mercredi 24 août 2016

Le féminisme, ne serait bon que pour l'Occident ?

Depuis la main mise des islamistes sur la société algérienne, les droits des femmes ont reculé. C'est ce qui va se produire en Tunisie depuis la prise du pouvoir par les Frères musulmans ... si les tunisiennes ne prennent pas garde !
R.B
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Monique DURAND -WASSYLA TAMZALI : L’ALGÉRIENNE QUI DÉRANGE"
Elle bouscule les féministes des pays musulmans aussi bien qu’occidentaux. Figure de proue du mouvement des femmes au Maghreb, Wassyla Tamzali ose s’attaquer à un tabou de taille : la sexualité sous la loi coranique. Elle dénonce aussi la complaisance des féministes de l’Ouest envers l’islamisme. Notre collaboratrice l’a rencontrée à Paris. 
Elle avait 20 ans quand l’Algérie a conquis son indépendance au terme d’une guerre livrée sans merci à la France colonisatrice, en 1962. Née à elle-même dans la fièvre de la libération nationale, durant ces années chantantes où toutes les promesses étaient permises pour les hommes et les femmes, Wassyla Tamzali n’a cessé, depuis, d’aller de désillusion en désenchantement. Non, le peuple algérien ne s’est pas émancipé, vite sacrifié sur l’autel d’une oligarchie qui lui a volé sa révolution. Non, les femmes ne se sont pas libérées. Pis encore, elles se sont éloignées du but. Les portes de l’affranchissement se sont vite refermées devant elles.
C’est comme avocate à Alger, pendant 10 ans, qu’elle a connu de près les affres de l’oppression des femmes dans un pays qui, dit-elle, « n’a pas construit de solution de rechange à la société centrale conservatrice ». Puis, à titre de directrice des droits des femmes à l’UNESCO, elle a pu mesurer le chemin qui reste à parcourir pour que l’égalité des sexes devienne réalité sur la planète.
Aujourd’hui, elle vit entre Alger, Tunis et Paris, et partage son temps entre militantisme et écriture. En 2009, elle a publié Une femme en colère chez Gallimard, réquisitoire d’une retentissante audace qui met en lumière la régression de la condition des femmes dans les pays à majorité musulmane et le renoncement de la pensée occidentale face à la montée des groupes islamistes.

Un cri dans le désert

Cinq ans après la publication de ce livre, Wassyla Tamzali est toujours une femme en colère. « Je suis un catalogue d’exclusions », affirme-t-elle. Le ton est donné, qui ressemble à celle qui l’incarne : mélange de fermeté, de force intérieure et d’indignation. « Je suis femme, bourgeoise, francophone, féministe et libre penseuse, sinon athée. »
Elle paie cher le prix pour être qui elle est. « Ma liberté est difficile. Elle m’a isolée. » Mais devant « le silence fracassant tombant du ciel des musulmans », écrit-elle, Wassyla Tamzali a décidé de prendre la parole. Et sa parole ressemble à un cri. Un cri dans le désert, chez elle, en Algérie.« Le pouvoir algérien a fait de nous, femmes féministes, les ennemies du peuple, celles à abattre », déplore-t-elle. Mais le désert où elle crie est aussi occidental. La militante dénonce ce qu’elle appelle « l’amnésie des féministes postmodernes », reprochant à des Européennes et à des Nord-Américaines de s’être ralliées, nombreuses, aux thèses du relativisme culturel.
« Certaines ont oublié leurs combats », assène-t-elle, des combats grâce auxquels « elles ont été capables de remettre en question l’ordre patriarcal dans ce qui fondait son système : la domination du corps des femmes et le contrôle de leur sexualité ». Mais alors, se demande-t-elle, ce qui était bon et essentiel pour les féministes occidentales ne le serait plus pour leurs sœurs des pays arabes et musulmans? « Vous avez désacralisé la religion chrétienne. Nous, on essaie de désacraliser l’islam et vous ne nous suivez plus. Et encore, nous sommes moins audacieuses que vous! »Elle ne mâche pas ses mots. « Alors, à vous la pensée et l’histoire, à nous la culture? Ça ressemble à de l’ethnisme. Nous, on resuce notre culture, et vous, vous avancez! »

Le mirage des conquêtes sociales

S’il y a maintenant des femmes ministres et médecins, des ingénieures et des banquières dans les pays arabes et musulmans, « ces conquêtes sociales n’ont pas libéré les femmes musulmanes pour autant ». Pourquoi? « Nous nous sommes très peu interrogées sur la question de l’identité féminine, nous privant ainsi du seul moyen pour les victimes de prendre conscience qu’elles sont les protagonistes d’un système qui les nie. »
« La première tâche du féminisme dans nos pays, c’est d’amener la femme à l’état de sujet, d’individu », dit-elle. Et pour cela, il n’y a pas d’autre chemin que celui de la déconstruction du modèle féminin prescrit par l’ordre patriarcal. Et cette déconstruction, « radicale et politique », soutient-elle,« nous l’avons négligée, effrayées par son contenu subversif et la peur irrationnelle d’être exclues de nos sociétés ».

