dimanche 18 février 2018

Les iraniennes piégées par les islamistes et des intellectuels tombés dans leur piège


Certains aveuglement sont incompréhensibles. Les féministes iraniennes croyaient bien faire de s'affubler du tchador et soutenir les islamistes pour se débarrasser du Shah ! Mal leur en a pris pour s'en débarrasser une fois que les islamistes étaient au pouvoir; puisque Khomeiny va rendre obligatoire son port. Et celles qui ont voulu le retirer, l'ont payé parfois de leur vie ! Les pires, ce sont ces intellectuels qui ont applaudi l’avènement des islamistes en Iran, ignorant tout de leur doctrine rétrograde inspirée du wahhabisme ! Comment peut-on être progressiste et accepter de soutenir une telle doctrine ?


Souvent, ce sont les mêmes qui refusaient de voir la réalité du stalinisme et continuaient à promouvoir le communisme.

R.B

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La féministe Marie-Jo Bonnet se souvient très bien de la Révolution islamique en 1978-79 et des positions de Foucault. Dans un livre à paraître sur l’histoire du MLF, elle dénonce "l’aveuglement du philosophe".

Michel Foucault s’est-il trompé sur l’Iran ? Oui, affirme sans ambages Marie-Jo Bonnet. Figure historique du féminisme français, elle publie début mars «Mon MLF» (Albin Michel), dont un chapitre entier porte sur la Révolution iranienne et les positions du philosophe. BibliObs le publie en avant-première.

L'aveuglement de Foucault 

En 1978, quelque chose de complètement inattendu est arrivée en Iran. Le soulèvement du peuple contre le Shah qui faisait régner un régime de terreur politique avec l'emprisonnement des opposants et la torture.
Depuis l'automne 1978, les Iraniens manifestent dans les rues, protestent, s'organisent. Fait remarquable, les femmes y participent et un grand nombre d'entre elles portent le tchador en signe de protestation contre un régime soutenu par l'Occident et l'impérialisme américain. Ces grands oiseaux noirs groupés dans les manifestations comme des taches indifférenciées sont très impressionnants. Elles donnent un sentiment de force et de légitimité à la révolte excitée de France par l'imam Khomeiny, réfugié à Neauphle-le-Château depuis plusieurs mois et qui envoie ses instructions aux leaders islamistes sur des cassettes.
Elles sont diffusées partout et, aussi paradoxal que cela paraisse, remarque Chahla Chafiq, c'est l'imam qui encourage les femmes à sortir de chez elles. En «appelant les femmes à participer aux manifestations en ignorant le couvre-feu pour montrer leur opposition à la tyrannie, des millions d'entre elles, y compris les religieuses traditionalistes n’ayant jamais auparavant pensé quitter leurs maisons sans leurs maris ou leurs pères, descendent dans la rue, écrira-t-elle. L'appel de Khomeiny au soulèvement contre le Shah enlève ainsi tous les doutes dans les esprits des femmes musulmanes quant à leur droit de se rendre dans la rue de jour comme de nuit.»
En septembre 1978, l'armée a tiré sur les manifestants, faisant des centaines de morts. C'est le Vendredi noir. En octobre, Khomeiny a appelé à la grève générale. En tant qu'opposant au régime du Shah depuis toujours, il est la voix venue d'en haut qui amplifie la révolte, la guide, l'oriente vers une république islamique.

Têtes nues

Le 16 janvier 1979, le Shah a fui l'Iran pour le Maroc. On le dit malade. Les événements se précipitent. L'iman Khomeiny décide alors de rentrer dans son pays et atterrit à Téhéran le 1er février 1979. Une foule immense l'accueille à sa descente d'avion, comme un prophète. Il met en place un gouvernement provisoire dirigé par Mehdi Bazargan. Le 8 mars, les Iraniennes s'apprêtent à fêter pour la première fois la Journée internationale des femmes. Elles ont invité l'Américaine Kate Millett, auteur d'un best-seller international, «La Politique du mâle», et qui milite depuis plusieurs années contre la dictature du Shah au sein de l'association Caifi (Committee for Artistic and Intellectual Freedom in Iran).
Avant de partir, Kate Millett a envoyé un télégramme à ses «sisters» des divers Women's Lib pour les inviter à la rejoindre en Iran. Claudine Mulard, ancienne responsable de la librairie des Femmes à Paris, a pris l'avion et arrive le 8 mars à Téhéran. Elle retrouve quasi par miracle Kate Millett sur le campus de l'université. La neige recouvre le sol. Une singulière atmosphère enveloppe la ville en émoi, mêlée d'espoir et de danger.
En tant qu'Américaine et homosexuelle, Kate Millett est particulièrement exposée aux fureurs islamistes. Elle doit changer d'adresse chaque soir. Ses amies iraniennes la protègent tout en organisant la manifestation du 8 mars. Or, la veille, Khomeiny a déclaré de Qom, la «ville sainte», que «les femmes musulmanes ne sont pas des poupées, elles doivent sortir voilées et ne pas se maquiller, elles peuvent avoir des activités sociales, mais avec le voile». Il annonce que les employées des agences gouvernementales doivent porter le hijab islamique, sous peine de se voir refuser l'accès à leur poste.
Les Iraniennes sont consternées et en colère. Elles ont pris l'habitude de la liberté et n'ont pas fait la révolution pour se retrouver emprisonnées dans un hijab. La manifestation est impressionnante. Des milliers de femmes descendent dans la rue, tête nue, ce qui est une transgression formidable pour l'idéologie islamiste qui se construit au fil des événements, devenant de plus en plus radicale et dictatoriale. Les Iraniennes sont déterminées à se défendre, scandant leurs slogans dans le stade de l'université qui s'enflamme d'une liberté nouvelle, exaltante, merveilleuse. «Liberté, Égalité, c'est notre Droit», disent-elles. «Nous ne voulons pas de voile obligatoire», «Le 8 mars n'est ni un jour de l'Est ni un jour de l'Ouest, c'est un jour mondial».

