jeudi 29 septembre 2016

RETOUR DU "HAJJ" *, OU QUAND LES Ibn SAOUD FONT LEUR "COM"

* Pèlerinage à la Mecque.

Certains nouveaux "haj" (ceux qui viennent d'accomplir le pèlerinage à la Mecque, obligation assortie d'une dispense pour ceux qui n'en auraient pas les moyens; soit dit en passant), aiment raconter leur "hajj" et faire partager leurs émotions autour d'eux.

Ce qui revient souvent dans la narration du fameux pèlerinage, c'est l'éblouissement des "haj" devant tant de gigantisme dans les lieux saints de l'islam et la richesse étalée dans les bâtiments qui les abritent.

Savent-ils seulement que cela s'est fait au détriments de bons nombres de lieux archéologiques et néanmoins sacrés pour les musulmans; que sont les maisons des compagnons du prophète et ceux de ses épouses dont celle de Aïcha vénérée par les sunnites (mais haie par les chiîtes, faut-il le rappeler), qui ont été rasés pour laisser place à des hôtels de luxe et à des centres commerciaux, expression de la mégalomanie des Ibn Saoud ?

Savent-ils que les Ibn Saoud tentent de se donner une légitimité comme Gardiens des Lieux Saints, grâce aux pétrodollars qu'ils dépensent sans compter ... pour faire oublier qu'ils sont usurpateurs de cette fonction traditionnellement dévolue aux qoraïchites, de la tribu de Qoraïch, celle du prophète Mohammad.

Certains ont relevé que les imams appelant aux prières, associent systématiquement le nom des Ibn Saoud à celui d'Allah et celui de Mohamed, auxquels répondent par amen, des millions de pèlerins; sans se rendre compte qu'ils font allégeance aux Ibn Saoud ! Une "com" gratuite pour les Ibn Saoud qui préparent l'étape d’après celle "Khademo'l Haramaiyn" (Gardien des deux lieux saints que sont la Mecque et Médine) : prendre le titre d' "Emir el mou'minin", Commandeur des Croyants; titre que leur disputent l'émir du Qatar et ses protégés Frères musulmans ... puisque Erdogan ne cache pas son désir de restaurer le Calfat et de briguer le titre de Calife !

Le plus étonnant c'est de les entendre dire que leur foi s'est affermie devant tant de richesses étalées : marbres, stucs, or, argent .... comme s'ils avaient besoin d'un veau d'or !
Oublieux pour la plus part que dans le malékisme ancestral des tunisiens, l'ostentation en tout est interdite; et que la foi comme le reste, se vivent entre soi et Allah, dans la discrétion : nul besoin de pratiques religieuses ostentatoires, ni d'étalage de richesse, ni de poudre aux yeux comme le font les Ibn Saoud qui veulent en mettre plein les yeux aux pèlerins venus du monde entier, transformant les lieux saints en un gigantesque parc d'attraction .... à l'américaine !

Savent-ils ces pèlerins que les Ibn Saoud dont le wahhabisme condamne à l'enfer les occidentaux pour leur mécréance ... ont fait appel à des ingénieurs, des concepteurs, des architectes et des entreprises de bâtiments tous occidentaux, pour réaliser ce nouveau parc d'attraction ? Eux ne sachant rien faire, sinon gérer (mal) leur agent, tels des marchands du Temple !

Savent-ils aussi qu'ils ont érigé ces gigantesques bâtiments à la gloire des Ibn Saoud, ceux-là mêmes qui détruisent au nom du wahhabisme les statues des Bouddhas et les mausolées tunisiens, érigés à la gloire des soufis, hommes et femmes, réputés pour leur érudition, leur sagesse et leur humanisme ?

Et savent-ils que leur argent pour effectuer le pèlerinage, pour lequel certains s'endettent parfois à vie, vient enrichir un peu plus les Ibn Saoud, qui financent le terrorisme dans le monde, et qui sèment le chaos dans les pays du "printemps arabe" pour mettre en échec des révolutions qui pourraient donner des idées à leur peuple ?

Voilà le paradoxe de millions de pèlerins, quand ils ignorent l'histoire de leur religion : ils sont à la merci de celui qui peut diffuser sa conception de l'islam, pour répudier leur obédience traditionnelle et adopter celle de celui qui répand la sienne à coup de pétrodollars !!

Il faut croire que la foi et les traditions se vendent et s’achètent par le plus offrant ! Traduisant un manque de foi sincère de la part des personnes prêtes à devenir "saudo-wahhabites", pour recouvrer une identité "arabo-musulmane" qu'ils auraient perdue, comme le leur serinent les Frères musulmans et autres néo-salafistes pour les convertir au wahhabisme et au model sociétal qui va avec !

Ainsi, insidieusement le wahhabisme est entrain de remplacer le malékisme et le soufisme ancestraux des tunisiens ... profitant de leur ignorance et de leur manque de culture !

Rachid Barnat

mercredi 28 septembre 2016

ISLAM et ISLAMISME & SOUFISME et WAHHABISME ...

L'islamisme c'est l'instrumentalisation de l'islam pour faire de la politique !

Thierry Tuot (conseiller d'État) : " L'islamisme, c'est la revendication publique de comportements sociaux présentés comme des exigences divines et faisant irruption dans le champ public et politique ".

Certains croient à l’existence d'un islamisme "modéré" !
Il ne peut exister d'islamisme modéré; puisque tous les partis islamistes des néo-salafistes actuels, ont pour doctrine le wahhabisme.

