sans difficulté de leur vacuité intellectuelle !!!

Il n'y a rien de surprenant que de penser que l'islam aujourd'hui est le problème car il est devenu un marchepied pour accéder au pouvoir et une idée séduisante pour subjuguer les foules. 

Le problème peut devenir un danger si les islamistes s'emparent de l'appareil de l'Etat qui, dans la conception moderne et actuelle, centralise le monopole de la violence symbolique et s'ingère dans les moindres aspects de la vie du citoyen.

L'Etat domine notre vie, et nous considérons à tort ce fait comme allant de soi. Dans notre lecture de la politique, nous oublions souvent de critiquer l'Etat moderne, un Léviathan comme le désigne Hobbes, un monstre qui accapare et concentre tellement de pouvoir, que le pas vers la dictature est vite franchi. 
Mettre l'Etat, ce monstre, entre les mains des islamistes, revient à allumer une étincelle à côté d'un baril d'essence.

Chacun de nous a le devoir de prendre de la distance, de critiquer et de mettre le doigt sur les vrais enjeux et défis de notre époque. Hélas, l'agitation a pris le dessus sur la cogitation. On peut critiquer l'islamisme politique pour des raisons autres que de défendre le droit de boire de l'alcool, de porter la mini-jupe ou encore de fréquenter les discothèques. Nous avons laissé en jachère le terrain des idées alors que c'est justement là que réside la fragilité des islamistes.

L’Islam est mort au 14ème siècle. Entendez l'Islam créateur, qui a donné au monde des penseurs aussi illustres qu'Ibn Arabi, Avicennes, El GHaazli, Avempace et bien d'autres. Sa grande caractéristique était son universalité, la composante arabe y était minime et ce jusqu'à l'invasion Mongole, qui a vu surgir toutes les idéologies réactionnaires à l’Instar de celle d’Ibn Taymiyya. 

Les coups de boutoir de la Reconquista et de le colonisation ont achevé sa mise hors jeu de la civilisation et de la pensée.

Maintenant, et depuis deux siècles, ce grand corps malade ne cesse de tirer vers le bas, les peuples qui veulent s'en émanciper et accéder un tant soit peu à la modernité universelle commencée à la Renaissance et achevée politiquement avec la révolution française. 

L'islam est depuis plus d'un siècle le ballast qui tire ces peuples vers le bas, par la force de sa mythologie et les espoirs jamais achevés qui en font un outil de domination des plus pauvres et des humbles. .

Le Vatican, l'empire le plus vaste le plus puissant et le plus riche de la planète, a été obligé de s’éloigner de la politique pour assurer sa survie religieuse !

De tout temps religion et politique n'ont jamais fait bon ménage. 
La 1ère a été instrumentalisée au profit de la seconde. 
Et rarement elle en est sortie grandie.

A méditer sur la nécessité pour les musulmans de faire leur révolution en faisant leur propre autocritique qui les aménera forcément à admettre une fois pour toute qu'ils doivent séparer le sacré du profane, autrement dit l'Etat de la Religion !

Les catholiques l'ont fait ... les musulmans ne peuvent en faire l'économie ! 

Rachid Barnat

samedi 16 mars 2013

LE PROFESSEUR TALBI INTERDIT D'ASSOCIATION !

Article paru dans :
 Kapitalis
1001 INFOS
Eddenya
Tunisie Focus

REFUS DE VISAS  POUR UNE ASSOCIATION CULTURELLE  PACIFIQUE


Le pouvoir islamiste vient de donner, une nouvelle fois, sa conception des libertés et de la démocratie. Dés que vous entendez un membre de la troïka au pouvoir sur un plateau de télévision ou à la radio il n’a dans la bouche que la protection des libertés et de la démocratie. Ce ne sont que des paroles pour ne pas dire des mensonges car, dans la réalité ce pouvoir ne cesse de bafouer les libertés !


En voilà une preuve supplémentaire.

Le Professeur Mohamed Talbi, éminent islamologue et homme croyant, veut mettre sur pied une association : "Association Internationale des Musulmans Coraniques" dont le but selon les statuts est  de revenir à la source de l'Islam qui est le Coran, dont certains se sont éloignés pour ne débattre que de la chariâa qu'ils ont élevée au même rang que le Livre d'Allah et comme telle serait intouchable ! Chariâa dont les salafistes interdisent toute remise en question parcequ'elle est due aux "salafiyouns" (les prédécesseurs) que forment "Es'sahaba" (les compagnons du prophète) et les premiers califes; et de ce fait ils la sacralisent, d'autant qu'elle constitue pour eux le prolongement du Coran. Donc immuable comme lui ! 