Elles disent aux hommes : "Mettez aussi un foulard"

Le 11 mars, elles organisent une conférence de presse à l'hôtel Continental. Kateh Vafadari prend la parole :

Nous avions quatre mille prisonnières politiques sous le Shah. Le gouvernement de Khomeiny n'a pas encore fait de lois pour les femmes, c'est pourquoi nous nous battons. Nous manifestons pour dire ce que nous voulons. Si les femmes ne veulent pas porter le tchador, personne ne pourra les y obliger.»
Les adversaires de la libération des Iraniennes s'en prennent aux féministes occidentales qui devraient rester chez elles. L'argument du relativisme culturel est agité également par la gauche pour casser la solidarité internationale.
Entre-temps, Sylvina Boissonnas, du groupe Psychanalyse et Politique, les rejoint sur le campus avec du matériel. Les Iraniennes organisent un sit-in au ministère de la Justice pour protester contre l'interdiction faite aux femmes d'accéder à certaines professions, dont celle de juge. Tous les jours, elles manifestent. La jeune photographe Hengameh Golestan les photographie, tête nue dans la rue, défilant le poing levé.
Pour expliquer pourquoi tant de femmes descendent dans la rue, Hengameh Golestan racontera plus tard:

La révolution iranienne nous avait appris que si nous voulions quelque chose, il fallait descendre dans la rue et le réclamer. Les gens étaient si heureux; je me souviens d'un groupe d'infirmières arrêtant certains hommes dans une voiture et leur disant: “Nous voulons l'égalité, alors mettez aussi un foulard!” Tout le monde riait.»
Le 12 mars, Sylviane Rey et Michelle Muller atterrissent elles aussi à Téhéran avec du matériel de reportage. Elles ont une caméra et un nagra pour filmer les manifestations. Rejointe par Claudine Mulard, l'équipe au complet peut alors filmer les manifestations et interviewer Kate Millett sur le campus tout en envoyant la traduction en France.

Je n'ai jamais vu des femmes qui s'organisent aussi rapidement et en si grand nombre, dit-elle. Il y a 10.000 à 15.000 femmes dans ces manifestations. Aux États-Unis ça prendrait des années pour se rassembler comme ça. Il faudrait de l'argent. Il faudrait écrire aux gens. Il faudrait de la publicité. Ici, quelqu'un brandit un panneau pendant la manifestation avec “Sit-in à la TV”, “Demain le ministère de la Justice” et tout le monde y va. Parce que ces femmes non seulement étaient réprimées depuis très longtemps, mais ce sont aussi les femmes qui ont fait la Révolution. Elles ont été dans les rues, elles ont des copains qui sont morts. Elles savaient qu'elles-mêmes pouvaient être tuées par le Shah et ses troupes. Ce sont elles qui ont eu le courage de sortir face aux chars, le courage de se soulever. C'est phénoménal.»
Comme les attaques contre les femmes qui ne veulent pas porter le tchador s'amplifient, Sylvina décide de s'envoler le 15 mars pour l'Europe avec les bobines, juste avant que Khomeiny interdise la sortie du territoire iranien des images qui y ont été tournées.

L’avis de Simone de Beauvoir

En France, nous suivons les événements en lisant «Libération» et «Le Monde». Le journal féministe «Histoire d'elles», créé deux ans plus tôt, lance une campagne de pétition en soutien aux Iraniennes.

Pour la première fois dans le Tiers-Monde, des femmes ne se laissent pas sacrifier par la révolution. Pour la première fois, elles refusent la mise au pas au nom de la révolution à laquelle elles ont contribué, et elles le font entendre. Dans la rue, au risque de leur vie, elles crient que la lutte continue contre les nouveaux maîtres de l'ordre de la République islamique. Rebelles – Offensives. Elles prennent la rue et leurs droits.»

À Paris, nous suivons les événements iraniens remplies d'espoir. Une délégation de femmes est mise sur pied pour se rendre à Téhéran afin de s'informer sur le respect des droits des femmes par la nouvelle République.
Les journalistes féministes veulent se rendre à Téhéran. Le 19 mars, une délégation du Comité international du droit des femmes s'envole pour Téhéran. Composé de femmes journalistes, écrivaines, photographes, cinéastes, universitaires et personnalités politiques, le comité est présidé par Simone de Beauvoir qui est reliée par téléphone aux voyageuses. Très vite, Beauvoir est sollicitée pour donner son avis sur une décision politique importante à prendre.

Pour être reçue par Khomeiny, les femmes de la délégation doivent impérativement porter un foulard. Que faire? Accepter? Mais c'est trahir la cause qu'elles soutiennent. Refuser? Elles se privent d'une interview précieuse. La délégation est complètement divisée. Pour Simone de Beauvoir, le choix est clair. Ou bien il faut rencontrer Khomeiny sans avoir les cheveux couverts, ou bien renoncer à l'entrevue. Le groupe reste divisé, racontera Martine Sorti, quelques-unes acceptant d'aller voir le futur dictateur en portant un foulard.