Par contre l'islam comprend de nombreuses obédiences (ou écoles théologiques) selon les interprétations du coran que font les imams, (maîtres de ces écoles).

L'obédience la plus "cool", est le Soufisme, très répandu en Afrique du Nord et en Afrique sub-saharienne, tout comme dans les Balkans.
Le but de cette obédience est de permettre à l'homme de "rencontrer" dieu et de le reconnaître en l'appréciant à travers sa création.
Pour cela l'homme doit jouir de tous ses sens, car à travers la musique, le chant, la danse, la poésie, l'amour, la nature ... l'homme rend grâce à dieu en jouissant de tout ce qui est beau !

Mais la pire des obédiences en islam, est celle de l'imam Mohamed Abdelwahhab, fondateur du Wahhabisme.
Le but de cette obédience est de ne point distraire l'homme de son dieu par le chant, la musique, la danse, la poésie, l'amour (puisque la femme est réduite à un simple objet sexuel, reproductif) ....
Tout ce qui peut distraire de dieu sur terre est "haram" (interdit, illicite), avec la promesse que tout redevient "halal" (licite) .... mais dans l’au-delà !
Ce qui explique que tant de frustrations finissent par inciter certains à souhaiter la mort pour jouir au plus vite au paradis de tout ce qui leur est interdit ici bas.
Mais pour cela il y a une condition : il faut que le kamikaze meurt en jihadiste et avoir tué autant qu'il peut de mécréants ... pour mériter les 72 houris et se soûler jusqu'à plus soif dans les rivières de vins ..... promis au paradis !!
D'où la guerre des wahhabites contre le soufisme et contre le maraboutisme.
Maraboutisme qui n'est autre qu'un hommage aux intellectuels soufis qui, par leur érudition, leur sagesse et leurs œuvres littéraires, leurs poésie, leurs chants ... ont célébré Dieu avec amour jusqu'à fusionner avec lui lors de leurs méditations.
D'où le culte que certains peuvent développer pour ces sages soufis qu'ils vénèrent tels des saints, ayant pu atteindre l'extase et entraperçu Dieu, pour leur servir d'intercesseur auprès de Lui.

Rachid Barnat








Ibn Taymiyya, l'ancêtre de Daech

Ibn Taymyya, père spirituel de Mohamed Abdelwahhab, fondateur du wahhabisme : deux extrémistes à l'esprit étriqué, obtus pour ne pas dire dérangé !

D’ailleurs le père de Mohamed Abdel wahhab, imam lui aussi, était en colère contre son fils, qu'il a obligé de taire sa doctrine qu'il jugeait hérétique; et que celui-ci ne reprendra qu'aprés la mort de son père !
R.B
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(extrait)

Qui était Ibn Taymiyya ? 

Un théologien du XIIIe siècle, né à Harran en Turquie en 1263 et mort à Damas en 1328 en prison.

Pour aller vite, c’est lui qui a inspiré au XVIIIe siècle Mohamed Ibn Abdelawahab, celui qui a fait de l’islam une lecture littérale, étriquée, anachronique et dure. 

Depuis, le wahhabisme est appliqué en Arabie Saoudite, au Qatar et inspire aussi les idées des Frères musulmans. C’est l’application de la charia sans réflexion, sans discussion comme si nous étions encore au VIIe siècle ou pire à l’époque de la Jahilya, avant l’arrivée de l’islam.

Ibn Taymiyya s’était opposé aux philosophes rationalistes qui prônaient une lecture intelligente, métaphorique et symbolique du Coran et des Hadiths. 



Il a rejeté Al Ghazali et Ibn Arabi qu’il considérait comme mécréants. Il a été contre les Mu'tazilahs, contre Al Farabi, contre Ibn Sab’in et contre Ibn Sīnā (Avicenne). 



Il incitait les croyants au jihad et méprisait la mort. 

Son intolérance n’avait d’égale que sa soif de violence. 

Tout cela rappelle des choses horribles. N’est-ce pas le discours de Daech ? :
L’incitation au jihad non pas dans le sens de l’effort sur soi, mais bien dans le sens du combat et celui de la guerre.




