dimanche 17 décembre 2017

Appel du 17 décembre 2017 !

UNE INITIATIVE CITOYENNE QUI GAGNERAIT A ÊTRE PLUS PRÉCISE DANS SES REVENDICATIONS !

Jean Pierre Ryf (juriste) :

Cet appel est tout à fait le bienvenu. Il pointe clairement la trahison de Nidaa Tounes et la complicité intéressée d'Ennahdha. Cet appel à lutter contre ces deux partis, est en effet la solution.
Cependant, je crains que cet appel n'ait pas vu le principal problème. Car cet appel défend la constitution actuelle ! Or c'est elle qui est porteuse de cette situation.

Comme chacun sait, la constitution a été rédigée avec force ambiguïté. Par ailleurs et surtout, elle a par la division qu'elle permet, entraîné cette alliance contre nature. Je pense qu'il faut revoir le mode du scrutin, et retenir celui qui permet de dégager une majorité réelle qui puisse avancer en donnant une prime majoritaire au parti arrivé en tête ; ce qui lui évitera de s'allier au diable.

Quant à l'union des partis autres que Nidaa et Ennahdha, cela me paraît être une pure utopie quand on sait l’immaturité et l'absence du sens de l'intérêt général de tous ces petits partis qui ont seulement brillé par leur nullité.

DÉFENDRE LE PAYS, LA CONSTITUTION ET LES LIBERTÉS

De nombreuses personnalités académiques, du monde des médias, de la société civile et de nombreux citoyens ont signé samedi, date du septième anniversaire du déclenchement de la révolution, une lettre ouverte comme "mise en garde solennelle au pouvoir en place", pour la défense du pays, de la Constitution et des libertés contre une "offensive réactionnaire" du pouvoir.
"Une réaction citoyenne" contre un risque de voir la "démocratie vidée de son sens" affirme l'universitaire Naila Silini*.

Sept ans après le déclenchement de la révolution, ce sont les groupes affairistes et mafieux qui apparaissent comme les principaux bénéficiaires du renversement de l’ancien régime. Aucune des revendications essentielles de la population n’a reçu le moindre début de satisfaction. Le fossé séparant la Tunisie de l’intérieur de la Tunisie du littoral ne s’est pas réduit ; la société rurale continue de souffrir d’un rapport structurellement inégal avec la société urbaine. Les habitants des ceintures des grandes villes restent enfoncés dans leur marginalisation ; nulle stratégie n’a été conçue pour intégrer les activités informelles dans l’économie structurée. Les travailleurs et les fonctionnaires sont encore soumis à la politique des très bas salaires, les augmentations arrachées depuis 2011 ayant été gommées par une inflation galopante. Les jeunes diplômés souffrent plus que jamais d’un chômage massif, lié à un système productif peu évolué. La classe moyenne, en particulier les patrons de PME, est toujours pressurée par l’Etat et toujours prise en tenailles entre l’économie informelle et l’oligarchie rentière.

La chute de Ben Ali n’a pas entraîné la chute de son système économique. Les anciens réseaux se sont réorganisés, puis repris leur expansion, gangrenant l’administration, la justice et les médias, sans oublier les partis politiques. Les gouvernements qui se sont succédés depuis 2011 se sont tous dérobés devant la nécessité d’engager un combat frontal contre la corruption et les privilèges.

Le soulèvement populaire a renversé la dictature et instauré un climat de liberté, couronné en 2014 par l’adoption d’une Constitution démocratique. D’essence parlementaire, celle-ci établit un régime civil (madani), qui protège les droits des citoyens ainsi que les libertés publiques et individuelles. Tout cela n’était pas de nature à répondre aux besoins pressants des citoyens, mais constituait un progrès, ouvrant la voie à une nouvelle étape de luttes pour accomplir les changements économiques et sociaux exigés par le pays. Ce qui aurait permis de transformer le soulèvement en une authentique révolution, c’est-à-dire en une mutation d’ensemble, ne se limitant pas à la seule sphère politique, mais englobant toutes les dimensions de la vie nationale.

La nouvelle Constitution et les nouvelles marges de liberté représentaient des acquis précieux, un tremplin pour passer à la démocratie réelle. Ce sont ces acquis qui sont aujourd’hui gravement menacés par Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi, son allié direct dans les mauvais coups qui se préparent contre la Tunisie et sa démocratie naissante.