Femmes en danger

Or, le même jour, Kate Millett est expulsée d'Iran pour «provocation contre la révolution islamique». Marie-Odile Delacour, journaliste à Libération, est présente à Orly où une mini-conférence de presse est improvisée. Kate Millett est très émue par son voyage. Elle est même bouleversée par la peur. «Oh I am so glad to be in Paris», dit-elle d'entrée.
On la comprend. Le 8 mars, un groupe de lycéennes se rendant au campus de l'université a été attaqué par un groupe de religieux islamistes qui criaient: «Nous ne voulons pas que les femmes descendent dans la rue toutes nues.» La bagarre a été violente, raconte Claudine Mulard dans son journal, elles ont reçu des coups, ils ont déchiré leurs banderoles et la manifestation a été dispersée.
Kate Millett a eu peur durant tout son séjour, pour elle, bien sûr, mais aussi pour ses amies iraniennes qui sont en danger. Elles sont «des êtres humains merveilleux, extrêmement civilisées, armées de beaucoup de courage. Des milliers de femmes sont allées dans la rue pour obtenir des assurances sur leurs droits démocratiques. Rien n'est fait encore tant qu'il n'y aura pas de constitution en Iran.» En effet, un référendum est prévu les 30 et 31 mars sur la question de la République islamique.

À Paris, un grand meeting de soutien aux femmes iraniennes est organisé le 22 mars à la Mutualité avec Kate Millett, Simone de Beauvoir et nous toutes venues écouter leurs témoignages. Le film, réalisé par l'équipe de Claudine Mulard et Sylvina Boissonnas, est projeté dans une salle surchauffée.
Certaines femmes iraniennes reprochent aux femmes d'Occident de ne pas s'être souciées de leurs malheurs quand le Shah détenait le pouvoir. Ce n'est pas juste, répond Simone de Beauvoir.

Elles ne constituaient pas alors un groupe spécifique; et nous nous battions contre les sévices subis par toutes les victimes, sans distinction de sexe. Et aujourd'hui la condition des femmes en tant que telle est en question, et c'est ce qui suscite notre émotion. Jusqu'ici toutes les révolutions ont exigé des femmes qu'elles sacrifient leurs revendications au succès de l'action menée essentiellement ou uniquement par des hommes. Je m'associe aux vœux de Kate Millett. Et de toutes mes camarades qui se trouvent en ce moment à Téhéran: que cette révolution-ci fasse exception; que la voix de cette moitié du genre humain, les femmes, soit entendue. Le nouveau régime ne sera lui aussi qu'une tyrannie, s'il ne tient pas compte de leurs désirs et ne respecte pas leurs droits.Aucune compassion pour les femmes

La position des intellectuels français est loin d'être aussi claire. Au mois de mai suivant, le grand philosophe Michel Foucault publie un article dans «Le Monde» soutenant la révolution islamique. «Inutile de se soulever?», demande-t-il sous forme interro-négative.
De quel soulèvement parle-t-il exactement? De celui des femmes, des religieux, du peuple, de la gauche, des musulmans? De toute évidence, Michel Foucault ne pense pas aux femmes alors qu'il est allé deux fois en Iran à l'automne précédent et a donné une série d'articles au «Corriere de la Serra» où il racontait ce qu'il avait vu.
Dans son article publié en première page du «Monde», il ne peut cacher sa fascination pour un peuple qui est «prêt à mourir par milliers» afin que le Shah s'en aille. Un peuple qui «risque la mort», renchérit-il, comme s'il avait l'intuition qu'être prêt à mourir pour une cause supérieure était l'essence religieuse du soulèvement iranien récupéré par l'islamisme. Une chose est frappante. «Leur faim, leurs humiliations, leur haine du régime et leur volonté de le renverser, ils les inscrivaient aux confins du ciel et de la terre, dans une histoire rêvée qui était tout autant religieuse que politique.»

Mais nous sommes en mai. Aucun mot n'est dit sur le soulèvement des femmes qui a pourtant été filmé plusieurs fois. Aucune allusion à leur désir de liberté, comme s'il était déjà effacé des mémoires. Exalter le «risque de mort» du peuple sans analyser celui qu'ont pris les femmes en descendant tête nue dans la rue est très inquiétant. Michel Foucault n'a aucune compassion pour les femmes. Il ne les voit pas. La seule chose qui l'intéresse, c'est «d'inscrire les figures de la spiritualité sur le sol de la politique». Et quelle spiritualité! Une théocratie plutôt, qui exalte le pouvoir «spirituel» masculin en faisant régresser l'Iran de plusieurs décennies.
Un tel aveuglement d’un de nos plus grands philosophes français montre que la révolte des femmes n'a en rien entamé l'universalisme masculin. Michel Foucault soutient le soulèvement parce qu'il est porteur du «formidable espoir de refaire de l'islam une grande civilisation vivante», espoir auquel se mêlent malgré tout «des formes de xénophobie virulente; les enjeux mondiaux et les rivalités régionales. Et le problème des impérialismes. Et l'assujettissement des femmes, etc.»

Syndrome du tchador

Dans tout son article, c'est la seule allusion aux femmes. Foucault voit les femmes comme des personnes «assujetties», pas comme des personnes qui se libèrent de l'emprise islamique et phallique. Comment un philosophe aussi lu et respecté peut-il passer à côté de leur révolte? Est-ce parce qu'elle remet en question son analyse? Ce sont bien les femmes qui s'opposent à l'islamisation d'une révolution sociale qu'elles ont désirée et accélérée.