mardi 27 septembre 2016

Il ne saurait y avoir de féminisme d’Orient ou d’Occident

Il faut en finir avec les complexes du colonisé, tarte à la crème de tous les complexés de l'Histoires. Le féminisme, tout comme les Droits de l'Homme, est universel. 
R.B
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Je me méfie de ceux qui se méfient de l’Occident, parce qu’ils ne cessent d’être dans la défensive et manquent de souveraineté d’esprit.
C’est le dernier «procès en colonisation» à la mode. Il s’attaque à «la colonisation du féminisme», de même qu’on s’attaquait hier à la colonisation des esprits, des langues ou des modes de vie. Le féminisme, dans sa conception classique et de par son origine occidentale, serait empreint de racisme et d’islamophobie ; au mieux, d’autocentrisme et de maternalisme. Il serait pensé par des femmes blanches pour des femmes blanches, bourgeoises de surcroît. Il faut donc s’en méfier. Changer de grille de lecture. Ancrer la thématique de l’émancipation des femmes dans la diversité des cultures et l’ouvrir à d’autres conceptions du féminin. Je ne fais pas partie d’un cercle «homologué et approuvé occidental», mais ces propos me font dresser les cheveux sur la tête - non voilée bien évidemment. Comment ne pas voir dans ce procès appelant au rejet du «féminisme blanc» un relais, conscient ou non, du «féminisme vert» qui se propage en terre d’islam comme en Europe. Autrement dit, derrière les arguments de «diversité», de «globalisation» ou de «tradition culturelle spécifique» ici avancés, l’on assiste au retour d’un patriarcat d’autant plus insidieux que ses porte-parole sont des femmes et d’autant plus dangereux qu’il conforte l’attitude d’une idéologie nostalgique du passé et pour lequel l’Occident demeure le responsable de tous les malheurs du monde.
Vous me direz, c’est normal qu’il y ait une remise en question d’un féminisme «taille unique». Et cela s’explique plus dans le contexte arabo-musulman affecté par les offensives occidentales, le conflit israélo-palestinien, les désenchantements nationaux, l’émergence des Frères et d’autres défaites. Des femmes ont alors défendu l’idée d’un «féminisme islamique» lequel avait pour but de démontrer que ce ne sont pas seulement les dynamiques inspirées de l’Occident qui mènent le processus de rupture avec la société arabe traditionnelle et qui, il faut le reconnaître, eurent l’avantage d’ouvrir, en partie, les portes de l’exégèse féminine et de servir de passeport pour un certain accès à l’espace public.
Toutefois, l’idée que les islamistes auxquels il faudra ajouter les nouveaux défenseurs du relativisme culturel se définissent comme féministes relève de l’imposture. Le recours même au mot «féministe» est une aberration si l’on définit le féminisme comme un combat universel et sans concession contre la domination masculine. Et parce que le féminisme ne saurait privilégier la différence des femmes à l’universalité de leurs droits. Reconsidérer leur statut du point de vue de la tradition revient à le soumettre à la loi patriarcale. 
Par ailleurs, en quoi ce «féminisme» fait-il avancer la cause des femmes alors même qu’il l’emprisonne dans des combats d’avant-garde tels que le voile, la non-mixité ou la complémentarité ? Est-ce apporter «la contradiction qui enrichit» que de vouloir réintroduire le référent religieux sous le nom d’approche «transculturelle» ? Peut-on être féministe et défendre une quelconque prescription de contrainte sur le corps féminin, fût-elle revendiquée par l’intéressée ? Personne n’oblige les femmes à être les mêmes, mais aucun féminisme réel ne peut faire l’impasse sur l’intégrité de leur corps ni accepter de revenir sur leurs acquis sous prétexte d’une hiérarchisation des luttes. Nul ne doit s’immiscer dans la croyance des femmes, mais nul ne doit aliéner leur liberté à des doctrines immuables, ni occulter la question de leur émancipation sous des avancées de façade.
Qu’on arrête donc de nous dire que le voile ne stigmatise pas le corps féminin ou qu’il ne le désigne pas comme attentatoire à l’ordre de la cité. Qu’on cesse de prétendre que la défense des femmes doit s’attaquer à leur domination économique et sociale et fermer les yeux sur les signes où résident les plus insidieuses présences de cette même domination. Feindre qu’il n’y aurait d’autre issue pour les réfractaires au modèle féministe classique, et plus précisément pour les musulmanes pratiquantes de France, que de retourner «chez elles», insinue que l’islam se réduit à ses apparences extérieures aux dépens de sa spiritualité et qu’il serait incapable de faire siennes les valeurs universelles, fussent-elles inspirées par l’Occident.
Je ne crois pas que l’espace de tradition et de religion soit un espace de liberté. Je me refuse à parler de «nouvelle invention de la modernité» pour une approche qui, au fond, considère la modernité comme un mal occidental. Je crois entendre le timbre moralisant qui assimile la liberté de l’individu féminin à une dissolution des mœurs. 
Et je pose la question : que serait un «féminisme décolonisé» si ce n’est un féminisme délesté de la plupart des acquis engrangés ? De quel droit décider que certaines lois, comme l’interdiction du voile en France, sont «antimusulmanes», alors même que des millions de musulmanes se battent dans le monde contre le voile. Pourquoi la défense du voile devrait-elle être mise sur le même plan que la lutte contre le viol ou les violences conjugales ? Qui, de celle qui se bat contre la radicalisation et celle qui s’occupe de guerroyer pour le hidjab, est plus utile pour la société ? Comment accuser de «matérialisme» un féminisme qui s’échine depuis des décennies à faire des femmes des êtres affranchies de toute tutelle ? Le matérialisme ne consiste-t-il pas, plutôt, à flatter la différence et à victimiser l’Autre ? A générer un islamo-féminisme qui est en passe de jeter la discorde entre les femmes ? Les dénonciateurs du «féminisme colonisé» ne rêvent-ils pas, somme toute, d’un «féminisme indigène» et ne renouent-ils pas avec l’orientalisme d’antan ?
Je veux bien que l’identité soit mobile et mutante mais encore faut-il que cette mutation ne rogne pas sur les acquis des femmes. Si le particularisme peut être gros d’universel, je m’en méfie quand il est invoqué au sujet des femmes car, souvent, il taille dans leurs libertés. Je tranche pour le féminisme classique. Et réfute le terme «colonisateur» pour un féminisme qui a initié le plus grand combat de tous les temps au profit des femmes sans verser une seule goutte de sang. J’appelle à la vigilance contre ces nouvelles théories plaidant pour une «dimension postmoderne du religieux» qui serait «source de réenchantement» et «nouvelle chance pour le féminisme» ! Je me méfie de ceux qui se méfient de l’Occident, parce qu’ils ne cessent d’être dans la défensive et manquent de souveraineté d’esprit.
Je me dois donc d’appeler les Occidentales pourfendeuses du féminisme de leurs grands-mères à ne pas succomber au «sanglot de l’homme blanc». De même que j’appelle les musulmanes dont je suis à sortir de la mentalité d’ex-colonisée typiquement masculine et à réussir un processus d’altérité jusque-là inédit. 
Nous pouvons partager sans honte certains modèles occidentaux, non pas par allégeance à l’Occident, mais dès lors que ces modèles se placent au-dessus de toutes les traditions et plaident pour la Justice et le Droit. En vérité, il ne saurait y avoir de féminisme d’Orient ou d’Occident. Ni de féminisme qui opposerait le Nord au Sud. Ou vanterait une tradition qui se refuserait à parfaire le cycle de notre émancipation. Il ne peut y voir qu’un féminisme : celui qui s’achève dans une raison des femmes.