Ce faisant, ils ont osé sacraliser la parole des hommes la mettant au niveau de la parole d'Allah, sinon au dessus ! Ce qui est un sacrilège absolu !


Ainsi en 14 siècles, les interprétations d'imams en imans ont fini par faire dire tout et son contraire à Allah, allant jusqu'à lui prêter des intentions et des paroles qui n'ont nulle trace dans son Livre !


Le but du Pr Mohamed Talbi est louable : il veut dépoussiérer l'Islam de toutes les scories apportées par l'homme durant des siècles et qui ont fini par dénaturer le message premier du Coran !

Or depuis l'avènement du wahhabisme le risque pour cette religion est de perdre son âme et ses valeurs puisque selon cette obédience, "l'ijtihad" est clos et tout a été dit et prescrit : il ne reste aux croyants qu'à appliquer la chariâa, somme des exégèses (Ijtihad) des "salaf" (les prédécesseurs); point barre !


Et devant la violence avec laquelle le wahhabisme cherche à s'imposer et devant ses dérives dangereuses, puisqu'il rejette toutes les autres obédiences issues d'un réel travail intellectuel ayant fait appel à toutes les sciences et même à la philosophie pour adapter l'islam à leur époque; il est impératif que les musulmans reprennent leur religion en main et respectent la première injonction d'Allah qui les exhorte à lire : "Iqr'a" (Lis !), et surtout qui les invite à "l'ijtihad" (exégèse) et à la réflexion !


L'article 3* des statuts fixe l'objectif de cette association :


1/ L'association œuvre au renouveau de l'esprit islamique par la modernité, la rationalité et le progressisme;  convaincue que tout cela est conforme au livre d'Allah.

L'association veut combattre intellectuellement et pacifiquement le salafisme qui prône la violence et la régression.

2/ L'association s'appuie uniquement sur le Livre d'Allah.

3/ L'association est rationaliste, car le Livre d'Allah ne s'oppose pas à l'esprit critique.

Bien au contraire, il l'encourage et invite le croyant à la réflexion et à la méditation  !

L'association prône une lecture rationnelle et moderniste du Livre d'Allah, pour accompagner notre époque.

4/ L'association est tenue de respecter la "sunna" du messager d'Allah dés lors qu'elle corrobore le Coran.


Le Professeur Mohamed Talbi est très connu pour sa carrière universitaire et pour les nombreux ouvrages qu’il a publiés. Il souhaite rénover la pratique de l’Islam. Ce qui, à notre époque, est devenu une nécessité. Pour cela il défend le coranisme qui est la volonté de revenir à l’essentiel c'est-à-dire au texte du Coran lui-même et de se dégager des multiples ajouts humains qui se sont accumulés d'interprétations en interprétations à propos du texte sacré. Au point que certains se sont spécialisés dans le commentaire des commentaires pour en donner leur version !

Il n’y a là rien de blasphématoire, bien au contraire !


Pourtant le pouvoir vient de refuser d'accorder l'agrément à l’Association qui veut défendre le coranisme. La raison essentielle du refus porte sur le nom de l'association au motif que l'on ne peut accepter "coranistes" puisque tous les musulmans sont coranistes !


Il n'échappera à personne que ce refus repose :

- soit sur une ignorance du pouvoir, car les "coranistes" sont bien une partie des musulmans et que, contrairement à ce que soutient le pouvoir en jouant sur les mots, tous les musulmans ne sont pas "coranistes",

- soit plutôt sur la volonté d'empêcher, précisément le coranisme, c'est à dire le retour au Coran et au seul Coran, de progresser; le pouvoir étant lui même contrôlé par Ghannouchi dont tout le monde connait sa proximité avec le wahhabisme, faisant lui même partie de la nébuleuse des Frères Musulmans !


On va, sans doute dire, tout cela est une petite querelle sans conséquence. Ce serait une erreur de le prendre comme cela car la liberté d’association est une des libertés première en démocratie : elle permet de se réunir et de défendre ses idées en étant plus fort.

Ce n'est pas un hasard que toutes les dictatures se méfient et empêchent les citoyens de se réunir dans des associations. La liberté en la matière est le principe; et on n’interdit une association que si son objet viole la loi.


Or ici le refus du pouvoir n’a aucun fondement légal ! D’ailleurs le refus va être contesté devant le Tribunal Administratif car il s’agit ni plus ni moins que d’un abus de pouvoir.