Michel Foucault est victime du syndrome du tchador, qui efface les femmes de la révolution. Qui les rend toutes pareilles, enfermées dans le linceul noir de leurs espérances, le mors aux dents, exclues à nouveau de l'espace public et de «l'élan messianique» qui habite Foucault, plus impressionné par la mort possible des révolutionnaires que par la contestation de l'emprise religieuse sur la vie des croyants.
Il est vrai que l'auteur d'«Histoire de la sexualité» s'intéresse très peu au désir féminin. Dans «La Volonté de savoir», il en parle à peine et ne connaît pas l'éros lesbien. Dans son article sur le soulèvement iranien, il fait de même. Il universalise le point de vue masculin sans que la violence religieuse le questionne. Il vit dans un monde sans femmes, soucieux simplement de construire une «morale théorique» consistant à «être respectueux quand une singularité se soulève, intransigeant dès que le pouvoir enfreint l'universel ».

N'avons-nous pas en Iran l'exemple éclatant d'un pouvoir qui enfreint l'universel sans que cela choque Michel Foucault? Et le dégrise. Car c'est fait. Le référendum des 30 et 31 mars a débouché sur la proclamation de la République islamique. Fini la liberté des femmes, cette liberté universelle une nouvelle fois écrasée par le pouvoir phallique au nom de l'esprit.


Les Iraniennes vont être privées longtemps de tous les droits et libertés, y compris de ceux qu'elles avaient acquis sous le régime du Shah. Elles ont le statut de sous-hommes légalisé par la nouvelle constitution du pays adoptée à l'issue du référendum.

Macron veut d'un Islam de France, réformé.

Emmanuel Macron ose ce que ses prédécesseurs n'avaient jamais eu le courage politique de faire : réformer l'islam de France pour l'adapter à la République et à la laïcité !!
Il a raison par ailleurs d'en finir avec les officines étrangères comme le Maroc, l’Algérie, la Turquie ou pire, celles du Qatar et des Ibn Saoud leurs concurrents, qui veulent imposer leur islam à la France !
Il semble bien connaître l’histoire de la France et celle de ses anciennes colonies pour ne pas confondre l’islam de France celui de ses anciennes colonies, avec le wahhabisme qui leur est totalement étranger et que veulent importer en France des pétromonarques malintentionnés ; puisqu’ils visent ni plus ni moins, le contrôle des français musulmans et d'étendre leur influence, par leur prosélytisme agressif, au reste de la population française. Ce que font déjà les Frères musulmans pour le compte du Qatar ! C'est pourquoi il doit veiller à ce que les Frères musulmans n'infiltrent plus les groupes de réflexions comme ce fut le cas avec Sarkozy et Hollande, qui les ont laissés faire pour ne pas fâcher leur protecteur, l'émir du Qatar.
La réforme de l'islam, viendra-t-elle en fin de compte, de France ? Liberté d'expression, démocratie, laïcité : toutes les conditions sont réunies pour remettre à plat une religion sclérosée depuis des siècles, dont aucun pays "arabo-musulman" ne souhaite la réforme qui pourrait remettre en cause le pouvoir en place !
R.B
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Macron veut "réduire l'influence des pays arabes" sur l'islam français et réformer le CFCM

Tel Godot, on l'attendait, et il n'arrivait pas. Mais voilà que le projet de "structuration de l'islam de France" paraît bel et bien à l'agenda, à en croire le verbatim que publie ce dimanche 11 février Emmanuel Macron dans les pages des JDD"Je souhaite poser les jalons de l'organisation de tout l'islam de France", écrit le Président. Pour étoffer ce sujet sur lequel nombre de ses prédécesseurs ont buté, il s'est entouré d'intellectuels - le politologue Gilles Kepel, l'essayiste Hakim El Karoui, l'islamologue Youssif Seddik - et de religieux. Selon l'hebdomadaire, il sera ainsi question de "création de nouvelles instances représentatives, un cadre pour le financement des lieux de culte et la collecte de dons", plus l'épineuse question de la formation des imams. Sans qu'on n'ait plus de détails.

L'islam français doit "entrer dans la modernité"

"Nous devons nous inspirer fortement de notre histoire, de l'histoire des catholiques et de celle des protestants", affirme le chef de l'Etat dans le JDD, en entendant reprendre la main sur les leviers de l'organisation du culte musulman. Car l'enjeu sera de "réduire l'influence de pays arabes, qui empêche l'islam français d'entrer dans la modernité", selon un conseiller de Macron cité par l'hebdomadaire. Il est avéré que des pays du Golfe et du Maghreb financent la construction mosquées sur le sol hexagonal, ce qui transgresse la loi de 1905, et qu'au moins 300 imams en France sont payés par des Etats étrangers.

 

Quid d'un nouveau "concordat" ?


Interrogé sur la possibilité de créer un nouveau "concordat" avec l'islam de France, Macron répond : "Quelle que soit l'option retenue, mon objectif est en tout cas de retrouver ce qui est au coeur de la laïcité, la possibilité de pouvoir croire comme de ne pas croire, afin de préserver la cohésion nationale et la possibilité d'avoir des consciences libres. Je pense que le risque est de brandir des objets connotés, qui ont leur propre histoire, ou de faire des raccourcis en plongeant tout le monde dans un même sac."

La nécessaire refonte du CFCM

Dans cette refonte du sol au plafond, il sera dur d'esquiver la question du Conseil français du culte musulman (CFCM), encombrant organe créé en 2003 sous la houlette de Sarkozy, censé être représentatif des musulmans en France. Devenu gardien de l'orthodoxie, il n'est jamais parvenu à représenter leur pluralité. Le philosophe Abdennour Bidar y voit ainsi dans nos colonnes un "pur anachronisme". Pour les "experts" cités par le JDD, il est un "facteur d'immobilisme". Même dans l'instance, on n'est pas aveugle : "Il y a au sein du CFCM une prise de conscience qu'une ouverture est nécessaire", reconnaît dans l'hebdomadaire son vice-président, Anouar Kbibech. Sa refonte est confiée au ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. Puisque les prochaines élections du bureau du CFCM sont en juin 2019, la Macronie devra agir tôt. "Au premier semestre 2018", assure le Président.