L’offensive antidémocratique s’est accélérée à la fin de l’été 2017. Dans un entretien accordé le 7 septembre à la presse locale, reniant sa prestation de serment, le président de la République s’en est pris violemment à la Constitution et au régime parlementaire, a mis en cause les institutions indépendantes et s’est livré à un véritable plaidoyer pour le retour du présidentialisme et l’obtention des pleins pouvoirs. Au passage, il a qualifié la révolution de « parenthèse de haine et de ressentiment » et annoncé le report des élections municipales. La composition du gouvernement Youssef Chahed II, est venue de suite confirmer cette volonté de refermer la parenthèse : plus de la moitié des ministres nommés sont issus de l’ancien RCD, tandis que les principaux portefeuilles sont attribués à des proches de Caïd Essebsi. Dans la foulée, une tentative avortée a failli donner un siège à l’ARP au fils du chef de l’Etat. Point d’orgue de l’offensive, le 13 septembre, les élus Nidaa Tounès et Ennahdha ont voté la loi dite de réconciliation administrative, qui arrête les poursuites pour cause de corruption impliquant des responsables de l’époque Ben Ali.

Le président de la République n’a pu agir comme il l’a fait que parce qu’il pouvait compter sur la connivence intéressée de Rached Ghannouchi, qui l’a soutenu dans chacune de ses initiatives, y compris dans son népotisme. Les deux hommes et leurs partis sont ensemble à la manœuvre depuis des années. Pour faire avancer leurs intérêts, ils s’étaient contentés jusque-là d’une forme insidieuse de restauration. Désormais, l’entreprise s’affiche au grand jour et se donne à voir telle qu’elle est. 

Nous disposons à présent et dorénavant, d’adversaires précisément identifiés, sur lesquels plus personne de bonne foi ne peut plus nourrir la moindre illusion. Nous pouvons par conséquent nous rassembler contre eux, combattre leur projet rétrograde et le mettre en échec. 
Le devoir de résistance ne relève pas des seuls partis d’opposition, il concerne toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens attachés à leur pays et à leurs libertés, conquises au prix du sang des jeunes générations.

L’offensive réactionnaire déclenchée en septembre dernier est minée de l’intérieur, parce qu’elle est dirigée par deux hommes et deux partis. Ce genre d’attelage est incertain. Mais il ne tombera pas de lui-même. Pour mener le combat de façon efficace, il faut un plan et une stratégie :

- Informer le plus largement possible sur la gravité réelle des buts que Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi cherchent à atteindre. Le retrait de la candidature de Hafedh Caïd Essebsi à la députation, suite aux protestations soulevées, a constitué une première victoire. 
- Dénoncer simultanément les deux pôles du système. Cibler uniquement Caïd Essebsi servirait directement les islamistes ; cibler uniquement Ghannouchi servirait directement Nidaa Tounès et le RCD qui se cache derrière lui. 
- Lutter dans le cadre unitaire le plus vaste. Toutes les forces – politiques, syndicales, associatives, intellectuelles, artistiques, les mouvements de femmes et la jeunesse –, toutes les forces de la société civile doivent y participer et prendre leur part dans le combat. Les clivages du passé doivent être surmontés. Nous devons réapprendre à nous parler, à nous faire mutuellement confiance et à agir en parfait accord. 
- Mener le combat contre la corruption. Ce combat est actuellement conduit par de nombreuses structures, institutionnelles et associatives. Il convient de renforcer leur action en les rejoignant, en faisant connaître leurs activités ou encore en les aidant à développer leur implantation régionale et locale. La corruption, qui ruine l’économie, est aussi le talon d’Achille de la coalition dirigeante. Il ne faut pas lui laisser de répit sur ce terrain. 
- Lutter pied à pied pour sauvegarder les espaces de liberté conquis après 2011. Pour faire avancer ses projets, la coalition dirigeante a besoin de réduire ces espaces, puis de les supprimer. Pour faire avancer nos propres projets, nous avons besoin de les protéger et de les renforcer. 
- Jeter un maximum de ponts entre le combat pour les libertés et le combat pour les revendications économiques. Pareille jonction, donnerait aux luttes sociales la résonance nationale qui leur manque encore et aux luttes politiques la profondeur démographique qui leur fait encore défaut. 
- Se mobiliser largement pour imposer la tenue d’élections municipales au premier trimestre 2018. Et entrer en campagne avec des listes citoyennes unitaires, condition indispensable du succès.


Ces propositions ne sont pas un programme de parti. Notre Appel s’adresse aux Tunisiennes et aux Tunisiens, sans distinction ni exclusive. En le signant et en le faisant signer massivement, nous affirmerons l’existence d’un puissant courant de vigilance civique et nous adresserons une mise en garde solennelle au pouvoir en place.

Nous ne laisserons pas voler nos libertés !
Nous ne laisserons pas voler notre révolution !
Nous ne laisserons pas voler notre pays !



Lire : 
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* Naïla Silini :

Une réaction et une vigilance citoyenne ! Le choix de publier cet Appel le 17 décembre est "symbolique".

À travers cette "réaction citoyenne", les signataires de cet Appel tiennent "à attirer l’attention sur les conséquences néfastes de cette complicité" entre Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi, "qui ne sont que deux faces d’une même pièce".