Le Choc des civilisations

Les Ibn Saoud confirmeraient-ils la thèse du choc des civilisations ?
R.B

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Samuel Huntington

Samuel Huntington avait fait sensation, en 1993, quand, dans la revue «Foreign Affairs», il avait prédit un conflit entre civilisations là où, jusqu'à la chute du mur de Berlin, s'affrontaient les idéologies. L'an dernier, ce professeur américain de Harvard, ancien membre du Conseil national de sécurité de la Maison Blanche à l'époque de Jimmy Carter, a développé sa thèse controversée dans un livre intitulé «le Choc des civilisations», désormais accessible en français. Sa thèse centrale: «Dans ce monde nouveau, les conflits les plus étendus, les plus importants, et les plus dangereux, n'auront pas lieu entre classes sociales, entre riches et pauvres, entre groupes définis selon des critères économiques, mais entre peuples appartenant à différentes entités culturelles.» En particulier entre l'Occident et la montée en puissance des civilisations musulmane et confucéenne qui, estime-t-il, «s'efforcent d'étendre leur puissance militaire et économique pour résister à l'Occident et trouver un équilibre avec lui». Cette thèse a provoqué un vif débat dont «Libération» donne aujourd'hui les éléments, avec une interview de Samuel Huntington, et la réponse d'un expert français, Pierre Hassner, directeur au Ceri, fondation des sciences politiques.
Vous affirmez que la notion de civilisation peut nous aider à mieux appréhender la géopolitique à l'aube du troisième millénaire. Pourquoi aujourd'hui et pas hier?
La fin de la Seconde Guerre mondiale fut suivie par la Guerre froide. C'est-à-dire par une compétition opposant deux systèmes économiques et politiques plutôt que deux civilisations. Mais cet état de choses ne pouvait pas durer éternellement. Il paraît clair maintenant que le facteur culturel sera décisif au cours du prochain siècle. Pour la première fois de l'Histoire, nous vivons dans un monde multipolaire où les principales puissances appartiennent à des civilisations différentes. C'est cela qui a tout changé.
Certains pays ont tenté de passer d'un modèle de civilisation à un autre. Est-ce possible?
La Turquie est le meilleur exemple de ce phénomène. Kemal Atatürk voulait transformer son pays en suivant le modèle occidental. Il a créé un nouvel Etat laïque à partir de la vieille nation turque. Ses successeurs, jusqu'à aujourd'hui, ont poursuivi le même objectif. Mais la situation a changé. L'Etat laïque fait à présent l'objet d'un rejet de la part du parti dominant en Turquie. Du coup, la Turquie ne sait plus sur quel pied danser: fait-elle partie de l'Occident, de l'Europe, ou est-ce un pays moyen-oriental, le cœur d'une nouvelle civilisation turque qui s'étendrait jusqu'en Asie centrale?
Où se placent des pays qui, comme la Grèce, se trouvent sur la ligne de partage de ce que vous appelez les «civilisations en conflit»?
La Grèce est un pays orthodoxe. Comme son voisin turc, la Grèce doit sa présence au sein de l'Otan à la Guerre froide. Ensuite, le pays a adhéré à la Communauté européenne. Ce n'est pas pour autant un pays occidental. La preuve, c'est que la Grèce, à la différence des autres pays occidentaux, s'est mise ouvertement dans le camp des Serbes pendant les conflits de l'ex-Yougoslavie. Athènes a travaillé la main dans la main avec Moscou pour aider Belgrade à détourner les sanctions économiques. Les dirigeants grecs parlent d'une «entente orthodoxe» liant Athènes à la Serbie ainsi qu'à la Bulgarie. La coopération avec la Russie se renforce en même temps, comme le prouve l'accord entre Athènes, Moscou et Chypre sur la vente de missiles russes au gouvernement chypriote. La Grèce se comporte comme un pays orthodoxe.
La civilisation se définit donc par rapport à la religion?
La religion n'est pas le seul élément dans l'équation, loin de là, mais elle est certainement d'une grande importance.
L'essor de l'intégrisme religieux est-il la conséquence directe du conflit de civilisations?
L'intégrisme religieux résulte avant tout du processus de modernisation qui affecte le monde. Des mouvements intégristes existent aujourd'hui au sein de pratiquement toutes les principales religions. Les gens qui rejoignent ces mouvements sont ceux qui ont quitté leur village natal dans l'espoir de trouver du travail dans les villes, qui se sont déracinés et qui doivent s'adapter à un milieu urbain. Ils deviennent des intégristes, qu'ils soient protestants, hindous ou musulmans. L'essor de l'intégrisme est générateur de problèmes et de conflits. Les résoudre, sera l'un des principaux défis que les Etats du monde devront relever.
La civilisation occidentale croit en l'universalité de ses valeurs. Cette attitude a-t-elle généré l'intégrisme islamique?
Il ne fait pas de doute que le retour de l'islam est une réaction à la modernisation sociale et économique. Mais c'est aussi un rejet sans appel de la culture occidentale. Les islamistes ont peur de se faire étouffer par la culture occidentale. C'est pour cette raison qu'ils sont prêts à se moderniser sans pour autant s'occidentaliser.
Le conflit entre l'Occident et l'Islam constitue à vos yeux le conflit le plus important de notre époque.
Essayez de trouver quelque part dans le monde un conflit important qui n'oppose pas une société islamique à une société non islamique. La frontière du monde musulman, du Maroc à l'Indonésie, est une ligne de front continue. Les Bosniaques musulmans contre les Serbes orthodoxes et les Croates catholiques, la Grèce contre la Turquie, les Arméniens contre les Azéris, les Russes contre les Tchétchènes et les musulmans d'Asie centrale, l'Inde contre le Pakistan. Sans compter les conflits entre musulmans et catholiques aux Philippines et en Indonésie, entre les Juifs et les Arabes au Moyen-Orient et la guerre sanglante entre chrétiens et musulmans au Soudan.
Votre théorie des civilisations n'est-elle pas une façon de justifier l'hégémonie américaine.
C'est absurde. J'insiste au contraire sur le fait que la puissance de l'Occident diminue par rapport à celle des autres civilisations. L'Occident ne peut pas et ne devrait pas tenter d'imposer son système à d'autres sociétés par la force ou la coercition. Nous allons vers un monde à civilisations multiples; il n'y aura donc plus de puissance dominante. Certains pays seront plus forts que d'autres. L'Occident, même s'il perd de sa puissance, va évidemment rester la civilisation dominante au cours des décennies à venir. Et les Etats-Unis resteront sans aucun doute le pays le plus puissant pendant cette période. Mais ce sera malgré tout un monde pluraliste, et l'Occident ne pourra plus imposer sa volonté.
Que doit faire l'Occident?
L'Occident doit agir pour protéger ses propres intérêts, ses institutions, ses valeurs. Il devrait tenter d'atteindre un degré d'unité plus important que par le passé. Dans l'hypothèse où des conflits latents entre l'Occident et la Chine ou l'Islam éclateraient, il faudrait tenter de conserver des relations de coopération avec des pays comme la Russie, le Japon et l'Inde. Ces trois pays constituent un groupe de «civilisations balançoires» qui, avec les pays d'Amérique latine, ont tout à fait leur place dans la civilisation occidentale.
Recueilli par Hector Feliciano et Dijana Sulic Traduit de l'anglais par Dan Throsby @ World Media Network/Libération 