L’éros musulman

Mais là où l’intellectuelle algérienne apporte une voix unique et se fait le plus dérangeante, c’est quand elle aborde la question de la sexualité dans les pays sous la loi coranique. « Dans nos pays musulmans, on a revivifié la vieille religion grecque du phallus. On a sacralisé la sexualité masculine. »
Si les femmes et les filles, en se voilant, croient se mettre à l’abri du désir des hommes, c’est le contraire qui se produit, soutient Wassyla Tamzali.
Peu de féministes et de spécialistes nous paraissent avoir posé la question de la sexualité telle que prescrite dans le Coran. Nous avons lu fort peu d’analyses au sujet, par exemple, de ces 72 vierges qui attendaient les « martyrs » du 11-Septembre comme récompense dans le ciel d’Allah. Qu’est-ce que cela révèle du Coran? Wassyla Tamzali, elle, ose s’avancer sur ce terrain. Et en termes non équivoques. « Il n’y a pas d’égalité dans le Coran », soumet-elle d’abord. Le code de tenue corporelle et vestimentaire pour les musulmanes « a été établi pour juguler le désir des hommes ».
« Plus on refoule la sexualité, plus elle est présente », poursuit-elle. Celle qui réside à Alger et connaît bien l’ensemble du Maghreb affirme constater chaque jour la place exorbitante et obsessive que prend la sexualité dans la vie courante. « Les rues arabes s’érotisent », dit-elle. Et le regard des hommes se fait de plus en plus lourd et concupiscent. Ce refoulement conduit « à de véritables déviances pathologiques » qui se traduisent par les actes les plus barbares à l’endroit des femmes, la burqa afghane (ou voile intégral) représentant, à ses yeux, la forme la plus aboutie et théâtralisée de ces déviances.
Si les femmes et les filles, en se voilant, croient se mettre à l’abri du désir des hommes, c’est le contraire qui se produit, soutient Wassyla Tamzali. La dissimulation des corps féminins a pour effet, affirme-t-elle, d’augmenter les crimes et le harcèlement sexuels, d’exacerber la peur des femmes et la convoitise des hommes.
La féministe pousse l’audace de la pensée et des mots encore un peu plus loin en avançant, dans son livre, « qu’au cœur de cette folie, se trouve[nt] l’obsession de la virginité […] et l’importance démesurée accordée à la préservation de l’hymen ». Quoique les hommes musulmans veuillent se marier et marier des femmes vierges, les naissances hors mariage sont nombreuses et entraînent, écrit-elle, « une panoplie d’aberrations, abandon d’enfants, infanticides, furie meurtrière des pères et des frères à l’endroit des jeunes filles enceintes et usage abusif de la sodomie et ses traumatismes cliniques ».
Le jour décline sur Paris. Nous n’avons pas vu le temps passer. Les sujets abordés semblent inépuisables. Je pose une dernière question. Comment imaginer des changements en profondeur pour les femmes des pays arabes et musulmans quand le mot islam signifie « soumission »? La soumission n’est-elle pas indissociable du Coran? La réponse de Wassyla Tamzali tombe comme un petit rayon de lumière et d’espoir : « Les religions ne viennent pas du ciel. Elles sont des créations culturelles et, par conséquent, elles peuvent changer. »

lundi 22 août 2016

Une Gauche aussi gauche, on n'en trouve qu'en Tunisie

Diviser pour mieux régner, semble être la stratégie de Béji Caid Essebsi & Ghannouchi, pour gouverner.
R.B
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QUAND B.C.E FAIT EXPLOSER LA CLASSE POLITIQUE