On est d’autant plus choqué que dans le même temps le pouvoir autorise des associations qui, elles, sont tout à fait contraires à la loi :

- Les Ligues dites de "Protection de la Révolution" qui ne sont pas des partis politiques mais bien au service d'Ennahdha et du CPR, et dont le pouvoir s'en sert à des fins partisanes, on en faisant sa milice ! Milice qui empoisonne la vie démocratique puisqu'elle est lâchée tels des pit bulls contre tout opposant à Ghannouchi ... et dont la violence va jusqu'à l'élimination physique des opposants !

- Le pouvoir a autorisé de nombreuses associations dites "caritatives" dont certaines organisent le départ de jeunes embrigadés pour accomplir le "jihad" en Syrie servant de chair à canon aux petro monarques qui se disputent l'hégémonie sur ce pays aussi !

- De même que le pouvoir a autorisé des partis politiques qui refusent la démocratie.


On voit par ces rapprochements combien la décision de refus de l’Association du professeur Mohamed Talbi est choquante. Œuvrer pour une lecture moderne du Coran, ne nous y trompons pas, cela ne plaît pas du tout aux islamistes Wahhabites et donc au Quatar qui veut coloniser la Tunisie !


Voilà pourquoi l'on crée des difficultés au Professeur Talbi ! C'est bien le signe que l'on préfère l'obscurité propice à manœuvrer les peuples plutôt que la lumière si dangereuse pour les dictatures.


Ce qui étonne, c'est que les déclarations d'associations doivent être déposées au Secrétariat de la Présidence alors que cela ne devrait pas être son rôle mais plutôt celui du Ministère de l'Intérieur. C'est là, de toute évidence une survivance de l'ère Ben Ali que Marzouki grand défenseur des libertés et des droits de l'homme s'est bien gardé de changer. Et ce monsieur qui fait de vibrants discours à l'étranger sur la démocratie en Tunisie, joue son petit contrôleur dans la réalité et utilise des arguties sans valeur pour empêcher une liberté de s'exprimer !


Il faut donc inviter la société civile à défendre, ici, le droit d’association et de manifester fortement sa colère contre de telles pratiques. Certains ne sont pas intéressés par l’objet de l’association, mais ils doivent manifester quand même, pour le principe, car un jour cela pourra arriver à une association dont ils se sentiront proches.


Rachid Barnat


Article 3* : 

أهداف الجمعية ونشاطها

1-      الجمعيّة تعمل من أجل تجديد الفكر الإسلامي، وتحقيق الحداثة، والعقلانيّة، والتقدّم إلى الأمام، وذلك في اعتقادنا يـتّفق مع كتاب الله. وتقاوم السلفيّة الّتي تدعو إلى العنف والتأخّر إلى الوراء، وذلك بالمكافحة الفكريّة السِلميّة.

2-     الجمعيّة ملتزمة بكتاب الله دون غيره.

3-     الجمعيّة عقلانيّة، لأنّ كتاب الله لا يخالف العقل بل يُشيد به ويمجّده ويدعو باستمرار إلى التفكير والتدبّر. فنحن نقرأ كتاب الله قراءة عقلانيّة حداثيّة مقاصديّة مُحيّنة (actualisée) سَهْمِيّة، مُتَّجِهَة دائما في اتّجاه السَّهْم (vecteur) المُوَجّه بهداية الله. " وعلى الله قصد السبيل"، وقّانا الله جائرها.

4-  الجمعيّة ملتزمة بما اتّفق من سنّة رسول الله مع القرآن.


NB : Le Pr Talbi après obtention du visa pour son association coranique : des précisions et encore des  précisions !




mardi 5 mars 2013

VOUS AVEZ DIT CONSENSUS !

Article paru dans : Kapitalis

J’ai déjà écrit que l’opposition était un boulet et que la société civile devait compter sur elle-même car elle est beaucoup plus clairvoyante que beaucoup de membres de l'opposition
Or je viens d'entendre Néjib Chabbi chef du Parti républicain s’exprimer et dire en substance : qu'il faut compter avec Ennahdha, c'est un grand parti bien structuré disposant de beaucoup de moyens et très bien financé. Un parti très populaire avec lequel il faut compter qu'on le veuille ou non car il est bien implanté dans la Tunisie profonde ! 
Est-ce un discours d'un homme politique responsable ? Est-ce ainsi qu'il pense mobiliser les tunisiens ? Ne jette-t-il pas l'éponge avant le combat ?