La rencontre de Paris a tissé le destin de nos jours. Il faut noter que cette complicité renvoie à beaucoup de domaines et peut toucher le fonctionnement de l'appareil étatique dans son volet économique, mais aussi dans son volet politique ; et l’acquis de la liberté d'expression - qui se réduit de jour en jour - ; et en fin dans son volet social.

En résumé, aucune hypothèse n’est écartée, et grâce à cette coalition entre les deux partis, la démocratie est vidée de son sens.
L'exemple le plus récent, le report des élections municipales :
Le report au mois de mai marque une position impulsive et pourrait avoir des conséquences lourdes sur les prochaines échéances législatives en 2019.
Le peuple doit s’attendre à revivre la même expérience que sous la Troïka lorsque les élections ont été retardés de trois années.

Ce qui est à craindre, c'est :
- L'échec de la transition démocratique.
- Perdre notre capital acquis après la révolution.
- Une situation économique qui se détériore, rongée par la corruption, qui ruine l’économie, et qui est aussi le talon d’Achille de la coalition dirigeante. Il ne faut pas lui laisser de répit sur ce terrain.


En résumé, nous exprimons la vigilance citoyenne qui se résume dans les actes suivants : Observer, Noter, Mémoriser, Avertir.



vendredi 15 décembre 2017

Les femmes, rempart contre les intégrismes

Depuis que les Frères musulmans sont rentrés de leur exil pour chevaucher la révolution des tunisiens qui réclamaient LIBERTÉ, DIGNITÉ et TRAVAIL, les tunisiennes se sont retrouvées aux premières lignes pour défendre des acquis que les islamistes leur contestent. Leur espoir fut Béji Caïd Essebsi et son parti Nidaa Tounes qu'elles ont portés massivement au pouvoir pour leur servir de rempart contre les nahdhaouis ... mais très vite elles ont déchanté quand elles ont découvert la trahison de celui qui jurait tous ses dieux ne jamais s'allier à leur pire ennemi, Ghannouchi !
Et depuis, elles ne peuvent plus compter que sur elles-mêmes et sur ce qui reste de progressistes parmi les hommes; puisque la majeure partie de la classe politique de tous bords semblent s'être laissée corrompre par les Frères musulmans et ceux qui les soutiennent : Qatar, EU & UE !
R.B
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La chroniqueuse et avocate Maya Ksouri a prononcé la semaine dernière un discours au Sénat français lors de l’Université d’automne des femmes tunisiennes et françaises


Tel que présenté, le thème de ce panel pourrait être le prétexte idéal pour des tirades auto satisfaites et pérorantes dans le parfait prolongement des discours politiquement corrects nourrissant les applaudissements de décideurs qui ont, pour le mieux, failli dans le maniement des intégrismes.

Les femmes remparts contre les intégrismes…
Les femmes ont-elles le choix ?
D’abord en tant qu’éternelles prolétaires du prolétaire, subissant toujours plus durement les misères de ce monde et ses maladies.
Et ensuite ont-elles vraiment le choix face à une mouvance qui les vise en premier et pour laquelle elles ne sont qu’Eve tentatrice, une mouvance qui mobilise en diabolisant le corps des femmes, leur chevelure, leur voix et la longueur de leurs jupes ?

Cependant, il faut relativiser l’absolu contenu dans cette assertion : « Femmes remparts contre les intégrismes » car les femmes ne sont pas toutes hostiles à l’intégrisme et si un million de femmes (sur les 1.731.529 voix qu’il a récolté) a voté pour l'actuel président tunisien, comme il aime tant à le rappeler, ce même président défend aujourd’hui un règne consensuel avec les islamistes tunisiens, au motif justement qu’une partie très conséquente des Tunisiens, donc des Tunisiennes, a opté pour le parti Ennahda.

Pourquoi ces femmes votent-elles pour un parti dont l’ADN intégriste, demeuré inchangé malgré ses nouveaux oripeaux, est de les réifier sous-couvert de les protéger ?
Telle est la question qui appelle des réponses culturelles, sociologiques, économiques et politiques sur lesquelles on a beaucoup glosé et auxquelles je ne pense rien ajouter… 

Mais ces femmes considèrent-elles aujourd’hui cet islam politique, représenté par un parti comme Ennahdha, comme un intégrisme ? Le monde libre, ses hommes et ses femmes, considèrent-ils ces partis identitaires comme des partis intégristes ? Considèrent-ils ces partis dont toutes les élues sont voilées comme intégristes ? 
Là est la question. Aussi, mais surtout.
Car, par un certain glissement, niais pour les uns, opportuniste pour les autres, l’islam politique n’est plus considéré comme un intégrisme par principe. Aujourd’hui on « distingue », comme le jésuite Berthier de Voltaire; et pour mieux asseoir le distinguo, on a inventé cette hérésie d’islam modéré.