En dépit de quelques annonce égrenées ci et là, Emmanuel Macron était resté depuis le début de sa mandature peu disert sur la question. Il saupoudre : le 4 janvier, il annonçait "un travail sur la structuration de l'islam en France" ; le 21 décembre, refusait "la radicalisation de la laïcitéà ses yeux instrumentalisée à des fins identitaires… Sans dévoiler de vision ni de plan précis. C'est qu'il ne souhaite pas bâcler la question. "Je ne dévoilerai de proposition que quand le travail sera abouti", tranche Emmanuel Macron.

samedi 17 février 2018

DROIT, POLITIQUE ET CONVICTION

La Tunisie est un pays qui a d’excellents juristes dont la réputation va au-delà même du pays. Parmi eux, les frères Ben Achour dont le père fut un mufti éclairé qui a défendu les dispositions du Code du Statut Personnel, fondement de la République moderne instaurée par Bourguiba. Ces deux juristes ont joué un rôle dans l’élaboration de la Constitution et notamment le Professeur Yadh Ben Achour qui a été le Président actif de l’Instance de Transition.

Si leur compétence juridique ne peut être mise en doute; cependant, ils ont manqué soit de clairvoyance politique, soit de détermination et de conviction car on se souvient des dépassements abusifs du délai d'un an accordé aux constituants parce que Yadh Ben Achour a cru avoir affaire à un gentleman dont la parole suffisait pour respecter son engagement, alors qu'il aurait du en juriste, exiger un engagement écrit dûment signé par Ghannouchi. Il a fallu un temps interminable pour terminer la Constitution en laissant la porte ouverte à des discussions sans fin sur le sexe des anges ! De même qu'on se souvient des nombreuses mises en garde de la part de certains hommes politiques et de constitutionnalistes dont personne ne voulait tenir compte, pendant que les Frères musulmans se confectionnaient une constitution sur mesure; et dont les politiques, tous partis confondus, disaient le plus grand bien; certains affirmant même dans l'euphorie du pénible accouchement, qu'elle est la meilleure du monde.

Il aura fallu la mise à l'épreuve de cette constitution pour constater, moins de quatre ans après, que le régime retenu par les islamistes est bâtard et constitue un grand handicap pour la Tunisie. Puisque de plus en plus de voix s’élèvent et notamment celles des frères Ben Achour, pour mettre en évidence des faiblesses majeures dans cette Constitution, faiblesses que certains avaient dénoncées dès sa promulgation.

C’est ainsi que le Professeur Yadh Ben Achour a mis en évidence le fait que le texte de la Constitution est porteur de très grandes ambiguïtés car l’Assemblée Constituante, après une lutte forte entre progressistes et islamistes, a accepté des compromis qui donnent un texte ambigu, source d'interminables questions d'interprétation dont il peut tout résulter, alors qu’une Constitution, socle de la vie politique du pays, doit être claire et ne pas prêter aux discussions sans fin.

Le Professeur Yadh Ben Achour dénonce ainsi : La Constitution tunisienne de 2014, avec l’esprit de compromis qui l’anime fondamentalement, n’en est que le reflet. En réalité, la recherche du compromis systématique a pour résultat de transformer notre texte constitutionnel en un tissu d’ambiguïtés, de faux-semblants et de contradictions. Face  à cette bifurcation, laquelle des deux voies choisir ? "

Récemment son frère le Professeur Rafâa Ben Achour vient de dire clairement que le régime électoral était mauvais et qu’il faudrait en changer. Dans une déclaration à l'agence TAP, il a expliqué que : " Le mode de scrutin à la proportionnelle, adopté depuis les élections des membres de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), était requis pour élaborer une constitution consensuelle et permettre à la minorité de participer à l’élaboration du contrat social. Cependant, pour faire face au glissement de la monnaie nationale et pour sortir le pays de ses crises sociale et économique, nous devons faire en sorte que le parlement dégage un vrai gouvernement de législature après les élections de 2019, comme cela se voit dans les pays scandinaves et l’Italie "

Là encore cette analyse est bienvenue même si la justification que donne Rafâa Ben Achour à la solution alors adoptée, est plus que discutable. 

Il faut rajouter que cette analyse avait été faite depuis très longtemps par des tunisiens qui n’avaient pas la compétence de ces juristes de haut niveau mais qui politiquement avaient bien vu la manœuvre des Frères musulmans dont le souci n'était pas de faire progresser le pouvoir mais de pouvoir s'y maintenir.  

Cela montre que la science juridique n’est évidemment pas tout; et qu’il faut en outre, le sens politique et surtout le courage des convictions.

On a assisté, ici encore, à la fameuse théorie du compromis. Compromis qui a été boiteux qui traduisait surtout  une lâcheté face aux islamistes dont on craignait la violence. Alors certes, on n'a pas eu la violence ou en tous cas réduite, mais on n'a rien solutionné et le problème est devant nous, nous empêchant de progresser.

Il est fort probable d’ailleurs que les menaces et le chantage à la violence et au terrorisme des islamistes auraient eu beaucoup de mal à se réaliser dans un pays comme la Tunisie; et que si cela se réalisait, il aurait signé la fin des islamistes car personne n’aurait permis ni accepté leur violence dans un tel pays. Et, par ailleurs, si tel avait été le cas, les islamistes  se seraient définitivement discrédités et cela n’aurait pas été plus mal !