Et ce n’est pas la première fois que ce monsieur fait état de la résistance à laquelle se seraient livrés  les islamistes contre le régime de Bourguiba puis contre celui de Ben Ali, en en faisant l'éloge !

Alors il faut mettre les points sur les i.
La résistance n’est pas en soi et pour la vie une sorte de permis de diriger un pays.
Par ailleurs  il y a résistance et résistance d'une part, et d'autre part il faut distinguer entre ceux qui ont résisté en restant en Tunisie et ceux qui auraient résisté à partir de l'étranger, souvent de pays européens.
Pays dont on utilisait les libertés, les règles démocratiques et quelques fois les aides financières, quand l'Occident était "halal"... mais une fois rentrés au bercail, l'ingratitude des bénéficiaires va jusqu'à le dénigrer, le considérant comme le "haram" absolu, jetant l'anathème sur leurs habitants !
Les tunisiens savent bien, par ailleurs, que ce ne sont pas ces résistants là qui ont fait la révolution.
Ces prétendus résistants sont rentrés de l'exil doré pour la plus part à la faveur d'une révolution qu'ils n'ont pas faite pour s’en saisir en jouant les martyrs comme pour se donner une légitimité !
Alors un peu de sérieux !

Par ailleurs la résistance n’a de valeurs que par le projet que l’on porte. Car résister à un tyran pour installer une nouvelle tyrannie n’a strictement aucune valeur. Or c’est bien ce qui se passe avec les islamistes. D’une part leur résistance n’est pas du tout à l’origine de la révolution mais ils se donnent une légitimité de martyrs de la résistance tout à fait fausse comme pour se donner le droit d’installer une nouvelle dictature.

Cela n’est pas acceptable et les leaders de l’opposition devraient cesser de louer la prétendue résistance des islamistes. On ne répétera jamais assez qu’ils n’ont pas fait la révolution.

Le peuple Tunisien a bien compris cela; et lorsque à l'enterrement d'Ahmed Rahmouniun, un ancien résistant, le week-end dernier à Thala, il a chassé avec force Ghannouchi et ses comparses, c'était évidemment pour dire haut et fort qu'il ne fallait pas confondre un résistant qui s'était battu pour l'indépendance de son pays et un prétendu résistant qui n' a de cesse de faciliter la colonisation de son pays par les arabes du Golf et d'Arabie.
Ce peuple montre clairement à M. Chebbi qu'il y a bien résistance et résistance et qu'il faut cesser de vanter la prétendue résistance des islamistes.

Néjib Chabbi nous dit que ces résistants constituent un parti très fort avec lequel il faudra compter c'est-à-dire composer. Il commet là une erreur grave et que les tunisiens ne peuvent en aucun cas accepter. Certes ces islamistes représentent une force mais c’est une force négative et néfaste; qui veut, de toute évidence (rappelons-nous les déclarations de Ghannouchi, de Mourou et de tant d’autres), installer une théocratie, c’est à dire une dictature religieuse pire que les précédentes !
Bien sûr ils ne le disent pas officiellement mais tous leurs comportements, leurs décisions vont dans ce sens. Alors devant un tel parti, en réalité fasciste,  puissant ou pas, on ne transige pas et on ne s’associe pas sous peine de perdre son âme. Moustapha Ben Jâafar et Moncef Marzouki l'ont appris à leur dépens si toute fois ils avaient des convictions de démocrates et s'ils étaient sincères !

L’idée, évidemment attirante et à première vue intéressante, du consensus que l’on voit développer ici ou là, est en réalité une erreur grave. Pour qu’il y ait consensus il faut d’abord que les partis qui veulent se réunir partagent des valeurs de bases essentielles communes.
Ici, sauf à ne pas vouloir se rendre compte de la réalité, les islamistes ne partagent avec les autres partis aucune des valeurs de base de la démocratie : liberté de conscience, liberté d’expression, égalité des hommes et des femmes, lieux de culte réservés  à la prière et non à la politique.
Alors comment faire consensus ? Marie-t-on la carpe avec le lapin ?

Par ailleurs un gouvernement de consensus, c'est aussi diluer les responsabilités et éviter de porter le poids de l'échec. A quel parti incombera la responsable de l'échec ? Et croyez vous vraiment que la politique menée sera nécessairement bonne parceque tout le monde s'y met ? D'autant que nous savons bien en quoi consiste la démocratie selon Ghannouchi : il est démocrate qu'avec ceux qui sont de son avis ! Ne l'avions-nous pas vu à l'œuvre décider de tout, bon gré malgré ses alliés de la troïka ... réduit à un rôle de beni oui-oui !!