En parallèle, si la question de la burqa demeure posée, toute critique du voile islamique est désormais taxée d’islamophobie. Alors que le fondement du voile est le même que celui de la burqa. Pas de différence de nature mais seulement de degrés arbitrairement fluctuants…
Et dans les développements qui ont précédé, on peut remplacer le mot voile par islam modéré et le mot burqa par intégrisme.

Or, si les politiques des états libres et démocratiques fraient avec l’islam politique (et même avec le terrorisme de « Jabhat Annosra » syrienne) par opportunisme ou par cynisme et si leurs leaders d’opinion, comme Monsieur Plenel, défendent le « Burkini » et considèrent le voile comme étant « un vêtement comme un autre » par les magiques ressorts de ce nouveau tiers-mondisme qu’est l’islamo-progressisme qui n’est en fait qu’une condescendance qui nous est infligée.
Or, si tel est l’état des choses, voilà qu’elles sont bien seules, au fond, ces femmes qui ont choisi d’être un rempart contre l’incursion du religieux dans la chose publique … et privée.

Ces femmes qui vivent au quotidien cet intégrisme insidieux qu’est l’islam politique dont les recrues, issues d’un traditionnel fond de misogynie et de machisme patriarcal, les lynchent pour une tête découverte lors de l’adieu à un très proche au cimetière musulman réservé aux hommes ou pour leur verbe jugé trop haut ou encore pour un baiser amoureusement et publiquement échangé avec un ami … ces femmes dont certaines sont obligées de subir une escorte policière car l’islam politique, en intégrisme qu’il est, a bien expliqué à ses ouailles, que le critiquer est une apostasie passible du genre d’exécution qu’a subi Chokri Belaïd … C’est ce même islam politique dont les leaders font patte blanche quand ils s’adressent au « monde libre ».

Les voilà bien seules ces femmes remparts contre l’intégrisme …
Je parle bien entendu de solitude intellectuelle et humaniste, car ces femmes ne quémandent pas, aussi, une aide logistique étrangère.
Redéfinir l’intégrisme, est ainsi une priorité pour le vaincre à long terme. Une redéfinition à l’aune des principes universels et non pas à celle des immédiats intérêts sonnants et trébuchants … qui se sont révélées à bien d’égards, contre productifs … ils se sont révélés ainsi dans le sang du Bataclan, de Charlie et de Ozar Hatorah.

Revoir ses classiques, le sens de la laïcité qui n’est pas le communautarisme serait la seule démarche à même de stopper à long terme la gangrène, se ressaisir des thèmes qui ont fait la grandeur de la France, patrie des lumières, et qui sont aujourd’hui livrées en pâture à votre extrême-droite. Et ceci sans faux-semblants ni complexes, qui font, par exemple, qu’aujourd’hui le titre de notre panel soit « intégrismes » au pluriel alors que l’intégrisme qui sévit aujourd’hui, est un.

Renoncer à ce combat contre la perte de sens, nous condamnera, nous femmes tunisiennes, jouissant d’une ambiance démocratique, juste à une solitude intellectuelle pour faire barrage à l’islamisme au quotidien mais quid des Afghanes qui se font encore décapiter pour être sorties seules faire du shopping ? Si nous, femmes tunisiennes, avons encore cette possibilité de faire rempart, à quel prix, ces Afghanes peuvent-elles faire rempart ? Quel prix vont-elles payer leur combat quand des femmes évoluant dans certaines cités de France, laissées à leur communautarisme, n’arrivent pas à faire rempart et se voilent pour avoir la paix ?

La bien-pensance est certes lénifiante, mais dans le cas de l’islam politique elle ne sera qu’une insulte à notre combat, nous les femmes qui avons choisi de faire rempart contre l’intégrisme islamiste.


mercredi 13 décembre 2017

La cause palestinienne : une tarte à la crème pour panislamistes & panarabistes !

Les dirigeants "arabes" ont formaté leurs peuples à la cause palestinienne qui leur sert d'exutoire à leurs propres frustrations !
Ce que les pan-islamistes et leurs pendant pan-arabistes, ont parfaitement bien compris; puisque par populisme, ils instrumentalisent aussi cette "noble" cause, comme ils instrumentalisent la religion et l'identité "arabe", pour arriver à leurs fins !
Et les Frères musulmans sont passés maîtres en la matière quand Aljazeera TV (la voix de son maître !) consacre des émissions entières pour faire pleurer dans les chaumière sur le sort des palestiniens, alors que leur sponsor l'émir du Qatar entretient de bons rapports avec les sionistes au pouvoir en Israël; et comble du cynisme, il investit dans l'immobilier des nouvelles colonies israéliennes en territoire palestinien occupé !
Non, à l'instrumentalisation de la cause palestinienne !!
R.B
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Ce pourquoi je ne suis pas « solidaire » de la Palestine

Non, je ne suis pas « solidaire » de la Palestine. Le mot solidaire est entre guillemets. Car il a deux sens. D’abord non à la « solidarité » sélective. Celle qui s’émeut du drame palestinien parce que se sont des Israéliens qui bombardent. Et qui, donc, réagit à cause de l’ethnie, de la race, de la religion et pas à cause de la douleur.