La faute a donc été commise mais rien n’est irrémédiable. Il faut suivre les conseils que donnent, aujourd’hui, un peu tard, les juristes; et modifier cette Constitution en levant ses ambiguïtés et en réformant le régime électoral pour donner, enfin, la possibilité de voir émerger un pouvoir fort soumis à l’alternance et non un pouvoir mou, toujours dans le compromis; c’est-à-dire dans l’impuissance.
Va t-on, enfin, sortir de cette politique de demi-mesures qui n'aboutira à rien ?

Quel gâchis et que de temps perdu ! Et l'on ne peut que répéter que la seule solution pour sortir ce pays du marasme où il est, est de modifier le mode électoral pour permettre de dégager une réelle majorité qui pourra agir sans se soucier de compromis boiteux; et qui, si elle échoue, sera remplacée par une alternance. Voilà la vraie démocratie et non ce simulacre que l'on connaît aujourd'hui.

Rachid Barnat




L'origine du mal des tunisiens, c'est leur nouvelle constitution



Les Tunisiens sont malades de leur constitution ! Le régime bâtard retenu par les Frères musulmans est fait pour paralyser le pays.  Ce qu'ils ont réussi parfaitement à faire. Et une fois de plus, ils ont gagné, en profitant de la naïveté de leur opposants sinon de leur manque de courage politique !
R.B

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Rafâa Ben Achour 

recommande le changement du mode de scrutin avant les élections de 2019


On doit très sérieusement penser, spécialistes et acteurs politiques, au changement du mode de scrutin avant les élections législatives et présidentielle de 2019 pour aboutir à un gouvernement de législature pouvant compter sur une majorité cohérente, stable et forte ", a préconisé Rafaa Ben Achour, professeur émérite à la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis et juge à la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuple.

Dans une déclaration à l’agence TAP, Ben Achour a expliqué que le mode de scrutin à la proportionnelle, adopté depuis les élections des membres l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) était requis pour élaborer une constitution consensuelle et permettre à la minorité de participer à l’élaboration du contrat social. " Cependant, pour faire face au glissement de la monnaie nationale et pour sortir le pays de ses crises sociale et économique, nous devons faire en sorte que le parlement dégage un vrai gouvernement de législature après les élections de 2019, comme cela se voit dans les pays scandinaves et l’Italie ", a-t-il soutenu. 
Ben Achour s’exprimait à l’occasion d’un colloque international sur " les institutions constitutionnelles quatre ans après l’adoption de la Constitution tunisienne de 2014 ", organisé par la faculté des sciences juridiques politiques et sociales de Tunis et la fondation Konrad-Adenauer.
Selon lui, le gouvernement doit pouvoir compter sur une vraie majorité. " Je pense que dans une démocratie, la proportionnalité est nécessaire mais elle doit être accompagnée d'un mode de scrutin qui favorise la majorité". Si la révision de la Constitution s’avère difficilement envisageable pour des raisons juridiques ou politiques, le mode de scrutin en général devrait être révisé.
Selon Rafâa Ben Achour, le régime politique en place doit être redéfini. " La constitution a mis en place un régime hybride et non pas mixte, le régime actuel n’est ni parlementaire, ni présidentiel, ni d’assemblée. Il ne se base ni sur une réelle séparation ni sur une réelle interférence des pouvoirs ", a-t-il regretté faisant observer que ce régime " papillonne " entre les différents types de régimes politiques.  Dans ce type de régime, le chef du gouvernement se trouve dans l'incapacité de prendre des décisions salutaires pour le pays et de mobiliser les moyens nécessaires pour exécuter réellement sa politique. Des réaménagements techniques doivent être apportés à la Constitution et ensuite au règlement intérieur de l’ARP, a-t-il recommandé.
Selon Rafâa Ben Achour, 4 ans après l’adoption de la Constitution de la deuxième République, l’ingénierie constitutionnelle a fait preuve de défaillance sur un certain nombre de points, nécessitant des réaménagements techniques qui ne portent pas atteinte à la séparation des pouvoirs. Pour Ben Achour, en cas de remaniement ministériel, le chef de gouvernement ne devrait plus solliciter l’approbation de l’ARP, accordée principalement sur la base d’un programme ministériel et non en fonction des ministres. Abordant le retard dans la mise en place de la Cour constitutionnelle, Ben Achour a noté que jusqu'à ce jour, la Constitution de 2014 n’est pas encore totalement appliquée dans la mesure où d'une part les dispositions transitoires sont toujours en vigueur, ce qui fait que nous vivons encore avec des institutions anciennes comme la HAICA et le Comité des droits de l’Homme et des droits fondamentaux, et que d'autre part, des instances constitutionnelles tardent à voir le jour à l'instar de la Cour constitutionnelle. Cela dit Ben Achour estime que la Constitution tunisienne demeure une excellente Loi fondamentale et comporte un grand projet politico-juridique, à savoir l'instauration d’une démocratie de droit.  Le colloque a été organisé à l’occasion du 4e anniversaire de l’adoption de la Constitution. Des experts égyptiens, marocains et allemands en droit constitutionnel ont participé à cette rencontre de deux jours (15 et 16 février).

mercredi 14 février 2018

Lella Manoubia, la sainte soufie de Tunis

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Lella Manoubia, Berbère et Sainte Patronne de Tunis, depuis 8 siècles



Lella Mannoubia, une féministe avant l'heure ? Ce qui est sûr c'est qu'elle a refusé le diktat des hommes et s'est rebellée contre l’autoritarisme des hommes et des beys; et en femme libre et indépendante elle a trouvé sa voie dans le soufisme pour s'émanciper des hommes. C'est pourquoi les salafistes, ces enfants-miliciens du Frère musulman Ghannouchi, s'en sont pris à son mausolée, pensant l'effacer de la mémoire collective des tunisiens.