lundi 26 septembre 2016

L'islamisme est beaucoup plus pernicieux qu'on ne le croit

Elisabeth Schemla sait de quoi elle parle, elle qui a vu les ravages de l'islamisme en Algérie ! L'Algérie qu'elle a visitée à la sortie des années noires et qu'elle décrit si bien dans son journal de voyage " Mon journal d'Algérie : novembre 1999 - 2000 ", montre beaucoup de similitude sur le plan politique et social avec la Tunisie dont les dirigeants reproduisent les mêmes erreurs que les algériens, quand le pouvoir en place a cru bon de pactiser avec le FIS la branche algérienne des Frères musulmans ! Ce qu'ont fait Bouteflika et Béji Caïd Essebsi.
R.B  
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Rapport El Karoui : la frontière entre islam et islamisme est plus poreuse qu'on ne le disait

Il est affligeant de constater ce que la plupart des médias ont principalement retenu du rapport de l'Institut Montaigne intitulé «Un islam français est possible», disponible en ligne et dont le JDD vient de publier des éléments. Un: les musulmans ne seraient pas 5 ou 6 millions comme le prétend le ministère de l'Intérieur, toujours suspect, mais entre 3 et 4 millions. Deux: la majorité des musulmans, 46%, sont «soit totalement sécularisés, soit en train d'achever leur intégration». Ah le soulagement, dans les rangs médiatiques! D'accord, plus d'un quart des musulmans, 28%, beaucoup de jeunes, sont des radicaux en rupture totale de la République, adeptes du niqab, de la burka, de la polygamie, mais inutile de s'y arrêter trop longtemps. Quant à l'analyse de l'ensemble des propositions du rapport pour structurer enfin correctement un islam français, trop ennuyeux, pas assez vendeur pour en parler! Bref, pour qui aurait cru discerner un problème avec l'islam et s'intéresserait à sa résolution, la preuve estampillée par un sérieux think tank serait apportée qu'il n'y en a pas, ou presque pas.

Pourtant, ce volumineux document dresse un passionnant état des lieux de la France musulmane. Elle est entre-deux, et c'est autour d'elle que tout va se jouer. L'auteur, Hakim El Karoui - signataire de l'appel des 41 fin juillet, «Nous, Français et musulmans, sommes prêts à assumer nos responsabilités», en a bien sûr sa propre interprétation. Mais au-delà, on y trouve la reconnaissance quasi scientifique, calme - et constructive, avec un plan d'action - de ce que quelques-uns s'évertuent depuis si longtemps à analyser, à dire, à proposer, prêchant dans le désert, vilipendés, accusés de toutes les tares idéologiques. Le travail rigoureux dirigé par El Karoui, qui s'appuie sur un complexe sondage IFOP, met en effet en lumière une histoire subtilement à l'œuvre. Très dérangeante pour la société française, ardue à maîtriser: la réislamisation des musulmans et l'islamisation des non-musulmans.