Celle qui ne s’émeut pas du M’zab, du Tibet ou de la Kabylie il y a des ans, du Soudan, des Syriens et des autres douleurs du monde, mais seulement de la « Palestine ». Non donc à la « solidarité » par conditionnement religieux et « nationaliste ». Cette « solidarité » qui nuit à la victime et au solidaire parce qu’elle piège la Palestine comme « cause arabe et musulmane », dédouanant le reste de l’humanité par appropriation abusive. La « solidarité » qui se juche sur l’histoire d’un peuple malmené et presque sans terre au nom de la haine de l’autre. Cette « solidarité » concomitante que le chroniqueur a vomi dans les écoles, les manuels scolaires, les chants et l’arabisme et l’unanimisme religieux.

Le drame palestinien a été « arabisé » et islamisé à outrance au point où maintenant le reste de l’humanité peut se sentir débarrassé du poids de cette peine. C’est une affaire « arabe » et de musulmans. Cette solidarité qui a transformé un drame de colonisation entre clashs de religions, de haines et d’antiques mythologies exclusives. Cette solidarité VIP que le chroniqueur ne veut pas endosser, ni faire sienne. Cette « solidarité » qui préfère s’indigner de la Palestine, mais de chez soi, et ne rien voir chez soi de la « palestinisation » du M’zab ou du Sud ou des autres territoires du monde. Cette solidarité au nom de l’Islam et de la haine du juif ou de l’autre. Cette solidarité facile et de « droit public » dans nos aires. Qui au lieu de penser à construire des pays forts, des nations puissantes pour être à même d’aider les autres, de peser dans le monde et dans ses décisions. Cette « solidarité » pleurnicharde et émotive qui vous accuse de regarder le mondial du Brésil au lieu de regarder Al Jazeera. Cette « solidarité » facile qui ferme les yeux sur le Hamas et sa nature pour crier à l’indignation, sur les divisons palestiniennes, sur leurs incapacités et leurs faiblesses au nom du respect aux « combattants ». Au nom de l’orthodoxie pro-palestinienne que l’on ne doit jamais penser ni interroger.

Non donc, je ne suis pas solidaire de cette « solidarité » qui vous vend la fin du monde et pas le début d’un monde, qui voit la solution dans l’extermination et pas dans l’humanité, qui vous parle de religion pas de dignité et de royaume céleste pas de terre vivante ensemencée.

Si je suis solidaire, c’est par une autre solidarité. Celle qui ne distingue pas le malheur et la douleur par l’étiquette de la race et de la confession. Aucune douleur n’est digne, plus qu’une autre, de la solidarité. Et solidarité n’est pas choix, mais élan total envers toutes et tous. Solidarité avec l’homme, partout, contre l’homme qui veut le tuer, le voler ou le spolier, partout. Solidarité avec la victime contre le bourreau parce qu’il est bourreau, pas parce qu’il est Israélien, Chinois ou Américain ou catholique ou musulman. Solidarité lucide aussi : que l’on cesse la jérémiade : le monde dit « arabe » est le poids mort du reste de l’humanité. Comment alors prétendre aider la Palestine avec des pays faibles, corrompus, ignorants, sans capitaux de savoir et de puissance, sans effet sur le monde, sans créateurs ni libertés ?

Comment peut-on se permettre la vanité de la « solidarité » alors qu’on n’est pas capable de joueur le jeu des démocraties : avoir des élus juifs « chez nous », comme il y a des élus arabes « chez eux », présenter des condoléances pour leurs morts alors que des Israéliens présentent des condoléances pour le jeune Palestiniens brûlé vif, se dire sensible aux enfants morts alors qu’on n’est même pas sensible à l’humanité. Je suis pour l’autre solidarité : celle totale et entière et indivise. Celle qui fait assumer, par votre dignité, au reste du monde, sa responsabilité envers une question de colonisation, pas de croyances. Celle qui vous rehausse comme interlocuteur, négociateur et vis-à-vis. Celle qui vous impose la lucidité quant à vos moyens et votre poids, à distinguer votre émotion de vos élans. Celle qui commence par soi, les siens pour justement mieux aider l’autre, partout, dans sa différence comme dans sa communauté. La solidarité avec le chrétien pourchassé en Irak et en Syrie, des musulmans de Birmanie, des habitants de l’Amazonie ou du jeune encore emprisonné à Oum El Bouaghi pour un casse-croûte durant un ramadan.

Les images qui viennent de Gaza sont terribles. Mais elles le sont depuis un demi-siècle. Et nos indignations sont encore aussi futiles et aussi myopes et aussi mauvaises. Et nos lucidités et nos humanités sont aussi rares et mal vues. Il y a donc quelque chose à changer et à assumer et à s’avouer. La « solidarité » n’est pas la solidarité.