Tout d’abord qu’on ne nous raconte pas cette histoire à dormir debout, que le nouveau Chef du gouvernement, Youssef Chahed un novice en politique, a composé lui même son gouvernement. Nous pouvons certifier aussi qu’il connaît à peine les membres qui composent son gouvernement, sinon aucun. Nous pouvons déjà confirmer sans risque de nous tromper, que ce gouvernement a été concocté par B.C.E, lui même, aidé certes par des conseillers occultes, qui, de leur côté sont au cœur des réseaux de pouvoir, connus ou inconnus par le commun des mortels. 
Les bruits de coulisses font fureur depuis des mois et des personnes ont été contactées de longue date, tandis que d’autres envoyaient leurs CV depuis au moins quelques mois, juste au moment du remaniement du gouvernement Hbib Essid.
Certains partis politiques avaient même poussé le cynisme à l’époque jusqu’à promettre des postes aux nouvelles recrues, leur affirmant qu’Essid partirait avant l’été 2016, ce qui fût fait. Car Habib Essid a scellé lui même son sort lorsqu’il s’est mis dans la tête de « partager » le pouvoir avec B.C.E, tout en continuant à lui faire des courbettes. Il n’a pas compris que B.C.E, est le pur produit de l’école bourguibienne, du moins sur ce plan, qui pratique le principe : " Le pouvoir ne se partage pas " !
Objectif : Charcuter les partis à la tronçonneuse
Bourguiba et Ben Ali ont régné avec un seul parti politique  (le PSD et son dérivé le RCD) et l’on connaît le sort de toutes les tentatives pour créer de nouveaux partis politiques, quelle que soit leur idéologie, qui pouvaient constituer une alternance au pouvoir. 
B.C.E, malgré ses discours sur la démocratie et le pluralisme, reste prisonnier de cette vision qui consiste à faire le vide et éliminer politiquement tous ceux qui gênent son pouvoir absolu; d’où la tentation de réformer la constitution (qu’il a applaudi) pour qu'elle lui accorde tous les pouvoirs, aidé en cela d’un Ghannouchi qui poursuit, quoique d’une façon différente, le même but, car il aspire lui aussi à la magistrature suprême.
Sous le mot d’ordre fallacieux de créer un gouvernement d’Union Nationale, la composition du gouvernement Chahed, prouve qu’on a phagocyté tous les partis, commençant par Nidaa Tounes en passant par Ennahdha (avec la bénédiction de Ghannouchi); sans parler du Front Populaire (l’aile Watad), Al Masar, Afek, Al Joumhouri, l’UPL, Al Chaab, Al Moubadara, jusqu'à l’UGTT et l’UTICA. 
Il est clair qu’en continuant formellement à négocier avec les responsables des partis, réunis pompeusement et devant les caméras, on s’est appliqué à débaucher les personnes qu’on voulait recruter, appartenant à ces formations mais qui n'ont pas été proposées par leurs chefs. Ainsi les nouveaux ministres ne doivent leurs postes qu’à Chahed, autrement dit à B.C.E. C’est la méthode Essebssi ! Ils seront de ce fait, des femmes et des hommes de B.C.E et non ceux d’un parti, pour appliquer le programme de B.C.E et non celui de leur parti. Programme qui n'est pas un secret, et qui se résume aux injonctions des bailleurs de fond (FMI, BM, U.E…). 
C’est pour cela d’ailleurs que l’extrême gauche et l’UGTT sont les principales cibles de cette grande manœuvre, qui vise non pas à créer une Union Nationale, mais à créer une Union autour du tandem B.C.E-Ghannouchi. Et c’est brillamment réussi, car B.C.E, ce vieux renard, n’a fait qu’une bouchée du Front et des débris de la gauche (Joumhouri, Masar, Watad, Chaab..). Il leur a en plus jeté la bombe de la discorde, puisque déjà on qualifie ceux qui ont rallié le gouvernement de « traîtres » et leurs ex-camarades les traitent de tous les noms d’oiseaux. Une fois au gouvernement, ces nouveaux ministres provoqueront immanquablement des scissions à l'intérieur de leur parti, ce qui n’est que du pain béni pour le tandem au pouvoir. 
Ce qui a facilité cette OPA sur les partis dits de gauche, c’est surtout l’incompétence manifeste de leurs leaders qui continuent à vociférer des slogans pseudo-révolutionnaires tout en ayant les pieds dans la m… jusqu’au coup. Il suffit de voir d’où viennent leurs finances.
La Gauche en miette … pour des miettes !
Historiquement la gauche tunisienne n’a jamais été qu’un auxiliaire du pouvoir en place depuis 1920, où les communistes et les socialistes ne revendiquaient que dans le cadre du protectorat. Sous le PSD de Bourguiba la gauche jouait le rôle de « soutien critique »; alors que sous Ben Ali, elle a servi de suppléant dans sa guerre contre l’islamisme. 
La gauche n’a jamais été qu’un sous traitant. La vraie gauche existait en fait au sein du parti au pouvoir. L’extrême gauche, restée groupusculaire dès les années soixante dix, a été propulsée au devant de la scène politique et médiatique après le 14 Janvier 2011, pour servir de cache sexe aux comploteurs du coup d’État. Elle a cru que son heure est arrivée et s’est mise à faire monter les enchères « révolutionnaires » jusqu’à demander à pendre haut et court les hommes de l’ancien régime qu’elle servait sans broncher pendant de longues années, balisant ainsi le terrain pour la prise du pouvoir à son pire ennemi : l’Islam politique ! On n’a jamais vu, dans l’histoire universelle de la gauche, une gauche aussi gauche et aussi nulle.
Avec la Troïka, parce que deux de ses leaders ont étés assassinés, et que les autres leaders avaient la trouille de connaître le même sort, la gauche au lieu de prendre le pouvoir qui était dans la rue et qu’il suffisait de se baisser pour le prendre, elle préféré se rejeter encore une fois dans les bras des destouriens et s’est alignée derrière un des plus grands barons des régimes de Bourguiba et de Ben Ali : Béji Caïd Essebsi ! Elle a même participé activement à sa montée au pouvoir en tournant le dos à Moncef Marzougui et Mustapha. Ben Jaafar qui étaient sensés êtres de gauche, avant qu'ils ne se jettent à leur tour dans les bras d’Ennahdha.
Pire encore, continuant dans sa débilité, au lieu de tout faire pour participer au pouvoir avec B.C.E et l’empêcher de s’allier avec Ennahdha, elle l’a poussé dans les bras de Ghannouchi. Une gauche aussi nulle, on n’en trouve qu’en Tunisie. 
Et voilà maintenant que les plus « radicaux » de ses ténors font des pieds et des mains pour un strapontin au gouvernement Chahed. Triste spectacle, où des révolutionnaires de pacotilles travaillent pour un gouvernement totalement dépendant de l’étranger; au nom d’un « réalisme » de bas étage. Après avoir vilipendé les capitalistes, les corrompus, les compradores, l’impérialisme ... les voilà dirigés par un ex agent de l’USAID (Ce n’est pas une insulte mais un fait). 
Ils seront les alibis et la vitrine pour faire passer les politiques les plus rétrogrades, les plus impopulaires, les plus réactionnaires que la Tunisie ait jamais connues depuis la commission financière qui a engendré le protectorat (1881); il est vrai dans « la démocratie »  la plus totale qui frise même l’anarchie. Ainsi l’a voulu l’oncle Sam !!
Ce n’est pas faire œuvre de prophétie que d’annoncer l’éclatement du Front Populaire, qui est déjà une organisation squelettique, sans projet; et ce ne sont pas les quelques députés de cette formation qu’on a poussés par tous les moyens à figurer dans l’Assemblée qui ne sont que des Don Quichotte qui s’ignorent, qui vont le sauver ! Ils passent leur temps à combattre des moulins à vent qu'ils nomment "al fasidoun" (les corrompus), alors que la corruption a gangrené une partie de leurs leaders ! Il suffit de demander à un ex secrétaire général de l’UGTT d'où lui vient sa fortune.
Ennahdha est crucifiée sur l’autel de Ghannouchi
Les «colombes » d’Ennahdha dont certains figurent sur la liste du Gouvernement Chahed , imposés par Channouchi à sa formation d’abord, puis à Chahed, sont ceux qui ont la bénédiction de B.C.E. Ils ne tiendront pas longtemps devant les menées des « faucons » qui voient d’un mauvais œil ces nouveaux promus dont le seul mérite est d’être des inconditionnels de Ghannouchi qui les a fabriqués de toute pièce.
Comme les desseins d’Ennahdha se confondent souvent avec ceux de son gourou, il y a à parier que cette formation pyramidale (comme les partis communistes), même si elle ne connaîtra pas de graves scissions, va se rétrécir comme peau de chagrin et reprendre sa taille normale d’avant 2011. Ce parti n’est qu’un mastodonte aux pieds d’argile, ou comme disait Mao Mao Tsé-Tung, un tigre de papier. Mais un tigre est toujours un tigre même en papier. Sans Ghannouchi, Ennahdha aurait elle aussi éclaté en mille morceaux. C’est la loi du genre. Mais pas tout de suite. 
En tout cas, le rôle des ministres nahdhaouis, dits "politiques", est justement de dompter ce fauve, pour qu’il suive sans broncher la politique anti-nationale du gouvernement Chahed, et pour faire avaler la pilule au pauvre peuple tunisien qui sera à coup sûr plus pauvre que jamais. C’est l’objectif même du « wifak » concocté dans les laboratoires américains.
Ennahdha n’a plus aucun choix à court terme, prise dans l’étau de ses alliances internationales et nationales. S’adapter vite, très vite ou subir le courroux de ses nouveaux maîtres, car Ghannouchi connaît les conséquences d’une désobéissance. Quitte à perdre une grande partie de ses adeptes, trompés eux aussi par Ghannouchi, comme ceux de Nidaa par B.C.E, mais la politique a ses raisons que la raison ignore. En réalité la raison en connaît quelques uns. C’est le prix à payer pour rester fréquentable. Et ça Ghanouchi le sait très bien.
En guise de conclusion, on peut affirmer que B.C.E a réussi à chambouler la scène politique en faisant éclater comme seul il sait le faire, ces formations dites politiques, formées et sorties de nulle part après un certain 11 Janvier 2014. Beaucoup de comparses vont devoir aller se rhabiller. D’autres prendront la place, à condition d’être des inconditionnels d’un des deux « cheikhs » (vieux) au moins; si non des deux.
Vous avez dit Gouvernement de Jeunes ?