Pour faire comprendre ce qu'est la réislamisation, il y faut une définition de l'islamisme. La plus exacte est celle que donne l'un de ses très fervents supporters, le conseiller d'État Thierry Tuot, l'un des trois magistrats choisis pour trancher cet été dans l'affaire du maillot intégral, ce que l'on s'est bien gardé de nous avouer. L'islamisme, écrit-il, est «la revendication publique de comportements sociaux présentés comme des exigences divines et faisant irruption dans le champ public et politique». À l'aune de cette définition, le rapport Al Karoui fait apparaître que l'islamisme s'étend inexorablement. La comparaison avec les sondages et enquêtes parus au fil des années, facilement consultables sur Internet, en témoigne. D'abord, sur les 1029 personnes représentatives sondées pour l'Institut Montaigne, 155 seulement, soit 15 %, quoiqu'ayant au moins un parent musulman, s'affirment sécularisées. Ensuite, la majorité silencieuse elle-même, les 46% du panel, n'est pas homogène. Une bonne partie des musulmans qui la composent par exemple, tout en appréciant la laïcité pour la liberté qu'elle autorise et en reconnaissant la prévalence des lois de la République, sont néanmoins favorables à l'expression religieuse sur le lieu de travail.

Prenons maintenant l'un des marqueurs principaux de la vie musulmane, il est alimentaire: le halal. 70% des sondés déclarent acheter toujours de la viande halal, 22% parfois, 6% jamais. Quelle qu'en soit la raison, du respect de la tradition à la volonté de «licite» et de «pureté» en passant par le repère identitaire, la consommation de halal fait donc la quasi-unanimité. Mais elle la fait aussi dans le désir de débordement sur le champ public et laïc: 80% de ces musulmans pensent que les enfants devraient pouvoir manger halal dans les cantines scolaires, une bonne partie le revendique même clairement.
Autre marqueur, vestimentaire celui-ci, le hidjab, le foulard. Une autre affaire. Il est plus clivant parce que les musulmans et les musulmanes savent, eux, quelle conception des rapports hommes-femmes il recouvre, ce qu'il implique, ce qu'il signifie par rapport à nos lois. Malgré tout, il suscite l'adhésion de 65% de cette population, de religion ou de culture musulmane. Là encore, difficulté pour la laïcité, 60% de celle-ci souhaite que les filles puissent porter le hidjab dans les établissements scolaires.
Travail, école: on voit bien à travers cette étude que l'espace privé est très majoritairement considéré par les musulmans comme devant s'élargir aux sanctuaires de l'espace public. La vitalité de leur religion, l'ardeur de leur pratique cultuelle pousse certainement les musulmans dans cette direction. Aujourd'hui, 40% d'entre eux fréquentent une mosquée, une fois ou plusieurs fois par semaine, une petite minorité chaque jour. Et la moitié des 60% qui se rendent exclusivement pour les fêtes dans un lieu de culte, ou jamais, pratiquent pourtant les cinq prières quotidiennes, chez eux. Le rapport Al Karoui y note «le développement d'une religiosité importante mais relativement indépendante des institutions, des lieux de culte et des structures musulmanes, tout en aspirant à une piété forte et à la reconnaissance de pratiques religieuses ayant trait à l'organisation de la vie collective au quotidien.»
Face à la réislamisation des musulmans, l'islamisation des non-musulmans. Les convertis, hommes et femmes français bien sûr, représentent 7,5% des sondés. Le rapport juge que ces «entrées» sont plus que contre-balancées par les «sorties» ( les sécularisés ou en voie de sécularisation), ce qui de fait les neutraliserait. C'est sans doute l'un des rares points contestables de cette étude. Il l'est parce qu'il faut comparer l'ampleur des conversions aujourd'hui à ce qu'elle était il y a quinze ans. Tout simplement négligeable alors. De plus, la séduction exercée par l'islam va s'amplifiant auprès des générations nouvelles, celles qui vont prendre la relève. La population convertie est jeune, très jeune, radicale, très radicale, mêlant religion vague, haine de la laïcité, de la France et des autres Français, violence politique, besoin d'héroïsme, inculture et, vis-à-vis des femmes, une inacceptable barbarie. On retrouve ces convertis dans le bloc des 28% de radicaux dangereux qui imposent progressivement dans banlieues et quartiers leur loi selon la charia, et sont curieusement appelés ici «autoritaires». Leur rôle, leur poids, leur influence sera d'autant plus déterminante que si l'ensemble des musulmans se caractérise par une pauvreté répandue, des difficultés sociales, un très fort chômage et l'absence trop souvent de compétences professionnelles, c'est encore plus vrai des jeunes, convertis ou pas, qui s'inscrivent dans cette mouvance. Hakim El Karoui trouve une excellente formule pour les résumer: «l'islamisation de la radicalité et la radicalité de l'islamisation.» Toute la question est de savoir, sur fond de lente mais certaine glissade de la majorité des musulmans vers l'islamisme, si l'autorité politique va enfin se décider à agir vite et bien pour structurer un islam français. En tout cas, elle a avec ce rapport de l'Institut Montaigne absolument toutes les données pour s'atteler réellement à la tâche. Mais par-delà les effets de manche et de voix, le veut-elle vraiment?
* Journaliste et écrivain, Elisabeth Schemla a été grand reporter, rédactrice en chef du Nouvel Observateur et directrice-adjointe de la rédaction de L'Express. Elle est aujourd'hui conseillère municipale de Trouville. Elle a notamment publié Islam, l'épreuve française 

lundi 19 septembre 2016

SÉQUELLE DE LA GUERRE D’ALGÉRIE : Désir de concorde à tout prix chez certains intellectuels de gauche !