Ce que fait Israël contre Gaza est un crime abject. Mais nos « solidarités » sont un autre qui tue le Palestinien dans le dos.


Que les amateurs des lapidations se lèvent donc : c’est la preuve que mis à part les jets de cailloux, ils ne savent rien faire d’autre.

Le paradoxe des musulmans

kamel-daoud

La mauvaise foi absolue des musulmans

Dans les pays où ils sont minoritaires, les musulmans sont obsédés par les droits des minorités. Dans les pays où ils sont majoritaires, les minorités n’ont plus aucun droit.

Résumons pour les esprits faibles : 

L'insulte à L’islam est punie par la loi chez les musulmans. 
Si un Occidental le fait, au mieux, il est emprisonné, au pire, il est décapité.
Mais l'insulte à la chrétienté, à la judaïté, au bouddhisme ou à l’animisme, c’est courant chez les musulmans. C'est même halal (licite), cela se fait chaque vendredi dans les mosquées, dans les livres, dans les médias et dans les cafés.

Interdire un minaret en Europe est signe d’islamophobie. 
Mais interdire la construction d’une église, d’une synagogue ou d’un temple n’est pas un délit ni du racisme. On peut même les brûler, les détruire ou empêcher leur restauration, comme l’ont fait les conquérants. C'est halal.

Évoquer les origines, l’accent, le mouton de l’Aïd : c’est signe d'intolérance, de rejet de l'autre. C'est du racisme. Et c’est puni par la loi en Europe. Le musulman a le droit de porter le voile, le kamis et la barbe. C'est permis, cela fait partie des libertés dont il jouit en Europe.
Alors qu'un chrétien (ou un bouddhiste), n’osera jamais porter la soutane dans nos villages, dans nos quartiers populaires, dans nos espaces publics. Il sera lynché ou accusé de prosélytisme. Il sera arrêté par la police, présenté aux juges et incarcéré. Puis expulsé. 

Fêter noël c’est haram (illicite). Donc interdit. C'est un signe de colonisé et d’assimilé quand c’est fêté chez nous. Mais fêter l’Aïd en Europe et égorger les moutons, est un droit. Le droit de célébrer les fêtes du calendrier musulman, dans le cadre de la démocratie.

Dénoncer l’islamophobie est à encourager, c’est légitime et cela est de bonne guerre. 
Mais écrire tout ce qui précède, est signe que vous êtes pro-occidental, pro-juif, contre l’Islam, contre Allah, contre la Palestine et contre la nation "arabe". Bref, vous voulez plaire aux chrétiens, aux juifs et vous faire distinguer.

Attendre un mois pour un visa est la preuve que l’Europe se referme et interdit la libre circulation. Mais attendre trois mois pour un visa vers l’Algérie, est une chose admissible et qu’on n’a pas à dénoncer.

Se voir interdire le port de la burqa ou du voile, est signe d’intolérance en Europe mais il est naturel de se voir interdire un prénom occidental, une croix ostentatoire à l’entrée d’une mairie ou une calotte chez nous. Et ne parlons pas de la Kippa.

Et la liste est longue !

Un certain ethnocentrisme a habitué une certaine élite chez les musulmans, à la commodité du point aveugle. Il est facile, voir confortable et plaisant d’accuser l’Occident et le reste de l’humanité de nos défauts. Nos névroses on s’en accommode et on ne les dénonce pas chez nous. 
Nous demandons à partager le statut de l’humanité mais nous refusons de l’admettre comme valeur universelle chez soi.

Nous voulons que le reste de l’humanité accepte nos différences mais nous n’acceptons pas celles des autres peuples.

D’ailleurs écrire ce qui précède est gênant pour certains. Parce que c’est faire le jeu des extrêmes droites en Occident et c’est être naïf. L’excuse est une excuse pour le silence complice des crimes des siens. Alors on ne parle pas. On ne dénonce pas une injustice chez soi pour ne pas aider l’injustice ailleurs. Et c’est un faux calcul et une immoralité.

Pourquoi en parler maintenant ? Parce qu’il est devenu lassant de lire certains écrits dans nos journaux, entendre certains avis, suivre certains débats; et parce que c’est immoral de ne pas dénoncer; et parce que c’est lassant cette hypocrisie et cette complicité. 
Et parce que c’est plus utile de dénoncer les points aveugles, cause de cécité chez beaucoup de musulmans.