dimanche 21 août 2016

Plus la burqa progresse et plus la liberté régresse


Le nombre de femmes voilées augmentent de façon exponentielle et les libertés individuelles sont remises en cause depuis que les Frères musulmans ont le pouvoir en Tunisie.... et le wahhabisme gagne du terrain chaque jour un peu plus !
C'est ce qui arrivera aux françaises si leurs responsables politiques ne mettent pas un terme à leur liaison dangereuse avec les Frères musulmans et les pétromonarques qui répandent le wahhabisme en Occident.

R.B

Ni pute ni soumise... 
Billet d’humeur sur le burkini.

Depuis quelques jours fleurissent des polémiques quant au port du burkini, que ce soit à la plage ou en piscine. 

Mais c’est quoi un burkini ? 

C’est une version aquatique de la burqa ou du niqab, c’est à dire un vêtement qui cache l’intégralité du corps sauf les mains et les pieds. Par contre, même si la chevelure est voilée on voit très bien le visage (ce qui n’est pas le cas du costume terrestre). 
Le but est de permettre aux femmes portant le voile intégral de profiter des joies de la baignade. 

Loin d’être une tradition ancestrale, cette innovation vestimentaire date de 2007; donc il va falloir s’armer de patience pour trouver quelque chose dans le coran pour la justifier ! 

Critiquer le port du burkini est-il islamophobe ? 

Je vais retourner la question et demander si les musulmanes qui vivent non voilées, parlent aux hommes et se mettent en maillot sont pour autant des mécréantes... c’est quand même la grande majorité. 

Le burkini, comme sa grande sœur la burqa, n’est en rien un symbole de l’islam. Nulle part il n’est indiqué dans le texte fondateur que la femme doit vivre le corps entièrement caché dans une prison de coton. 

Le coran ne parle ni de masque ni de pudeur mais de modestie et on retrouve cette notion dans les textes des 3 grandes religions monothéistes. Être modeste et simple pour ne par susciter l’envie et la jalousie. 

Modestie ? 

C’est marrant parce que justement modesty en anglais peut se traduire également par pudeur ! 
Du coup ça donne être pudique pour ne pas provoquer le désir et l’envie ! Les mots sont proches mais la signification bien différente. 

Je n’ai rien contre l’islam mais j’ai par contre une dent contre les salafistes et autres extrémistes qui prônent l’asservissement de la femme. Cette tradition au départ afghane se répand d’année en année et est le symbole d’une mise à mort des droits des femmes. 

Dans les pays où elle est obligatoire, la burqa n’est que la partie émergée de l’iceberg : Une femme violée sera condamnée soit pour adultère, soit pour rapport hors mariage. Les femmes n’ont plus de compte en banque, plus le droit au divorce, plus le droit de conduire, plus le droit de parler, plus le droit de travailler... Elles sont officiellement esclaves puisque propriété de leur père puis de leur époux qui ont d’ailleurs droit de vie et de mort sur elles. 

A une époque pas si lointaine les femmes afghanes portaient fièrement la jupe courte et l’Iran était le pays avec le plus grand nombre de femmes ayant des postes à responsabilités et ayant le plus haut niveau d’études. 

Mais en quoi ça me concerne le burkini ? 

Je suis contre toute discrimination, même positive. 
Je me suis vu refuser l’entrée de piscine, malgré un certificat médical, pour nager en combinaison qui me protège du froid. 
Quelqu’un peut m’expliquer la différence visuelle entre une combi et un burkini ? En matière d’hygiène ? 
Une autre fois refus d’accès au bord du bassin en short et t-shirt mais tolérance pour le burkini largement répandue. 
En quoi un short de bain est-il moins hygiénique ? 