Au contraire il faudra donner satisfaction un peu ou beaucoup à tous, un peu ici et là; et tout cela ne fera pas une politique énergique, dynamique et forte comme celle qui est absolument nécessaire pour redresser le pays et réparer les dommages considérables causés par le pouvoir actuel.

Récemment Taieb Baccouche, représentant de Nida Tounes répondait avec des tours et des détours sur une alliance avec Ennahdha. C'est inacceptable. Les Tunisiens en grande majorité ne veulent plus d'une attitude hypocrite à la Marzouki et à la Ben Jaâffar ! Ils veulent une déclaration nette selon laquelle Nida Tounes ne veut, en aucun cas de la société que veut Ennahdha et ne s'unira jamais à ce parti, quitte à rester dans l'opposition. Est-ce trop demander ?

En réalité si l'on creuse un peu cette volonté de "travailler" avec les islamistes, vient de l'idée que s'ils sont à l'extérieur ils seront violents. Doit-on se plier à cette violence ? Doit-on composer sous la menace ? La réponse doit être : NON. 
Et, par ailleurs les islamistes ne seront pas exclus du jeu politique car s'ils ne sont pas au pouvoir leur place sera dans l'opposition comme cela se passe dans toutes les démocraties ! Mais pour cela ils doivent respecter les règles démocratiques, c'est à dire essentiellement le refus absolu de toutes violences.

En second lieu l’opposition a-t-elle perdu de vue que ce qui est l’un des critères fondamental de la démocratie et, sans doute le plus important, c’est l’alternance. Il faut qu’un pouvoir qui a démérité puisse être remplacé par un autre pouvoir qui mènera une autre politique.
Quelle alternance, si le pouvoir est exercé par tous ? 

Alors cessons de nous gargariser de ce mot de consensus qui ne signifie rien de sérieux contrairement à ce que certains essayent de nous vendre ! Mais qui sous tend plutôt la terreur qu'Ennahdha inspire à tous les démocrates pour se croire obligés de les associer au pouvoir coûte que coûte en dépit du bon sens ... de peur que les nahdhaouis ne reprennent de plus belle le terrorisme s'ils n'étaient pas au pouvoir !
Ce qui serait une drôle de conception de la démocratie de la part d'Ennahdha ... mais aussi une belle  démagogie de la part de l'opposition de l'accepter !

Cessons donc de louer la résistance des islamistes à ZABA pour légitimer leur maintien au pouvoir dans des formations bancales politiquement vouées à l'échec si ce n'est à une nouvelle dictature.
L'exemple de la troïka est là pour nous le rappeler : qu'ont pu faire Marzouki et Ben Jaâfar les deux chantres de la démocratie qui nous assuraient veiller à ce que Ghannouchi ne franchisse jamais la ligne jaune ! Or toutes les lignes rouges ont été franchies sans que ces deux démocrates n'aient pu faire quoi que ce soit !


Rachid Barnat



samedi 2 mars 2013

PETITION POUR DIRE NON A François HOLLANDE !


Si cela est confirmé, ce sera une grave erreur qui va irriter fortement la société civile tunisienne. 
Cette visite sera faite à un pouvoir manifestement : 
- illégitime sur le plan juridique ! L'assemblée constituante n'a été élue que pour un an (voir le décret de convocation). Son mandat s'est terminé le 23 octobre 2012. 

- illégitime sur le plan politique et moral après les très graves dérives du gouvernement : tirs à balles réelles sur les manifestants et assassinats politiques celui de Chokri Belaid et celui de Lotfi Naguedh.
UNE VISITE PREMATUREE ... QUI VAUT CAUTION A UN POUVOIR ILLEGITIME ET DONT ON PEUT CRAINDRE LA DERIVE FASCISTE !
Monsieur le Président François Hollande vous ne devrez venir qu’après les élections qui s'imposent et que le pouvoir en place retarde volontairement et abusivement. 
Votre venue, donnera un très mauvais signe aux démocrates ! 
Car il est faux de dire que la transition démocratique se passe bien, comme le soutenait hypocritement Marzouki à l'assemblée nationale française mais aussi devant les parlementaires européens à Strasbourg.

Vous devrez prendre conscience que la société tunisienne risque de vous tenir rigueur de ce déplacement prématuré.
Merci pour votre soutien aux démocrates tunisiens, Monsieur le Président.
Rachid Barnat