Article paru dans : Kapitalis

Jean Daniel écrivait : " Le défaitisme, et j’ai pu en faire l’expérience toute ma vie, a quelque chose de hideux, comme un affaissement avant la chute. Mais le raisonnement le plus réaliste, le plus modeste, est de toute façon qu’il faut tenir pour sacrée la devise selon laquelle la division c’est la mort. Autrement dit, voulez-vous éviter la mort de la gauche ? Évitez la division, toujours et partout, quoi qu’il en coûte. Simplement parce qu’il n’y a aucun salut sans le rassemblement, sans l’union, sans l’unité. C’est ce qu’écrivait déjà Ibn Khaldoun, philosophe arabe du XIVe siècle ".

Jean Daniel, Albert Camus, comme bien d'autres, ont milité pour une concorde entre les "arabes" et les français d'Algérie. Ils ont cru possible de réconcilier deux peuples qui vivaient côte à côte et se méprisaient mutuellement. Mais De Gaulle en a décidé autrement : et ce fut la fin de leur rêve, comme celui de l'Algérie française, d'autant que l'OAS et le FLN ont rendu tout processus de paix impossible.

L'histoire va leur donner raison, du moins le croient-ils, qu'il est possible de réconcilier les a priori irréconciliables, en la personne de Desmond Tutu en Afrique du Sud. Ce qu'ils semblent ignorer, c'est qu'en Afrique du Sud le problème est racial et non religieux puisque noirs et blancs sont chrétiens, d'une part; et d'autre part que la réconciliation s'est faite sous condition d'aveux et de repentance publique, de la part de ceux qui ont commis des crimes envers les noirs. Mais savent-ils que l'apartheid s'est transmué en racisme ordinaire et que la situation des noirs n'a guère beaucoup changée ?

Or depuis l'échec des accords d'Evian et le rapatriement des français d'Algérie et son traumatisme, ils ont multiplié de nouveaux concepts du vivre ensemble donnant la priorité au multiculturalisme au risque de remettre en cause la laïcité et ses règles du vivre ensemble ! Ils ont tenté  depuis de reproduire l'expérience d'Afrique du Sud ailleurs où des guerres civiles menacent d'éclater pour cause d'affrontement de partis politiques à l'idéologie diamétralement opposée. 

Jean Daniel aura tenté auprès de Bourguiba pour lequel il avait beaucoup d'admiration, de lui faire admettre l'opposition et de laisser s'exprimer les partis communistes, les pan-islamiste et autres pan-arabistes; estimant la jeunesse qu'il a scolarisée et formée, assez mure et apte à assurer sa relève le moment venu. Bourguiba refusait de l'écouter persuadé que c'était prématuré. Il s'en est suivi une fâcherie entre les deux hommes jusqu'à sa mort.

L'argument majeure de Bourguiba que refusait d'entendre Jean Daniel, est que la jeune République qu'il construisait, est encore fragile; et qu'il craignait que les islamistes tout comme les arabistes, ne la détruisent ; leurs lubies étant la "oumma islamique" pour les uns et le "oumma arabe" pour les autres; et qu'il en sera fini de la jeune nation tunisienne qu'il était en train d'unifier. Le pire des deux ennemis du nationalisme, étant les Frères musulmans qui affichaient clairement un programme rétrograde et obscurantiste et rêvaient de restaurer le Califat ! L'Histoire lui donne raison : depuis que Ghannouchi et ses Frères sont au pouvoir, ils n'ont eu de cesse de détricoter ce qu'avait fait Bourguiba et de bloquer de l'intérieur les rouages de l'Etat en y plaçant massivement les leurs pour les dédommager d'un prétendu militantisme et non pour leur compétence, compétence qui pour la plus part ne l'ont pas.

Jean Daniel était pour le "dialogue" entre le FIS et le FLN au pouvoir. Dans sa "Lettre au président Zeroual", il était plus hostile à l'armée qu'aux égorgeurs ! Ce qui l'a déterminé à adhérer à la Plate-forme de Rome, c'est son désir de voir l'Algérie retrouver la paix, parceque des gens de sa génération ne peuvent se résoudre à ce que la guerre d'Algérie ait été faite pour rien, dira-t-il à El Wtan, en  précisant : " C'est pour cela que dés qu'il y a un signe d'espoir, on y adhère ".
Jean Daniel naïvement comme tant d'autres, croient que le parti des Frères musulmans est un parti politique comme les autres, avec lequel il est possible de composer et de négocier.
S'il savait que son fondateur Hassan el Banna, grand père maternel de Tariq Ramadan, était admirateur de Hitler auquel il a piqué quelques idées pour peaufiner son parti ... il changera de regard sur cette organisation internationale islamiste aux ramifications touchant tous les pays dits "arabo-musulmans", jusqu'en Occident; et ce, depuis la chute du mur de Berlin !

Seulement voila, le multiculturalisme va virer au communautarisme dans lequel vont s'engouffrer des islamistes multipliant les revendications spécifiques et par la même, les coups de butoir dans la laïcité : les mieux organisés étant les Frères musulmans qui veulent vendre leur model sociétal aux français !

Or depuis le fumeux "Printemps Arabe", ces gens de gauche ont repris leur vieux dada, et pensent pouvoir réconcilier le parti au pouvoir au moment de sa chute, avec ses pires opposants, que sont les Frères musulmans !