Bref au pays des droits de l’homme (et normalement aussi de la femme), les islamistes (et non les musulmans) ont plus de droits que les autres. J’ai croisé de nombreuses femmes en burqa, le visage voilé, dans les grandes surfaces. 
Vous avez déjà essayé de rentrer quelque part avec un casque intégral, une cagoule fermée ou un masque de Mickey ? Dans les 30 secondes vous avez tous les vigiles sur le dos ! 
Je ne peux pas concevoir que d’appartenir à une religion permettent d’avoir des droits différents ou d’être au-dessus de celle du pays. 

Vous allez me répondre que pouvoir nager en combi ou faire ses courses déguisée en catwoman ça reste anecdotique mais c’est tout mon quotidien qui est en train de changer doucement. 

Dans certains endroits, le voile intégral est passé de marginal à omniprésent en l’espace de 15 ans. Il est difficile de se faire une idée quand on habite le 16ème ou la Creuse. 
Je n’ai rien contre le vêtement en lui-même mais contre ce qu’il véhicule. 

Sur une plage Corse une femme aux seins nus se fait caillasser et en partant bosser en tailleur, jupe au genou, je me suis fait cracher dessus et traiter de pute. En primaire on me demande d’éviter les robes pour ma fille. 

Car chez les islamistes il semble n’y avoir que 2 sortes de femmes : les putes ou les soumises. 

En l’espace de 15 ans le corps de la femme est devenu tabou et le harcèlement de rue banal. Je veux bien m’être bonifiée avec le temps mais je me fais plus emmerder à 44 ans qu’à 20 ans ! 

J’ai pourtant traversé Paris et sa banlieue à toutes heures et dans des tenues vraiment courtes sans jamais être ennuyée. J’ai dansé topless sur des comptoirs dans la bonne humeur et sans grivoiserie. J’ai dormi saoule sur des bancs parisiens en shorts et bas résilles sans un geste déplacé. 

J’étais libre de m’habiller comme bon me semble et pas obligée de me changer en arrivant en soirée. 

Il est devenu suicidaire de se promener seule en robe légère dans certains quartiers et le français pure souche n’est pas en reste, cautionnant même le viol pour celles qui l’ont “bien cherché”. 

Regardez les albums de familles. 

Regardez les tenues de vos mères, les jupes mi-cuisses, les hauts moulants, les bottes, les talons hauts. 

Depuis 15 ans, les jupes rallongent, les collants s’opacifient, les pulls sont plus larges, les décolletés moins profonds et les chemises se transforment en tuniques... 
A 44 ans on me conseille d’éviter les jeans trop moulants et on qualifie ce top à bretelles que j’ai depuis 20 ans de “super sexy”. Je ne suis pas plus belle qu’avant, j’ai le même corps... 
C’est le regard des autres qui change. Un regard qui juge. 

On assiste à une explosion de la pornographie sur nos écrans mais la femme de la rue doit abdiquer de son corps pour devenir invisible. La femme indépendante semble avoir fait son temps et devoir laisser la place à un nouvel idéal de mère au foyer. 
Je vis libre et j’entends dire que ce n’est pas “normal”. Une femme “doit” vivre avec l’homme qui partage sont lit. 

J’ai 44 ans et je ne suis ni pute ni soumise. Des femmes et des hommes se sont battus pour que je puisse avoir le choix. 


Alors oui, la burqa (et ses dérivés) me concerne car plus elle progresse, plus ma liberté de femme recule. Ici c’est un choix provocateur, dans d’autres pays c’est une contrainte qui mène à une mort sociale et la négation du libre arbitre, des droits et de la femme.

Burkini : Ne soyons pas naïfs sur le symbole de cette étoffe

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Aalam Wassef


Il n'y a aucune honte à barrer la route à l'extrémisme islamiste par tous les moyens légaux possibles


Dans une tribune publiée par "Libération" ce 17 août, l'éditeur égyptien Aalam Wassef soutient l'interdiction du burkini par certains maires français, refusant toute attaque en "islamophobie" et expliquant qu'il en va même de la survie de l'islam, menacée par la mouvance extrémiste wahhabiste depuis plus de deux siècles, celle-là même qui a imposé ses règles en Arabie saoudite.
Il revient sur l'idéologie cachée derrière cette tenue de bain islamique, celle d'une mouvance extrémiste de l'islam : le wahhabisme.

Non, les règles imposées par le wahhabisme n'ont rien à voir avec la liberté d'expression, explique-t-il en substance, rappelant comment la mouvance - appelée plus souvent "salafisme" - a progressivement imposé sa loi en Arabie saoudite. 

"Au milieu du XVIIIe sièclémerge en Arabie saoudite, le wahhabisme. Il est mis immédiatement au ban de l'islam. Puritains autoproclamés, les wahhabis promeuvent en effet un rejet total et meurtrier de toute forme d'islam ou de pratique religieuse différente de la leur."

Dans les années 70, poursuit Aalam Wassef, l'Arabie saoudite s'emploie à exporter son idéologie. On estime aujourd'hui que "100 milliards de dollars" ont pu être investis pour propager le wahhabisme depuis cette époque, des efforts considérables pour réussir à s'imposer : "C’est à ce prix que le wahhabisme donne l’illusion d’être l’Islam 'le plus authentique', 'le plus pur'.

Au cœur de l'extrémisme de ces Saoudiens, il y a bien entendu la femme, qui ne peut ni sortir seule, ni conduire, ni évidemment montrer le moindre petit bout de son corps. Il y va de sa dignité, veulent faire croire les wahhabites, et surtout de celle de son mari. "Derrière le niqab ou le burkini, c'est aussi cela qui s'exporte en France", souligne Aalam Wassef, combattant l'idée qu'il ne s'agirait là, que d'une "mode" islamique.