R.B

Lella Manoubia ou Saïda Manoubia, de son vrai nom Aïcha Mannoubia, née vers 1180 à La Manouba et décédée en 1257, est une sainte tunisienne. Depuis presque 8 siècles, elle est la sainte patronne de Tunis.
Sa renommée est telle qu'elle lui vaut un récit hagiographique intitulé Manâqib (Vies, vertus et prodiges de la sainte) et rédigé par l'imam de la mosquée de La Manouba. Consécration très rare pour une femme, il révèle des éléments doctrinaux importants où la sainte revendique ouvertement le statut de « pôle des pôles » — la plus haute dignité dans la hiérarchie soufie — et le statut du vicaire de Dieu sur terre. De plus, il montre une femme imprégnée du savoir scientifico-théologique et très instruite sur le Coran.
Elle étudie les hadiths et les sciences de la jurisprudence islamique après avoir reçu sa formation d’Abou Hassan al-Chadhili, un maître soufi berbère marocain, dont elle est l'élève. Ce dernier la nomme même à la tête de son ordre, la Chadhiliyya, lui conférant le statut de pôle de la confrérie, dirigeant de ce fait des imams. Elle va jusqu’à prier à la mosquée Zitouna de Tunis en compagnie des hommes, ce qui constitue un « fait révolutionnaire dans l’histoire du monde musulman ».

Jeunesse et rupture

Issue d'une famille du faubourg de La Manouba, Lella Manoubia vit une enfance paisible dans cette fin du XII éme siècle et ce début du XIII ée siècle. Son père, qui veille à l'instruire, la confie à l'enseignement coranique. Très vite, elle fait montre d'élans mystiques et désire mieux pénétrer les mystères de l'islam. À l'âge de 9 ans, elle est très différente des autres enfants : c'est une enfant prodige mais on la considère comme anormale et plus tard on la traitera de folle. À 12 ans, elle éprouve le besoin de s'isoler dans les vergers aux environs du village, peut-être pour méditer ou pour prier. Elle se lie alors avec un personnage qui subjugue ses contemporains, Abou Hassan al-Chadhili, avec qui elle est surprise un jour en pleine discussion. La réaction du père et de la société de l'époque ne se fait pas attendre : elle doit mettre un terme à ces « promenades douteuses » et son père doit lui trouver un mari comme le veut la tradition.
La décision du père est d'autant plus urgente que les commérages frôlent le scandale et que la beauté de la jeune fille suscite beaucoup de convoitises. On vient demander sa main mais Lella Manoubia oppose une fin de non-recevoir. Ces épousailles forcées la mettent sur la voie de l'errance, la cohabitation avec la famille étant devenue impossible. Elle part pour Tunis puis vers de multiples retraites qui la conduisent loin de la capitale. Elle partage sa vie entre la quête de la science, l'action et la méditation.

Méditation et dévotion

Lella Manoubia s'installe alors au cœur de Tunis, non pas dans la médina mais en dehors de l'enceinte, dans le faubourg populaire d'El Morkadh. Elle se garde de compter sur le soutien de ses fidèles et préfère travailler, rompant ainsi avec l'image de la femme entretenue. Pieuse, elle traverse Tunis « pauvrement vêtue et le visage découvert, n'hésitant pas à converser publiquement avec les hommes ». Elle travaille pour gagner sa vie et pratique l'aumône, partageant ses maigres ressources avec les femmes en détresse, se plaçant ainsi du côté des faibles, des marginaux et des opprimés qu'elle soutient et réconforte par sa charité et sa spiritualité.
Ses actions la rendent célèbre et d'une qualité morale incontestable mais en font aussi l'incarnation d'un certain contre-pouvoir : elle prolonge dans son parcours la révolte contre le symbole de l'autorité aliénante. Son antagonisme vis-à-vis des pouvoirs publics se mue en un affrontement de plus en plus violent entre une religion officielle régie par un malékisme hégémonique et une forme populaire de religiosité contestataire et maraboutique.

Femme à la personnalité forte et très instruite, elle demeure célibataire et partage son savoir et son instruction religieuse avec les hommes, même si cela ne plaît pas aux réformateurs musulmans. Ceux-ci ont d'ailleurs cherché de tous temps à canaliser le mysticisme féminin qu'ils finissent par considérer comme une déviance tellement il déborde, à leurs yeux, des cadres habituels de l'expression de la piété. Lella Manoubia est crainte par ses homologues masculins par peur du désordre qu'éveille sa conduite ou sa beauté. Ses détracteurs n'hésitent pas à l'accuser de tous les maux dont la débauche et le libertinage : ses accusateurs rapportent qu'elle se retire sur les hauteurs du Djebel Zaghouan, parfois en compagnie de son fidèle préféré, pour y méditer sur la passion de Dieu et « savourer les plaisirs de l'amour ».
Crainte ou aimée, elle est malgré tout sollicitée aussi bien par des hommes que par des femmes en difficulté pour sa capacité à entrer en contact avec le monde invisible peuplé d'esprits, de saints et de prophètes qui sont perçus comme des intermédiaires entre les hommes et Dieu. Certains oulémas prennent même l'habitude de se déplacer à son domicile le jour de l'Aïd el Kebir pour lui présenter leurs vœux. Lorsqu'elle meurt en 1257, toute la ville de Tunis suit son cortège funèbre jusqu'au cimetière El Gorjani où son mausolée a été sauvegardé dans la verdure.