Ce qui explique que les partis de gauche en France soutiennent les Frères musulmans et souhaitent les voir partager le pouvoir avec leurs anciens ennemis.
En somme ces intellectuels naïfs, veulent expérimenter une nouvelle forme de démocratie pour "Arabes", où les extrêmes partagent le pouvoir ... ce qu'ils refuseraient chez eux, se voyant mal pactiser avec le FN !

D'où leurs discours qui irritent les progressistes tunisiens, quand les responsables politiques le reprennent en chœur pour vendre les Frères musulmans à des peuples qui n'en veulent pas, leur assurant cyniquement que leur islamisme est light/modéré et compatible avec la démocratie, pour les convaincre de les accepter. 

Ce que ces intellectuels refusent de voir c'est que la doctrine qui fonde les Frères musulmans n'est autre que le wahhabisme, qui n'a rien à envier au fascisme totalitaire d'autres doctrines que l'Occident a connues lors de la seconde guerre mondiale : le nazisme et le fascisme. Sauf que le wahhabisme a vocation à l'expansionnisme, et veut convertir par la violence au besoin, tout le monde à cette doctrine !

Et pire encore, c'est que 
L'internationale socialiste et sa branche française en particulier qui a toujours défendu le "Contrat de Rome", sont tout à fait sur la même longueur d'onde que ces intellectuels. D'ailleurs lors de l'affaire du foulard, Lionel Jospin aurait répondu à Elisabeth Schemla, journaliste du Nouvel Obs : " Et que voulez-vous que ça me fasse que la France s'islamise ?" ! Ce qui en dit long sur l'ignorance du danger face au wahhabisme que ces hommes politiques considèrent comme faisant partie d'un islam ordinaire. Ce qui démontre par ailleurs leur inculture, oubliant que l'islam de France étant celui de ses anciennes colonies, n'a jamais été wahhabite !!

Wahhabisme que subissent les pays du monde "arabo-musulmans" depuis que les Ibn Saoud et leur frère ennemi l'émir du Qatar, riches de leurs pétrodollars, ont mis tout en oeuvre pour diffuser cette doctrine : par voie satellitaire en multipliant les chaines de TV et les émissions "religieuses"; lors du pèlerinage à la Mecque où tout est organisé sur place pour convertir au wahhabisme les pratiquants qui se chargeront de le diffuser autour d'eux une fois rentrés dans leurs pays; par le financement des écoles coraniques, des mosquées et des centres "culturels" en fournissant au besoin les imams et autres prédicateurs pour les animer ...

Ces intellectuels n'ont-ils pas vu les dégâts que les Frères musulmans ont produits en Egypte, transformant ce pays phare de la culture "arabe" en pays où la bigoterie le dispute à la misère intellectuelle ? N'ont-ils pas tiré les leçons des années noires de l'Algérie quand le FIS, branche algérienne des Frères musulmans, décimait les intellectuels, ni de la concorde civile, qui n'a abouti qu'à un partage du pouvoir entre les militaires et les islamistes : les premiers conservant la main mise sur l'économie du pays et les seconds sur la société qu'ils islamisent en profondeur remplaçant le malékisme ancestral des algériens par le wahhabisme, avec une chariaa de plus en plus prégnante dans un parlement dominé par les islamistes, réduisant la femme au statut de mineure ? !

Plus prés encore, n'ont-ils pas compris la stratégie du Frère musulman Erdogan pour en finir avec le régime laïc de la Turquie où il veut remplacer la constitution par la chariaa; tout comme son frère Ghannouchi d'Ennahdha, l'autre branche des Frères musulmans en Tunisie, qui a transformé ce pays pacifique en premier exportateur de terroristes dans le monde et plus particulièrement en France ?

Leur obstination et leur aveuglement, rappellent d'autres : ceux de certains intellectuels qui auront soutenu malgré les évidences, l'empire soviétique; dont le plus célèbre fut Jean Paul Sartre !

Or depuis la multiplication des attentats terroristes en France, les français découvrent le wahhabisme et l'ampleur de son emprise sur une bonne partie de leur société ... et pourtant ces intellectuels continuent à soutenir les Frères musulmans ! Combien de morts, victimes du terrorisme islamiste, leur faudra-t-il encore, pour cesser leur aveuglement; puisque les millions de victimes du wahhabisme dans les pays "arabo-musulmans", ne semblent pas les toucher plus que ça ?

Est-ce de l'aveuglement ? De la naïveté ? Si les uns sont sincères, d'autres auraient-ils une raison non avouée de soutenir les Frères musulmans, quand on sait que les pétromonarques sont les alliés des EU et d’Israël et quand on sait le rôle joué par le wahhabisme dans la dislocation de l'Empire Ottoman, ce que les américains réactivent pour redessiner la carte du monde "arabe", dessinée par d'autres puissances que la leur : La France et l'Angleterre ? 

Alors à quoi jouent les intellectuels de gauche ?

La France ne peut être en guerre contre le terrorisme si elle ne lutte pas efficacement contre le fléau qui le fonde qu'est le wahhabisme. Ce que les intellectuels doivent intégrer pour faire barrage aux Frères musulmans et au wahhabisme et ne pas se laisser duper par les Ibn Saoud ni par l'émir du Qatar protecteur des Frères musulmans, qui condamnent le terrorisme et prétendent le combattre alors qu'ils l'instrumentalisent en sous-main.


Rachid Barnat