"S'y opposer, c'est être islamophobe"


L'éditeur, qui salue la décision des maires français d'interdire le burkini sur leur plage, veut également combattre l'idée que toute opposition à ce vêtement serait un acte "islamophobe" :

"Il est fréquent d’entendre que le niqab, le voile ou le burkini relèvent de "la liberté d’expression" ou du "droit des femmes à disposer de leur corps". S’y opposer, c’est être "islamophobe", c’est-à-dire s’attaquer à tous les musulmans. L’objectif est naturellement que toute condamnation justifiée du wahhabisme institutionnel en particulier soit rapidement perçue et narrée comme visant les musulmans français en général."

Face à cette tendance, Aalam Wassef le dit haut et fort : "Il n'y a aucune honte à condamner l'extrémisme islamiste et à lui barrer la route par tous les moyens légaux possibles. Il n’y a là rien de politiquement incorrect ou de comparable au discours raciste et antimusulman du Front national." 

Pour lui, il en va même de la survie de l'islam, menacée par l'importance prise par le wahhabisme"depuis plus de deux siècles".


samedi 20 août 2016

Le burkini, la goutte qui fait déborder le vase ?

Depuis que la France est prise pour cible par les islamistes, les français commencent à réaliser le laxisme de leurs responsables politiques qui l'ont laissé s'installer dans leur société par calculs bassement électoralistes. Et depuis que des voix se sont levées pour désigner le coupable et dénoncer les responsables de cette catastrophe, on sent un début de changement dans leurs discours puisque certains désignent l'idéologie qui l'alimente qu'est le wahhabisme ! Enfin certains commencent à comprendre même la signification politique des voiles, burqa, burkini ... et autres chiffons à connotation islamiste !
Iront-ils jusqu'à incriminer les Frères musulmans derrière toutes les remises en questions du vivre ensemble français ? Rien n'est moins sûr ! Pour cela il leur faut du courage politique pour dénoncer leurs amis pétromonarques qui les soutiennent et financent la propagation du wahhabisme en France ... tout comme en Occident !

R.B 
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Itsi bitsi burkini*

La question du burkini qui s'est ouverte cet été en France est très caractéristique de la manière dont le sujet de l'islam intégriste est posée dans notre pays. Si la question est abordée sous l'angle de la liberté que doit avoir, à l'évidence, toute personne, homme ou femme, de pouvoir se baigner dans la tenue qui lui convient, le sujet n'en est évidemment pas un. Maillot entier, bikini, monokini pourquoi pas burkini que certains comparent à une combinaison de plongée?
En revanche, si la question est abordée sous l'angle de ce que représente le burkini et sur les raisons qui font qu'il apparaît maintenant sur nos plages, même très modestement, le sujet est de nature bien différente. C'est en effet la conquête de l'espace public par des tenues qui non seulement symbolisent la soumission des femmes et la dévolution de leur vue à leur seul époux, mais encore imposent une tenue, que certains appellent un uniforme militant, dans une société de culture totalement différente.
Il ne s'agit évidemment pas d'un acte religieux, et la meilleure preuve en est que, jusqu'à cette année 2016, aucune femme musulmane n'avait jamais revendiqué le port d'un tel vêtement qui s'apparente à la burka, comme la première partie de son nom l'indique, laquelle est une coutume saoudienne et non une obligation religieuse musulmane. Il n'est donc pas surprenant que nombre de nos concitoyens considèrent que ce burkini constitue un nouvel espace de conquête pour des intégristes qui, avec la burka pourtant interdite en France, mais portée le plus souvent sans aucune conséquence, ont déjà franchi une étape dans la voie de l'admission, sur le plan symbolique, de la soumission complète de la femme dans l'espace public. Et, l'incident de Sisco, pour lequel le procureur de la République a fait état d'un caïdat, visant à privatiser une plage publique en agressant tous les touristes éventuels, pousse évidemment dans cette direction.
Et en définitive, ces provocations qui n'ont pas grand-chose à voir avec une pratique religieuse sont d'une extrême dangerosité parce qu'elles alimentent effectivement un sentiment anti musulman, alors que l'immense majorité de nos concitoyens de religion musulmane est étrangère à ces pratiques. En réalité, ce qui est islamomophobe -si tant est que l'on puisse admettre ce terme, ce qui est éminemment discutable- c'est la provocation des intégristes qui tentent d'assimiler une religion et ses adeptes à une conquête politique d'une tout autre nature. Car, ce qui est radicalement incompatible avec les lois la République, c'est d'une part l'affirmation d'une inégalité par nature des femmes, conduisant à leur soumission voir à leur asservissement ; c'est d'autre part la volonté d'imposer une loi qui n'est pas que religieuse, à savoir la charia, comme une loi supérieure à celle de la République.
Quant à l'utilisation des principes de la République comme celui de la liberté pour combattre les défenses que la société cherche à mettre en place pour préserver précisément ces principes, elle n'est pas recevable. La cour européenne des droits de l'homme elle-même a jugé à plusieurs reprises que l'obligation première d'une démocratie était de défendre les principes démocratiques; dans un arrêt du 31 juillet 2001 rendu à propos du Partisi Rafah en Turquie, la cour a estimé que l'interdiction de ce parti pouvait être considérée comme répondant à "besoin social impérieux".
En effet, la volonté de ce parti d'établir "un système multi-juridique fondé sur la discrimination selon les croyances, d'instaurer la loi islamique (la Charia) qui se démarque nettement des valeurs de la Convention et de laisser planer un doute sur leur position quant au recours à la force afin d'accéder au pouvoir et, notamment, d'y rester" justifiait cette sanction. Cet arrêt a été confirmé par la grande chambre du 23 février 2003 dans lequel la cour rappelle que si "l'article 9 énumère diverses formes que peut prendre la manifestation d'une religion ou conviction, à savoir le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites, néanmoins, il ne protège pas n'importe quel acte motivé ou inspiré par une religion ou conviction (arrêt Kalaç c. Turquie du 1er juillet 1997, Recueil 1997-IV, p. 1209, §27)".
La cour rappelle également que, "lues conjointement, les déclarations en question qui contiennent des références explicites à l'instauration de la charia sont difficilement compatibles avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu'ils résultent de la Convention, comprise comme un tout. Il est difficile à la fois de se déclarer respectueux de la démocratie et des droits de l'homme et de soutenir un régime fondé sur la charia, qui se démarque nettement des valeurs de la Convention, notamment eu égard à ses règles de droit pénal et de procédure pénale, à la place qu'il réserve aux femmes dans l'ordre juridique et à son intervention dans tous les domaines de la vie privée et publique conformément aux normes religieuses. (...)".
Dans ces conditions, les arrêtés anti burkini pris par plusieurs maires avec un tribunal administratif qui en a déjà confirmé la validité, peuvent tout à fait s'inscrire dans la logique qui précède.
Donner à chaque Français et surtout à chaque Française la plénitude de ses droits s'inscrit dans un ensemble dans lequel la servitude volontaire comme l'asservissement consenti n'ont pas leur place. Il n'y a pas davantage de place pour un militantisme qui vise à agresser les autres de manière à susciter une réponse et instituer ainsi un engrenage de violence autant symbolique que physique.
L'islam est une religion qui mérite d'être respectée à l'instar de toutes les autres mais qui doit respecter les lois de la République comme toutes les autres. La société française comme la société européenne a ses règles de vie que l'on peut aimer ou pas, critiquer ou pas, mais qui sont celles de tous ceux qui y vivent. Et il est de l'intérêt de tous, sauf évidemment des islamistes qui ne propagent que la haine, que ces lois soient respectées et le soient strictement.
Qui plus est, le fondement invoquant la liberté de la part des islamistes relève d'un paradoxe fort. En effet, comment ne pas s'étonner de voir des gens invoquer leur liberté pour le port du burkini et militer en même temps contre la liberté des autres?