Mausolées

Après sa mort, elle est inhumée sur l'une des collines de Tunis où elle a l'habitude de se retirer pour prier. Deux zaouïas lui sont dédiées, l'une autour de sa maison natale à La Manouba et l'autre à Tunis, dans le quartier de la Sayida sur les hauteurs de Montfleury ; cette dernière est restaurée en 1993.
Au XIX éme et au début du XX éme siécle, les beys lui rendent visite dans sa zaouïa de Tunis lors de parcours rituels effectués à l'occasion de l'Aïd el Kébir. Jusqu'au début du xxe siècle, Lella Manoubia est considérée comme la sainte de Tunis et bénéficie de la vénération des grandes familles de la ville. Jusqu'à la fin des années 1950, les sanctuaires de la sainte sont en effet fréquentés principalement par des familles de beldis (citadins). Même chez les grandes familles bourgeoises qui ont quitté le centre pour investir de nouveaux quartiers, délaissant ainsi les sanctuaires, l'attachement à Lella Manoubia et à ces rituels demeure tout comme la nostalgie de ce mode de religiosité, de l'ambiance et des émotions qu'il implique. Par la suite, d'autres endroits, en particulier au Djebel Zaghouan, font l'objet de pèlerinages. Sa sépulture est visitée, les lundis et vendredis, par les femmes de toutes classes et de toutes origines afin d'obtenir l'exaucement de leurs vœux ou obtenir la guérison de malades ; les adeptes viennent aussi le dimanche participer à la cérémonie de transe animée par des officiantes femmes.
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Le tombeau, ainsi que tout ce que contient le mausolée de La Manouba comme meubles, sont ravagés par un incendie criminel à l'aube du 16 octobre 2012, par des salafistes, ces enfants du Frère musulman Ghannouchi.

Héritage

Elle est patronne de Tunis, depuis 8 siècles !
Lella Manoubia incarne non seulement l’aspect spirituel et moral mais aussi la condition de la femme tunisienne au XIIIe siècle et les préoccupations et désirs de l’homme. Elle est une incarnation étonnante dans le contexte de la société de la fin du XIIe siècle : révolte contre l’autorité du père, rejet de l’institution du mariage et adoption de l’état de célibat accompagné d’un militantisme omniprésent.
Cela a été perçu comme suffisant pour susciter une aura partagée de peur et de vénération. Par ailleurs, les histoires populaires et pratiques rituelles des saints et des saintes de Tunis soulignent que le rapport à l’espace est déterminé selon le sexe. Seule Lella Manoubia fait exception à la règle : la femme sainte ne prend pas part au voyage initiatique. Néanmoins, elle quitte le domicile paternel pour prêcher à Tunis, reçoit et partage son instruction religieuse avec les hommes (contrairement aux autres saintes).

Les arabes, qu’ils soient daechiens ou Frères musulmans, ont compris que la vie et les actions de Lella Menoubia, cette berbère révolutionnaire, continue à influencer la mentalité des femmes tunisiennes; et que son soufisme est antinomique avec le wahhabisme qui fonde leurs actions politiques. C’est pourquoi ils ont tenté à plusieurs reprises de détruire son mausolée et son enseignement révolutionnaire pour son époque, qui reste d’actualité aujourd’hui.

lundi 12 février 2018

LES FRÈRES MUSULMANS MAÎTRISENT LA "COM" !


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Mennel Ibtissem

Puisque même "The Voice" est tombé dans leur panneau ! Il suffisait aux "Frères" de repérer leur porte drapeau en fonction des émissions et des médias dont ils se servent pour s'implanter dans le paysage médiatique et politique en Europe. En l’occurrence, une belle fille aux yeux à tomber par terre, au visage d'ange, avec de surcroît une belle voix et un foulard assorti aux yeux; et le tour est joué : l'idiote utile des islamistes est toute trouvée pour se faire sélectionner par les organisateurs de "The Voice", qui courent après l'audimat !

Or la petite Mennel dit être réfugiée, ses parents ayant fui la Syrie ...
Alors pourquoi persister à porter le foulard, symbole de l'oppression par les islamistes qui ont détruit son pays ? Sait-elle que l'islam qu'ils ont imposé par la terreur n'a rien à voir avec l'islam traditionnel de la Syrie ? Elle semble se complaire dans le wahhabisme qui était étranger à la Syrie ancestralement sunnite mais qui ignorait le wahhabisme; mais aussi druze, alaouite, ismaélien, chiite et soufiLe plus curieux, est que des réfugiés fuyant le terrorisme islamiste, continuent à en porter l’étendard dans leurs pays d’accueil en Europe ! Pourquoi ? Ignorance ? Inconscience ? Provocation ? 

Et le plus curieux de tout, ce sont les médias qui banalisent les voiles en invitant des femmes voilées, participant du prosélytisme au wahhabisme symbolisé par ces fichus qui couvrent leurs têtes sinon leurs corps ! La classe médiatique fait montre d'une bienveillante compréhension envers ces femmes "foulardées" au nom du respect d'autrui et de sa croyance, ce qui ne pouvait être pris que comme un encouragement à leur endoctrinement au wahhabisme; et par-delà leur personne, leur tolérance à cette obédience qui fonde tous les islamismes ! A moins que cyniquement ils s'en foutent ne tenant compte que de l'audimat générateur d'argent des publicitaires !!

En somme consciemment ou pas, ces médias encouragent le "travail de sape" du "vivre ensemble" par les Frères musulmans qui pervertissent la société française par petites touches : burqa, burkinicantine halal, horaires aménagées de piscine, médecin femmes pour femmes islamistes dans les hôpitaux, etc ....

Qui mettra un terme au prosélytisme au wahhabisme en Occident et dans les pays du "printemps arabe"  ?

Rachid Barnat