mardi 12 décembre 2017

Le soufisme fait peur au wahhabisme

Le soufisme est né au fin fond de l’Afghanistan après l'arrivée de l'islam dans ces contrées d'hindouisme et de bouddhisme dont la sagesse millénaire a fécondé cette nouvelle religion. Ainsi le soufisme a apporté à l'islam la notion de compassion qui lui manquait et que l'on trouve dans le bouddhisme : l'amour et le respect des bêtes et de toutes les créatures. Ce qui se traduit par la tolérance des hommes pour autrui qu'il soit : homme, chien, chat, oiseau ...
Par la dialectique et la philosophie grecque, le soufisme sera par la suite un trait d'union entre les 3 religions monothéistes. C'est pourquoi il est devenu l'ennemi juré des wahhabites qui réfutent la philosophie * ! Si les wahhabis font la guerre au soufisme c'est qu'il est totalement à l'opposé du wahhabisme ! D'ailleurs, les tunisiens se souviennent du vandalisme perpétré par les Frères musulmans contre les mausolées de leurs saints : Sidi Bou Saïd, Lella Mannoubia ... ces mystiques soufis ; dans l'espoir de les effacer de leur mémoire collective pour leur vendre le wahhabisme qui fonde leur action politique !

R.B
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Pourquoi les jihadistes s’attaquent aux musulmans soufis

Depuis des années, les symboles et lieux saints de différentes confréries soufies, du Pakistan à l’Egypte en passant par le Mali, sont la cible d’extrémistes religieux.

L’attaque qui a fait plus de 300 morts dans une mosquée soufie lors de la prière du vendredi, le 24 novembre dans le Sinaï, a soulevé de nombreuses questions sur ce courant mystique de l’islam. Si la tuerie n’a pas été revendiquée, les experts soupçonnent l’organisation Etat islamique (EI) d’en être l’auteur.

Depuis plus d’un an, la communauté soufie est dans le viseur de la branche locale de l’EI dans cette région d’Egypte en proie aux violences. Mais pas seulement. Les groupes djihadistes ont multiplié ces dernières années les attaques contre les sanctuaires et les adeptes des ordres soufis au Pakistan, en Afghanistan, en Syrie mais aussi en Afrique, où le courant est largement répandu.
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Qu’est-ce que le soufisme ?

Le soufisme, en arabe tasawuf (« initiation »)est une démarche spirituelle considérée comme ésotérique au sein de l’islam, dans laquelle les fidèles cherchent à atteindre la fusion avec Dieu. « C’est d’abord de l’introspection. On ne laisse aucune place à l’ego, le nafs », explique Eric Geoffroy, islamologue et spécialiste du soufisme. Apparue dès l’aube de l’islam, puis structurée en tariqa (confréries) à partir du XIe siècle par des maîtres spirituels (cheikh), la voie soufie s’est propagée dans l’ensemble du monde musulman, d’Asie centrale au Maghreb, en passant par l’Inde, la Turquie et le continent africain. Selon les pays et les cultures, les adeptes du courant, rassemblés dans des zaouia (édifices religieux), pratiquent des séances de récitation (dhikr), des cercles de prière, des chants (sama’a) et des danses (hadra) afin d’accéder à un état supérieur et cheminer vers Dieu. Parmi ces rites, la fête du Mawlidqui commémore la naissance du prophète Mahomet, est l’une des plus importantes chez les soufis.

Considéré comme un courant quiétiste, discret et initialement apolitique – certaines grandes confréries se sont politisées au fil du temps –, le soufisme est difficilement chiffrable. Et même s’ils ne sont pas membres des confréries, beaucoup de musulmans sont toutefois très imprégnés de la culture soufie, qui prend des formes très diverses.

En Afrique, où le soufisme s’est-il implanté ?

Les confréries soufies ont connu un développement important dans l’ensemble de l’Afrique islamisée : en Egypte, au Maghreb et dans l’Afrique soudano-sahélienne. « Au Sénégal, au nord du Nigeria ainsi que dans des pays d’Afrique de l’Est comme le Soudan, la Somalie, l’Ethiopie et le Kenya, le soufisme est structuré avec des confréries plus ou moins puissantes, affirme Jean-Louis Triaud, historien de l’islam en Afrique. Dans le reste de l’Afrique subsaharienne, ce sont davantage des communautés et des associations autour de l’imam de la mosquée. »
Deux confréries puissantes ont participé au rayonnement du soufisme sur le continent : la Qadiriyya, née à Bagdad au XIe siècle et diffusée à travers le Sahara jusqu’au Mali, et, à partir du XVIIIe siècle, la Tijaniyya. Cette dernière, prosélyte, s’étend du Maghreb au Soudan. Très courtisée par les politiques, la confrérie tijane a un poids considérable au Sénégal, où le soufisme a créé « un Etat dans l’Etat », précise M. Triaud. Mais c’est à Fès que réside le tombeau de son fondateur, Ahmed Tijani. Devenu un lieu de pèlerinage très fréquenté par les fidèles subsahariens, le Maroc voit le soufisme comme un enjeu symbolique pour la diplomatie spirituelle sur le continent et de la lutte contre le fanatisme.

Quelles autres attaques ont visé les soufis en Afrique ?