vendredi 19 août 2016

Islam de France ou la résignation intéressée de ses dirigeants à sa wahhabisation

Les responsables politiques de droite comme de gauche semblent s'accommoder du wahhabisme qui remplace l'islam traditionnel de France, celui de ses anciennes colonies. Est-ce par populisme et électoralisme ou peur de fâcher leurs amis les pétromonarques promoteurs de cette obédience en Occident comme en Orient ? Alors que les français tout comme les tunisiens n'en veulent pas ?
Que faire ?? !
R.B

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Jean-Paul Brighelli

Lettre ouverte à Chevènement à propos de l'islam de France


L'ex-ministre est pressenti pour présider la Fondation pour l'islam de France. Mais nombre de critiques contestent la nomination d'un non-musulman. Analyse.

Nous nous connaissons peu, même si nous nous sommes déjà rencontrés – à Yerres l'année dernière, chez Nicolas Dupont-Aignan. Mais nous partageons la même passion pour la laïcité. Et au moment où François Hollande vous sollicite pour prendre la tête de la Fondation pour l'islam de France, un « machin », aurait dit de Gaulle, créé il y a dix ans et plongé depuis ce temps dans une torpeur rassurante, peut-être est-il nécessaire de préciser deux ou trois points sur ce que l'on peut raisonnablement attendre des musulmans français – et de vous.

Le communautarisme, voilà l'ennemi

Dès votre nomination, des voix se sont élevées dans la « communauté musulmane » pour contester le choix d'un non-musulman pour gérer un « islam de France » qui pour l'instant reste dans les limbes.
Commençons par expliquer à vos détracteurs que le mot « communauté » est une hérésie en soi, et que tant qu'ils persisteront à l'employer, ils ne seront ni audibles ni crédibles. Pas pour des républicains. Il n'y a pas d'autre communauté, en France, que celle des citoyens français.
Et tant qu'à faire, expliquons aussi qu'il n'y a qu'une laïcité. Pas de laïcité « ouverte » ou « aménagée ». Imaginez que l'on suggère un droit de propriété à géométrie variable, qui permettrait à tel ou tel groupe de manifester sa volonté de « caïdat », selon le mot du procureur général de Bastia, sur tel ou tel bout de plage. Il faut être Jean-Louis Bianco, l'inénarrable animateur de l'Observatoire de la laïcité, toujours persuadé qu'un burkini est un accessoire de mode comme un autre et non une revendication identitaire, pour qu'une telle hypothèse paraisse naturelle.
Quant au choix d'un non-musulman… « Cela ne viendrait à l'esprit de personne de mettre à la tête du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) un non-juif », ironise Abdel-Rahmène Azzouzi, signataire d'une pétition récente demandant justement la réactivation de cette Fondation pour l'islam que vous pourriez patronner. Et d'ajouter : « Ces gens estiment que les musulmans de France ne peuvent pas prendre leur destin en main, c'est du post-colonialisme. »
Ah, le post-colonialisme, nous y revoilà ! C'est l'argument utilisé depuis cinquante ans par le gouvernement algérien pour excuser le fait qu'une poignée de militaires et un quarteron d'islamistes ont mis ce beau et riche pays en coupe réglée. C'est le prétexte invoqué par nombre de Beurs, qui n'ont jamais eu d'autre patrie que la France, pour légitimer leur manque d'appétence au travail scolaire. Et ce sera demain l'argument des extrémistes qui refuseront de se plier au nécessaire aggiornamento qu'il faut rapidement obtenir de l'islam de France – quitte à se fâcher avec le wahhabisme saoudien, dont ni vous ni moi ne pensons beaucoup de bien. Loin de nous, par ailleurs, l'idée d'empêcher les femmes qui se sentent plus libres derrière une prison de toile d'aller en Arabie saoudite vivre selon la charia.
Lorsqu'il s'est agi, en 1807, de réguler la judaïté en France, le « grand Sanhédrin » inventé par les autorités françaises (un cas flagrant de colonialisme, j'imagine) a entériné les décisions suggérées en amont par Napoléon. Mais on avait à l'époque un vrai gouvernement, et pas une dérision de démocratie.
C'est à un règlement concerté du même type qu'il faut aujourd'hui parvenir – ou qu'il faut imposer. Les douze questions jadis posées aux juifs (sur la polygamie, la répudiation, les mariages mixtes ou la priorité de la loi française sur la « loi » religieuse) ont reçu à l'époque les réponses que souhaitait la France, et les juifs ont si bien intégré la différence entre ce qui appartient au religieux – l'espace privé, au sens le plus strict du terme – et ce qui appartient à la société civile que nombre d'entre eux, comme le relate Pierre Birnbaum dans un ouvrage (La République et le Cochon, Seuil, 2013, dont la lecture orientera utilement votre réflexion), mangeaient casher à la maison et du porc à la cantine – ce qui leur a permis souvent de réaliser que dans le cochon, tout est bon. Le prétexte du goût ne peut suffire pour éterniser des superstitions qui pérennisent un communautarisme dont le premier effet est de stigmatiser, aux yeux de leurs concitoyens, les Français de religion musulmane. Les interdits alimentaires, les vêtures tribales n'appartiennent pas à la France, et ceux qui prétendent les institutionnaliser s'excluent de la communauté nationale. Il n'y a qu'une France, vous le savez bien, et nos diversités régionales n'entrent pas en conflit avec l'intégrité républicaine.
D'aucuns invoquent la loi de 1905 pour autoriser l'expression religieuse. Mais en 1905, l'islam n'était pas un facteur. Aujourd'hui, force est de constater que conformément à ce qui se passe un peu partout dans le monde, de l'Irak au Nigeria en passant par l'Arabie saoudite ou la Libye, l'islam est une politique avant d'être une religion, un impérialisme qui vise la mainmise sur les États, et que cela n'est pas acceptable. Il est aujourd'hui évident que la loi de 1905 mérite un toilettage qui l'adapte aux réalités contemporaines, en redéfinissant espace public et espace privé – et si je puis me permettre cette tautologie, l'espace privé, justement, ne peut être public. Ce que l'on fait chez soi ou dans des lieux de culte consacrés et protégés d'ailleurs par l'État ne doit pas s'exporter dans des espaces où l'affirmation des préjugés choque chaque jour ceux qui justement n'en ont pas, et qui sont largement majoritaires dans ce pays.

Les petits calculs de François Hollande

Quelle est l'idée de François Hollande en proposant votre nomination à la tête de cet organisme ?
Laissez-moi vous rappeler une anecdote que vous connaissez sûrement, car comme François Mitterrand jadis, vous ne pouvez pas ne pas avoir lu les Mémoires du Cardinal de Retz.
Pendant la Fronde, Gondi, comme on l'appelait alors, se retrouve nommé par la régente, Anne d'Autriche, confesseur des couvents de Paris – un poste éminent que ne lui valait certainement pas l'hostilité avouée de la reine pour ce trublion qui soulevait la rue à Paris. Le coadjuteur, comme on disait alors, flaira le piège : sans doute Anne d'Autriche et Mazarin comptaient-ils sur son amour du beau sexe et en le mettant en contact étroit avec nombre de jeunes et jolies religieuses, escomptaient-ils un beau scandale qui l'aurait dévalué à jamais dans l'opinion publique.
Retz résolut le problème en passant systématiquement les nuits qui précédaient sa tournée dans les bras de sa maîtresse, Mlle de Chevreuse, afin, dit-il, d'arriver dans les couvents dans un épuisement qui confinait à l'état de sainteté.
Dans toute rose offerte il faut voir les épines. Votre nomination correspond probablement à un calcul de François Hollande, qui après avoir accumulé les concessions à l'extrémisme religieux depuis quatre ans – en s'abstenant par exemple de rajouter « islamiste » au mot « terrorisme » –, souhaite en vue de 2017 se réconcilier au moins avec une partie de l'électorat des laïcards, comme disent ces gens prêts à flatter la laïcité tout en la piétinant, pourvu qu'elle leur permette de grignoter les voix qui leur feront de toute façon défaut.
Et vis-à-vis des musulmans (que l'actuel pouvoir soigne particulièrement, conformément aux consignes promulguées par Terra Nova depuis plusieurs années, en programmant votre échec face à l'intransigeance de jusqu'au-boutistes religieux que l'État ne veut pas faire plier, sinon il s'en donnerait les moyens), le discours sous-jacent est tout aussi évident : voyez, je fais de mon mieux, mais c'est vraiment à vous de réguler vos coreligionnaires – au moins jusqu'en 2017.
Après, le déluge.

Retrouver le sens de la République

Cher Jean-Pierre Chevènement, j'imagine que vous n'êtes dupe ni des ambitions secrètes des uns ni de la mauvaise volonté des autres. Votre échec est programmé, et on s'efforcera de faire croire, ensuite, que l'impuissance d'un républicain est celui de la République, que l'on noiera alors dans un déluge de démocratie déstructurée et de lâcheté lénifiante. 
Seul un gouvernement qui renouerait avec l'État, au sens le plus fort du terme, apaisera les tensions actuelles, en traçant des barrières franches au-delà desquelles tout ce qui ne sera pas explicitement permis sera interdit. 
Et seul un accord réformant sérieusement des textes écrits il y a quatorze siècles pourra être compris d'une population française peu encline à voir une minorité imposer ses diktats à la majorité – car c'est cela, la vraie démocratie, et non la résignation intéressée qui imposerait à la majorité de se plier aux coutumes délétères de quelques illuminés.