En 2012, les membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ont détruit les mausolées de saints musulmans à Tombouctou. Surnommée la Cité des 333 saints, la ville malienne est un grand centre intellectuel de l’islam. Ses dizaines de milliers de manuscrits, dont certains remontaient au XIIe siècle, et d’autres de l’ère pré-islamique, ont également été détruits.

Moins médiatisées, d’autres attaques ont visé l’Afrique de l’Est. En Somalie, les islamistes somaliens Chabab ont anéanti de nombreux mausolées de mystiques soufis dont la mémoire était vénérée par les populations locales.

Pourquoi les jihadistes s’en prennent-ils aux soufis ?

Le soufisme, réputé pour sa pratique tolérante de l’islam, est traditionnellement opposé aux courants littéralistes. « Le modèle de l’idéologie extrémiste, essentiellement wahhabite, est une forme de mondialisation de la religion. Les extrémistes ont les mêmes comportements, les mêmes costumes : ils portent la barbe, le voile, etc. Tout cela doit être formaté car ils considèrent que l’islam est le même partout. Or le soufisme s’adapte à chaque lieu, chaque culture, chaque temps aussi. Il n’est pas figé, contrairement à l’idéologie littéraliste, qui a l’obsession de vivre comme à l’époque du prophète », analyse l’anthropologue marocain Faouzi Skali, l’un des plus grands spécialistes du soufisme.

Attachés à une lecture littérale du Coran, les tenants de l’islam radical voient dans les enseignements soufis des dérives idolâtres. Leurs rituels pour se rapprocher de Dieu, y compris la fête du Mawlid, sont perçus par les extrémistes comme des « innovations » (bida’a) hérétiques. « La haine s’est sans doute cristallisée à un moment historique : l’arrivée du wahhabisme au XVIIIe siècle, qui a fini par donner une lecture de l’islam littéraliste et exclusiviste. On parle de salafisme, de jihadisme, mais les racines ne sont rien d’autre que le wahhabismeCe littéralisme exacerbé a fini par donner lieu à une idéologie takfiriste”, c’est-à-dire que tous ceux qui ne sont pas sur cette ligne sont considérés comme en dehors de l’islam. »

Si le conflit idéologique remonte à plusieurs siècles, les attaques contre les adeptes du soufisme et leurs symboles ont particulièrement marqué ces dernières années. « Le wahhabisme était relativement limité, mais le pacte de Quincy signé entre Franklin D. Roosevelt et le roi Ibn Saoud en 1945, garantissant la protection de l’Arabie saoudite, a permis au wahhabisme de s’étendre, y compris en Afrique, qui avait connu jusqu’alors un islam pacifique à travers les confréries soufies. Au final, on se retrouve dans une sorte de guerre contre l’héritage de l’islam traditionnel lui-même. On dit que les musulmans sont les premières victimes du terrorisme, mais pas seulement sous forme d’attentats : c’est une guerre idéologique qui frappe la religion en son cœur », regrette M. Skali.

Le contexte local joue-t-il un rôle ?

Au-delà du combat religieux, les attaques contre les soufis sont liées à des enjeux politiques et économiques propres à chaque pays. Dans le Sinaï, la confrérie Jarirya, qui a été visée par l’attaque du 24 novembre, est reconnue par le Conseil supérieur des ordres soufis d’Egypte. « C’est le seul pays qui dispose d’un conseil de ce type, étroitement lié au pouvoir égyptien. Donc, en touchant les soufis, ils touchent le pouvoir central », explique Eric Geoffroy.

Quant au Mali, où la France intervient militairement depuis 2013, des experts interprètent la démolition des symboles soufis comme une volonté de mener une guerre contre l’Occident, alors que celui-ci s’appuie sur certaines confréries pour lutter contre l’islam radical. « Dans ces pays, les soufis sont parfois vus comme des agents des pouvoirs occidentaux qui sont là pour détruire l’islam », reconnaît M. Geoffroy. La destruction des trésors de Tombouctou, autrefois détenus par les grandes familles de la ville, aurait permis aux jihadistes d’asseoir leur pouvoir. « Les soufis sont la cible la plus facile car, une fois que les confréries sont battues, c’est beaucoup plus facile d’exercer le contrôle. En Somalie, par exemple, quand les Chabab s’emparent d’une zone, ils détruisent les lieux de culte, changent la façon dont les écoles coraniques fonctionnent, obligent les récitations du Coran sur le mode saoudien [wahabite] et arrêtent toutes les célébrations soufies », indique Roland Marchal, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po.

Les attaques restent ainsi fortement liées aux rapports de forces locaux. « Tout dépend du contexte, s’il y a une élection en cours par exemple. Il y a aussi une dimension économique : au Sénégal, on sait que la confrérie soufie des mourides cherche à étendre sa puissance économique. Donc, même si la grande tendance revient à opposer soufisme et wahabbisme, c’est beaucoup plus complexe que cela », conclut l’historien Jean-Louis Triaud.

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